La Bande à Picsou - Le Film
Le Trésor de la Lampe Perdue

La Bande à Picsou - Le Film : Le Trésor de la Lampe Perdue
L'affiche du film
Titre original :
DuckTales - The Movie : Treasure of the Lost Lamp
Production :
Disney Movietoons
Date de sortie USA :
Le 3 août 1990
Genre :
Animation 2D
Réalisation :
Bob Hathcock
Musique :
David Newman
Durée :
74 minutes

Le synopsis

Bien que multimilliardaire, Oncle Picsou reste toujours plus avide que jamais de nouvelles richesses. Il poursuit ainsi depuis près de quarante ans le doux rêve de s'emparer du mythique trésor de Calli Baba. Le jour tant attendu semble proche quand, enfin, sur l'un de ses chantiers de fouilles, est retrouvé un coffre appartenant au légendaire voleur et contenant de précieuses informations pour la localisation de sa fortune endormie. Oncle Picsou, accompagné de ses neveux Riri, Fifi, Loulou, de sa nièce Zaza, et de son intrépide mais fort maladroit pilote d'avion Flagada Jones, se lance, avec détermination, à la recherche du fabuleux trésor. Mais, c'est sans compter sur les intentions de son rival, le magicien Merlock, décidément prêt à toutes les bassesses pour contrecarrer ses plans...

La critique

rédigée par
★★★

La Bande à Picsou - Le Film : Le Trésor de la Lampe Perdue est, à plus d’un titre, un film marquant la filmographie des studios Disney. Tout d'abord, c'est le premier long-métrage d'animation Disney à ne pas être supervisé par les mythique Walt Disney Animation Studios de Burbank. Ensuite, sa production est à l’origine de l'ouverture d'une succursale d'animateurs Disney, située en dehors des Etats-Unis et point de départ d'une overdose de produits animés préalable à la naissance du prochain DisneyToon Studios. Enfin, et surtout, il voit le personnage de bandes-dessinées Picsou décrocher, 43 ans après sa création par Carl Barks, son premier film de cinéma.
Les spectateurs lambda retiendront eux un dessin animé sympathique et divertissant, bien que se situant à mille lieux de la qualité des productions des classiques des Walt Disney Animation Studios..

Le canard le plus riche - et le plus pingre - du monde est donc né sous le crayon de Carl Barks. Ce dernier est, en effet, embauché par Walt Disney, en 1935, comme simple assistant au sein de son studio naissant. Très vite impliqué dans la carrière de Donald, dans les années de guerre et d'après-guerre, tant pour les scénarios des cartoons que pour la bande dessinée, il travaille, par la suite, sur différents dessins animés en qualité de scénariste avec, notamment, Les Neveux de Donald (1938), Le Cousin de Donald (1939), L'Entreprenant Mr Duck (1940) ou le truculent Donald se Camoufle (1942). En 1942, il prend en charge la réalisation d'une bande dessinée pour un scénario envisagé, dans un premier temps, en vue d'un long-métrage mettant en vedette Donald, Donald Duck Finds Pirates Gold. Carl Barks ne quittera, dès lors, plus le neuvième art. Il va ainsi faire carrière dans le support B.D. et écrire, jusqu'à sa retraite en 1966, planches après planches, des histoires mémorables sur le célèbre canard et sa famille. Il imagine ainsi tout un univers autour du palmipède malchanceux, dont l'incontournable oncle Balthazar Picsou qui apparaît pour la première fois dans Christmas on Bear Mountain en 1947. Suivront le cousin chanceux de Donald, Gontran Bonheur (1948), les voleurs et frères Rapetou (1951), l'inventeur Géo Trouvetou (1952), le machiavélique Gripsou (1956), la sorcière Miss Tick (1961). Ces personnages sont tellement inscrits dans l'inconscient collectif qu'ils inspirent sans mal des grands noms du cinéma, notamment Steven Spielberg, pour la scène de la boule de pierre dans Indiana Jones et les Aventuriers de l'Arche Perdue.

Fort curieusement, alors qu'il est au sommet de sa popularité en bandes dessinées, Picsou, mises à part deux apparitions dans des courts-métrages (en 1967 dans Picsou Banquier et 1983 dans Le Noël de Mickey), doit attendre 1987 pour accéder, enfin, à une véritable carrière audiovisuelle. Le personnage passe toutefois d'abord par la case télé avant de tenir la vedette dans son propre long-métrage au cinéma. Il est ainsi, en tout premier lieu, "casté" pour le moyen-métrage Footmania pour Dingo, le 27 mai 1987 dans lequel il se décide de parrainer l'équipe de football de Riri, Fifi et Loulou, dans l'unique but de récupérer le trophée qui leur a offert par erreur. Les Rapetou, mis au courant de la valeur de l'objet, s'inscrivent alors eux aussi au tournoi tandis que Sport Dingo devra intervenir pour sauver le milliardaire...

Le succès de cette production aidant, décision est prise de mettre en œuvre une série basée entièrement sur les personnages de Carl Barks. Le 18 septembre 1987, est donc diffusé lors d'un "spécial" de deux heures, le pilote du programme, La Bande à Picsou : Le Trésor de la Vallée du Soleil d'Or, qui sera plus tard scindé en cinq épisodes d'une vingtaine de minutes (N'Abandonnez pas le Navire, Fausse Route vers Fausse Route, Les Trois Canards du Condor, Canards en Gelée, La Cupidité ne Paie Pas). La série, La Bande à Picsou, commence ainsi le 21 septembre 1987 avec une diffusion, tous les jours de la semaine, d'épisodes d'une vingtaine de minutes chacun. Après le succès des 65 premiers épisodes de la Saison 1, Disney en commande 25 nouveaux qui ne sont néanmoins pas prêts avant un an pour et demi une diffusion à partir du 18 septembre 1988 et étalée sur deux saisons. En attendant, et en guise de Saison 2, deux téléfilms sont donc proposés : La Bande à Picsou : Le Temps, C'est de l'Argent et La Bande à Picsou : Super Picsou, le premier en syndication et le second en tant qu'épisode de l'émission d'anthologie, The Magical World of Disney. Chacun d'eux est, ensuite, découpé en cinq épisodes comme son ainé La Bande à Picsou : Le Trésor de la Vallée du Soleil d'Or, pour être diffusé dans la série composée, au final, d’un total de 100 épisodes !

La Bande à Picsou est assurément l'une des séries animées de Disney parmi les plus connues et les plus réussies. Chaque épisode est un véritable régal. Les scénarios sont fouillés. L'action est omniprésente et mêle, avec malice, l'aventure au fantastique et à l'humour. Les personnages, quant à eux, sont tous plus attachants les uns que les autres. Et peu importe le camp auquel ils appartiennent : les gentils comme les vilains rayonnent ici dans un casting impressionnant en nombre et en qualité. La Bande à Picsou aura d'ailleurs un tel succès que les studios Disney décident de la décliner sur grand écran, avec le long-métrage, La Bande à Picsou - Le Film : Le Trésor de la Lampe Perdue. La diffusion est ainsi programmée entre les saisons 3 et 4.

La Bande à Picsou - Le Film : Le Trésor de la Lampe Perdue constitue alors une première dans l'histoire du studio ! C’est, en effet, la toute première fois qu'un film d'animation sortant au cinéma chez Disney n’est pas produit par les Walt Disney Animation Studios, les fameux studios historiques de Burbank. Porté par la filiale Walt Disney Television Animation, fraichement créée cinq ans plus tôt, principalement pour des séries animées de qualité à la télévision, La Bande à Picsou - Le Film : Le Trésor de la Lampe Perdue doit donc absolument être distingué du reste du catalogue cinématographique Disney à commencer par ses contemporains immédiats, La Petite Sirène ou le futur (par rapport à lui) Bernard et Bianca au Pays des Kangourous. Pour faire la distinction, un nouveau label de production est tout spécialement créé : Disney Movietoons. La nouvelle entité a ainsi pour ambition de faire revivre un style d'animation plus irrévérencieux, excentrique ou cartoonesque comme pouvaient l'être les courts-métrages et les bandes-dessinées Disney des années 30 et 40. Le but est, de la sorte, de présenter des films plus drôles, moins conventionnels et plus visuels. Financé par Walt Disney Pictures, La Bande à Picsou - Le Film : Le Trésor de la Lampe Perdue devient donc la première... et seule production de Disney Movietoons ! Les résultats en demi-teinte de l’opus, parvenant à recouvrir à peine plus son budget initial, ne convainquent pas, en effet, les responsables de The Walt Disney Company de poursuivre l'expérience. Dingo et Max programmé pour sortir, à l'origine, sous le label Disney Movietoons, se voit de la sorte réorienté et entièrement produit par Walt Disney Pictures ; tous les autres films animés tirés d'une série télé atterrissant par la suite et, selon les cas, chez Walt Disney Television Animation ou directement chez Walt Disney Pictures. Parallèlement, plusieurs autres projets de longs-métrages sur Picsou et même un sur Mickey, prévus sous le label Disney Movietoons, en restent au stade de simples rumeurs...

La Bande à Picsou - Le Film : Le Trésor de la Lampe Perdue est également le premier long-métrage produit au tout nouveau studio d'animation, Walt Disney Animation France, dirigé par les fameux frères Brizzi.
Paul et Gaëtan Brizzi sont des frères jumeaux nés le 24 décembre 1951 à Paris. Passionnés d'animation, ils font leurs études à la très parisienne ENSAD. Au tout début de leur carrière, ils réalisent ensemble trois courts-métrages primés, Un, Fracture et Chronique 1909, avant de se consacrer à la production de films publicitaires de 1978 à 1984 pour laquelle ils fondent leur propre société. Il signent également le storyboard de Pirates pour Roman Polanski puis réalisent leur premier long-métrage d’animation, Astérix et la Surprise de César, pour Gaumont. En 1986, ils créent Brizzi Films, société spécialisée dans la production d’émissions de télévision internationales avec notamment à son catalogue : Babar. Trois ans plus tard, en septembre 1989, ils revendent leur société à Disney qui ambitionne alors de monter une succursale permanente en Europe. Ils sont bien sûr conservés dans la nouvelle structure dont les locaux sont situés à Montreuil, en bordure de la Capitale et nommés Directeurs Généraux de Walt Disney Animation (France) S.A. Via elle, leur tout premier projet se fait pour Walt Disney Television Animation avec La Bande à Picsou - Le Film : Le Trésor de la Lampe Perdue en 1990. Ils assurent, par la suite, différentes fonctions de production sur plusieurs épisodes de Super Baloo, Myster Mask, La Bande à Dingo, le court-métrage Ça C'est le Bouquet tiré de la série Bonkers, le téléfilm Winnie l'Ourson : Noël à l'Unisson ainsi qu’un deuxième long-métrage, toujours pour le compte de Walt Disney Television Animation, Dingo et Max.
En 1994, comme promis par Disney, le studio français est considéré comme assez mature pour travailler sur les projets de Burbank. Il prend alors le nouveau nom de Walt Disney Feature Animation (France) et se voit affecté, à divers niveaux, sur Mickey Perd la Tête, Le Bossu de Notre-Dame, Hercule, Tarzan, L'Oiseau de Feu de Fantasia 2000, Kuzco, l'Empereur Mégalo, Atlantide, l'Empire Perdu, La Planète au Trésor, Frère des Ours ou Destino. Coup d’arrêt brutal au début des années 2000 ! Suite au manque de rentabilité de ses longs-métrages animés, et à l'abandon prévu de l'animation 2D, la Direction de Disney d’alors (avec à sa tête Michael Eisner) décide, en effet, de fermer tous ses studios en dehors de Burbank : le premier à cesser son activité étant le site de Paris qui ferme définitivement ses portes en 2002.

En attendant, l’humeur est au beau fixe pour la production de La Bande à Picsou - Le Film : Le Trésor de la Lampe Perdue. Elle bat son plein et étend un concept déjà testé lors de Qui Veut la Peau de Roger Rabbit : l'internationalisation de l'animation ! L'ancienne succursale anglaise, qui s'était chargée de l'animation du lapin blanc pour le film de Robert Zemeckis, s'occupe ainsi ici des scènes de début et de fin, notamment l'animation complexe de l'avion dans le canyon utilisant entre autres des techniques assistées par ordinateur. En France, c'est une équipe cosmopolite qui est recrutée sur le projet avec des animateurs et techniciens venant de France, bien-sûr, mais aussi d'Angleterre, du Danemark, d’Hongrie, d'Espagne, d'Irlande et même d'Australie. Pour rajouter une saveur exotique (ou plus prosaïquement faire des économies), les celluloïds sont peints à Schen Zen en Chine tout comme certains travaux de caméra simples. L'équipe californienne s'occupe, pour sa part, d'écrire le script, de faire le storyboard et de proposer les couleurs chromatiques. Pour autant, et malgré tous ces intervenants, ou peut-être à cause d'eux, le film n'arrive pas à la cheville technique des films d'animation du grand frère Walt Disney Animation Studios. Malgré certaines scènes fort réussies, notamment en début et fin, la qualité est à peine légèrement supérieure à celle de la série télé. Mais le bilan n’est pas si noir : si La Bande à Picsou - Le Film : Le Trésor de la Lampe Perdue n'a jamais affiché de grande ambition notamment par rapport à la concurrence, il bat qualitativement, Jetson - Le Film sorti la même année chez Hanna-Barbera, distribué alors par Universal. Il faut dire que l'animation Disney à la télévision, à l'époque, était ce qu'il se faisait de mieux dans le métier !

Du point de vue de son scénario, La Bande à Picsou - Le Film : Le Trésor de la Lampe Perdue est à la fois un vibrant hommage à Indiana Jones tout en étant simplement un épisode long de la série La Bande à Picsou dans ce qu’elle a d’habituel. Pour ce qui est des emprunts faits au film du célèbre aventurier archéologue avec ses recherches de trésors, ses pièges cachés et ses fuites rocambolesques, il s’agit là d’un juste retour des choses puisque Steven Spielberg et Georges Lucas se sont eux-mêmes inspirés de Carl Barks dont le dessin est évidemment cinématographique. Pour le reste, l’opus sert une aventure à Canardville tout à fait conventionnelle. Rien à redire, en réalité, à cela. Les décors très cartoons et la bonne humeur communicative en font un moment vraiment sympathique. Seul le schéma assez classique où Picsou perd son argent, se retrouve en prison et voit sa caution payée par sa famille est à regretter pour son caractère répétitif. La fin du film est, elle, assez étonnante car elle fait grandement penser à un autre classique Disney, en gestation à l'époque et prévu de sortir deux ans plus tard : Aladdin. Le génie se voit, en effet, rendu libre ; le sorcier maléfique se transforme en bête féroce, et le coffre-fort de Picsou en palais démoniaque : toute l'ambiance du combat final contre Jafar est là !

Coté casting, La Bande à Picsou - Le Film : Le Trésor de la Lampe Perdue reprend logiquement les personnages de la série : Picsou, ses neveux Riri, Fifi et Loulou, l'aviateur maladroit Flagada Jones, la petite Zaza, Mamie Baba la gouvernante et Arsène le majordome. Ils n'ont d’ailleurs pas évolué par rapport à la série et les spectateurs les retrouvent exactement comme ils les ont découverts à la télévision.
Trois nouveaux personnages font également leur apparition dans le long-métrage.
Génie est, comme son nom l'indique, le résident de la lampe merveilleuse. Bien qu'âgé de plusieurs centaines d'années, il a l'apparence et les goûts d'un garçon d'une dizaine d'année. Il ne rêve que d’une vie insouciante faite de jeux et de camarades. Mais enchainé à ses pouvoirs, il est obligé d'obéir aux désirs des maîtres de la lampe, regrettant le plus souvent leurs conséquences désastreuses.
Le méchant du film est Merlock, un magicien millénaire, tirant sa puissance d'un talisman qu'il porte au cou. Pouvant se transformer à volonté, il rêve de posséder la lampe afin d'assouvir sa soif de pouvoir et de domination. Ni vraiment effrayant, ni vraiment drôle, il est peu charismatique avant de posséder la lampe. C'est, en effet, à la fin du film et un peu tard, qu'il prend toute sa splendeur dans un final assez impressionnant, avec notamment la transformation qu’il fait du coffre de Picsou.
Merlock est accompagné d'un sous-fifre en la personne de Dijon, un voleur à la petite semaine également guide à ses heures, dans le désert. Cleptomane, non digne de confiance, vaniteux, mais pas très intelligent ni vraiment très dangereux, il est plutôt amusant par sa maladresse tout en étant un peu irritant par ses bassesses. Le personnage réapparaitra tout de même dans trois épisodes de la série télé au cours de la dernière saison, L'Attaque ainsi que l'épisode final en deux parties, La Poule aux Oeufs d'Or.
Le vrai défaut du film est de ne pas puiser dans le cheptel de personnages imaginés par Carl Barks, et ce contrairement à la série. Ici, pas de Miss Tick, Rapetou, Géo Trouvetou, Gripsou ou Gontran. C'est un véritable handicap pour l’opus qui prive les (télé)spectateurs de l'énergie "barksienne" donnée à la série ! Et ce n’est pas la seule présence de Miss Frappe qui est de nature à renverser l’impression de trop peu : la secrétaire de Picsou, créée par Carl Barks en décembre 1961, dans l'histoire The Midas Touch, demeure, en effet et conformément à son statut, effacée. Les scénaristes de la série feront toutefois de nouveau appel à elle pour trois épisodes de la série : Le Monde Perdu, Le Canard d'Affaire et Une Planche à Roulettes Surprise.

A sa sortie, La Bande à Picsou - Le Film : Le Trésor de la Lampe Perdue subit une volée de bois vert aux USA, là où la Critique française est bienveillante du fait de la présence à son générique de talents hexagonaux. L’un des plus gros reproches fait à l’opus est, ainsi et au delà du manque de moyens par rapport aux classiques d’animation du label de Mickey, un relent de colonialisme primaire. Si au premier abord, la remarque peut être recevable, les journalistes ont juste oublié de noter que La Bande à Picsou - Le Film : Le Trésor de la Lampe Perdue s'inspire de bandes-dessinées et de romans d'aventure publiées des années 30 aux années 50. De ces aventures, se dégage forcément une sorte de paternalisme avec des caricatures de pays exotiques et de leurs habitants ; le tout essentiellement pour souligner le côté aventureux de la chose. Le film Indiana Jones et le Temple Maudit en est un parfait exemple alors même que personne ne s'en est ému à l'époque de sa sortie. Le fait que La Bande à Picsou - Le Film : Le Trésor de la Lampe Perdue soit un film d'animation pour enfants a sans doute gêné la compréhension de la chose. Autre maladresse, et de taille : Dijon est transformé en cochon ! Cela constitue une vraie insulte pour un personnage supposé être d'origine arabe et donc musulman. Alors, certes, l’erreur est involontaire (à la fin des années 80, les cinéastes américains n’étaient pas encore rompus à prévenir les conséquences blessantes de certains raccourcis scénaristiques), mais voilà, le mal était fait et l’opprobre jetée. Alors pourquoi un cochon ? La réponse est toute simple en réalité : le film s’adresse aux enfants et être changé en porc à une symbolique aisément compréhensible par un bambin. Cette polémique empêchera d’ailleurs les critiques de voir la belle charge du film contre l’impérialisme occidentale et son avidité consumériste, à l’exemple de la scène où Flagada Jones détruit le temple avec son avion et répond à Picsou, qui le sermonne pour avoir détruit des reliques, que cela aurait pu être plus grave, si elles avaient été neuves...

La Bande à Picsou - Le Film : Le Trésor de la Lampe Perdue marque donc de nombreuses premières fois : la création d'un studio d'animation Disney en dehors des États-Unis, la production d'un long-métrage d'animation en dehors du label historique, une histoire dérivée d'une série télé animée et, enfin, une animation dont la qualité est très éloignée des standards du studio. Pour autant, malgré toutes ces considérations historiques, assez négatives en réalité, le film n'en demeure pas moins divertissant : Picsou reste et demeure un personnage charismatique capable de traverser les époques et de toujours charmer le public.

Les personnages

1961
BD
1990
Cinéma

L'édition vidéo

Jaquette La Bande à Picsou - Le Film : Le Trésor de la Lampe Perdue
Jaquette La Bande à Picsou - Le Film : Le Trésor de la Lampe Perdue
Editions DVD Video
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