Le Monde Magique de la Belle et la Bête est considéré comme le
troisième opus, non officiel, de la saga de La
Belle et la Bête.

En 1994, avec Le Retour de Jafar, Disney fait
prendre une nouvelle direction de bien piètre qualité à ses productions. La
société confie, en effet, pour la première fois à sa filiale Walt Disney
Television Animation le soin de produire des longs-métrages, suites de
Grands Classiques, prévus pour sortir directement sur le marché de la vidéo.
Matraquage publicitaire aidant,
Le (catastrophique !)
Retour de Jafar obtient des résultats
commerciaux impressionnants au point de décrocher le titre de la vidéo la plus
vendue de l'année 1994 sur le marché américain. Le carton financier est total :
peu d'investissements pour beaucoup de recettes. Il n'en faut pas plus pour que
le studio de Mickey, au sein duquel les financiers ont alors pris le pouvoir,
s'engouffre dans ce filon de la médiocrité qui a le don enviable de rapporter
gros sur le court terme, tout du moins. Et tant pis : et pour l'image, et pour
la réputation...

Après Aladdin et Les Aventures de Winnie l'Ourson, le
troisième Grand Classique à connaitre l'affront d'une suite au rabais n'est autre
que le mythique La
Belle et la Bête. Un long-métrage dont l'action se
passe à l'intérieur du film de référence sort, en effet, en 1997 sous le titre
de : La
Belle et la Bête 2 : Le Noël Enchanté. Disney
prévoit même un temps de soutenir la vidéo en lançant parallèlement une série
télé destinée à installer durablement, sur le petit écran, les personnages
emblématiques du Chef d'Œuvre de cinéma. Sauf que la série se voit annulée au
bout de seulement quatre épisodes ! Le marketing est alors appelé à la rescousse
et imagine sans complexe particulier de les conglomérer, histoire de les
présenter tout de même au public, à moindre frais. Décision est donc prise d'en
compiler trois et de les relier avec des scènes de transition. Le tout prend le
titre de Belle's Magical World. Le Monde Magique de la Belle et la
Bête sort donc le 17 février 1998 composé des épisodes The Perfect World,
Fifi's Folly et Broken Wing. Entre chacun d'eux, deux scénettes
sont spécialement créées dans lesquels Belle déambule dans le château et entonne
deux chansons : Listen With Our Hearts et A Little Thought.

Mais les assauts du marketing imaginé autour de
La Belle et la Bête ne s'arrêtent pas là. Le 17
août 1999 sort, en effet, la compilation Belle's Tales of Friendship. Il
s'agit, cette fois-ci, de faire une édition vidéo pour promouvoir la série de
télévision, Sing Me a Story with Belle. Dans cette collection, une
actrice "Live", installée dans une librairie et déguisée en Belle, raconte des
histoires aux enfants en introduction à la diffusion d'anciens cartoons Disney.
La première partie de la compilation Belle's Tales of Friendship reprend
ainsi le principe de Sing Me a Story with Belle. Une Belle en chair et en
os y narre les histoires de Pierre et le Loup,
Les Trois Petits Cochons,
Morris, le Petit Élan
et Une Petite Poule Avisée. La deuxième partie de la compilation reprend,
elle, le quatrième épisode de la série avortée sur
La Belle et la Bête : Mrs. Potts' Party.
Le Monde Magique de la Belle et la Bête sort pour la première fois en DVD
le 25 février 2003. Cette édition voit le nom du film américain changer passant
de Belle's Magical World à Beauty and the Beast : Belle's Magical
World. Le quatrième épisode est alors inclus dans le programme afin de
proposer l'intégralité des aventures de Belle dans un même volume ; le programme
croît alors de 70 à 92 minutes.

Le Monde Magique de la Belle et la Bête est une véritable insulte à
son film de référence. L'animation y est d'abord calamiteuse. Belle ressemble à
un pantin tandis que la Bête prend une apparence pataude. Les rôles secondaires
(Mrs Samovar, Big Ben ou Lumières) perdent, quant à eux, tout ce qui fait leurs
charmes. Pire, les auteurs imaginent de nouveaux personnages à l'assise peu
crédible : La Page perd ainsi son visage quand une lettre est rédigée et La
Plume marche sur le nez. L'ineptie est totale ! Les scénettes, ensuite, (dont
l'action se situe entre Noël et l'arrivée de Gaston) sont à l'avenant et font
preuve d'un manque d'imagination coupable. Peu palpitantes, elles sont quasiment
toutes construites sur le même moule : un des habitants du château est à
l'origine de disputes entre Belle et la Bête, l'occasion censée être idéale pour
enseigner une vertu essentielle comme le pardon, la confiance, l'amitié ou
l'entraide...

Si les épisodes qui composent Le Monde Magique de la Belle et la Bête
avaient la capacité d'être passablement regardables dans une série télé (du même
acabit que celles de La Petite Sirène ou d'Aladdin), ils se
rendent insupportables au format de long-métrage.
Le Monde Magique de la Belle et la Bête est à l'évidence une simple
opération marketing que le talent et l'artistique ont déserté...