The Wild partage
avec 1001 pattes
la curieuse impression d'avoir sur le marché de l'animation un équivalent - pour
ne pas dire une copie - produit - qui plus est - par le challenger de Disney,
Dreamworks. D'ailleurs, il est quasi impossible, cette fois-ci, de savoir qui a
copié sur qui ? Les projets ont été en effet lancés parallèlement, le
rival des studios de Mickey ayant tout simplement mis les bouchées doubles pour
sortir son long-métrage le premier, avec, c'est un tour de force, prés d'un an
d'avance. Mais la comparaison s'arrête là ! Car si les aventures de Tilt
tiennent la dragée haute à Fourmiz, il est difficile d'en dire
autant de The Wild par rapport à Madagascar. Il est
vrai que Disney ne se bat pas ici avec les mêmes armes que du temps de
1001 pattes. En
effet, point de Pixar à l'horizon mais un simple recours par la compagnie de
Mickey à une joint-venture de deux studios d'animation extérieurs, l'américain Pandemonium
et le canadien C.O.R.E. Cette solution n'est d'ailleurs pas une nouveauté
puisqu'elle fut utilisée pour la production du décevant
Vaillant
pour lequel la Walt Disney Company n'accorda même pas sa signature à
l'international. Visiblement, The Wild est lui mieux assumé
puisqu'il arbore, sur tous les marchés, le magnifique label au château magique.

Le scénario, à l'image de la
genèse du film, sent le réchauffé à plein nez. Au delà de la forte ressemblance
de l'histoire avec Madagascar, les aficionados de Disney
retrouveront sans mal une trame identique à celles développées dans
Le Monde de Nemo, Le Livre de la jungle
ou Le Roi lion.
La volonté de réunir, contre vents et marées, un père et son fils séparés par le
destin sert ainsi de parcours initiatique aux personnages qui apprendront à se
surpasser et s'entraider pour découvrir finalement le vrai sens de l'amour et de
l'amitié. Rien de bien neuf par conséquent ! Sauf peut-être la construction du
film qui s'éloigne en fait de celle retenue par les créateurs de
Madagascar. The Wild se divise en effet clairement
en deux parties de qualité très inégale. La première, se déroulant à New York,
lorgne dans la veine comique de son alter ego de Dreamworks, sans toutefois
tomber dans sa grivoiserie. La seconde, correspondant, elle, à la période dans
la jungle africaine, change radicalement de teneur tant elle joue à fond la
carte de l'aventure, finement agrémentée de clins d'oeil sympathiques. Là où Madagascar s'enlisait à en devenir insupportable, The Wild
prend tout son intérêt si bien que le spectateur en oublie l'ennui ressenti
jusqu'alors.

Les personnages, quant à eux,
laissent un sentiment global d'inachevé. Curieusement c'est Benny, l'écureuil,
qui dame le pion, sur l'échelle de la sympathie, à Samson le lion et Ryan, son
fils. Nigel, le koala bougon, n'est, pour sa part, pas exploité à 100% :
bon nombre de ses répliques tombent ainsi à plat, essentiellement d'ailleurs
dans la première partie du film. Fort heureusement , il se rattrape avec délice
dans la deuxième moitié. Larry le serpent, à trop jouer le crétin de service,
est tout bonnement insipide tout comme, Bridget, la girafe, qui réussit le tour
de force de passer inaperçue malgré sa taille et son histoire d'amour
prometteuse avec Benny. Ajoutez à cette troupe aux contours inégaux, une
ribambelle d'autres personnages secondaires plus ou moins sympathiques (du plus
insupportable pigeon, au plus comique caméléon) et vous obtenez un casting
patchwork pas forcément convaincant.

Si The Wild
lorgne sur bien des points vers Madagascar, le parallèle ne tient
plus pour le design du film. Là où le long-métrage de Dreamworks prend le parti
prix d'un effet cartoon des personnages, Disney préfère un rendu très réaliste.
Trop peut-être ! Leur apparence se veut, il est vrai, tellement réelle qu'ils
prennent parfois des airs de véritables peluches synthétiques. Au pire,
les réalisateurs ne maîtrisent pas totalement la 3D pour obtenir un rendu de
texture des poils convaincant. Au mieux, ils ont cherché maladroitement à donner
une petite touche de fantaisie à leurs personnages, somme toute, très rigides.
Les décors en revanche sont aussi somptueux qu'impressionnants, particulièrement
les rues de New York où les plus attentifs d'entre nous remarqueront qu'elles
sont totalement vides de passants !
The Wild est un
film honorable qui souffre - c'est un comble - de son inévitable comparaison
avec le pourtant peu méritant Madagascar. Il vaut
essentiellement pour sa deuxième partie qui permet, à elle seule, de rattraper
l'ensemble et d'offrir aux spectateurs un agréable moment. Il sera néanmoins
vite oublié. Meilleur que Vaillant, The Wild ne tient en effet
pas le choc face à Chicken Little , et plus encore, à tous les Disney-Pixar.