Il Était une Fois
L'affiche du film
Titre original :
Enchanted
Production :
Disney
Date de sortie USA :
Le 21 novembre 2007
Genre :
Animation 2D / Film "Live"
Réalisation :
Kevin Lima
Musique :
Alan Menken
Stephen Schwartz
Durée :
107 minutes

Le synopsis

Giselle, une douce et belle jeune fille est sur le point d'épouser son prince charmant, Edward, quand sa future belle-mère, l'infâme reine Narissa, lui jette un sort pour la bannir à tout jamais de son royaume magique et l'envoyer, par delà le monde animé, dans la vie réelle du New-York contemporain... Déstabilisée par ce nouvel environnement, bien étrange car n'obéissant pas aux règles des contes de fées, Giselle découvre un univers qui manque désespérément de magie et d'enchantement. Perdue, elle fait la connaissance fortuite d'un séduisant avocat spécialiste du divorce, Robert.

Et si l'Amour venait mettre son grain de sel...

La critique

rédigée par
★★★

Les studios de Mickey signent, avec Il était une fois, le retour fracassant (et tant attendu !) de la magie Disney sur grand écran. Ils parviennent, en effet, non seulement à retrouver tous les ingrédients qui ont fait, à travers le temps, leur réputation dans l'animation classique, mais aussi à les mêler, en les modernisant radicalement, au format "live". A la fois dessin animé en 2D et film en prises de vues réelles, comédie romantique, burlesque et musical à la Broadway, Il était une fois est un OVNI cinématographique qui résume, à lui seul, tout le savoir-faire Disney en se payant le luxe de s'en moquer !

La Walt Disney Company aura mis près de quatre vingt dix ans avant de consacrer un de ses long-métrages à une auto-parodie, jusque dans son titre, Il était une fois. Difficile, en effet, de sonner plus disneyen ! Le studio de Mickey a, il est vrai, toujours laissé à ses concurrents le soin de se moquer de lui, au point même d'en laisser certains en faire un vrai fond de commerce. Et tant pis si l'un d'eux, Dreamworks, a sombré, pour cela, dans le graveleux, avec les aventures d'un personnage récurrent, Shrek, de moins en moins inspirées au fil des épisodes. Disney, lui, ne s'est autorisé jusqu'à présent que quelques clins d'œil impertinents sur lui-même, parsemant, ici et là, ses Grands Classiques, à l'exemple de Zazu qui se fait conspuer, dans Le Roi Lion, par Scar quand il se propose de chantonner la ritournelle d'It's a Small World !

Car, rire de soi n'est pas chose aisée quand la planète entière vous regarde et vous aime pour ce que vous êtes et produisez depuis toujours. Rien d'étonnant, dès lors, à voir Il était une fois maintenu dans les cartons des studios Disney pendant de nombreuses années. Des bruits courent, en effet, sur sa réalisation, dès la fin de la décennie 90. Sa partie animée devait d'ailleurs être réalisée par feus les studios Disney de Montreuil. Leurs fermetures plombent logiquement un peu plus le projet. Il faudra ainsi attendre l'arrivée de Bob Iger à la tête de la Walt Disney Company pour que le film soit remis sur les rails. Le pari est, à l’évidence, risqué : Disney ambitionne, il est vrai, de revenir à son fond de commerce historique - les contes de fées et l’animation 2D – en évitant le piège de la ringardise. L’humour et l’autodérision sont donc légitimement appelés en renfort pour réussir l’exploit de moderniser le genre, sans le tuer. Le ton doit être ainsi audacieux mais respectueux et la moquerie réelle mais bon enfant. Le staff de Mickey a bien compris la hauteur de l’enjeu. Il s'est donc attaché, pour passer l’obstacle, les services d'un fidèle parmi les fidèles, Kevin Lima (Dingo et Max, Tarzan, 102 dalmatiens, Eloïse, Déluge au Plaza). Sa double casquette de réalisateur de film d'animation et long métrage en prise de vues réelles n'est pas non plus étrangère à ce choix puisque Il était une fois en profite aussi pour réunir les deux types de production, marquant ainsi le grand retour de Disney au genre depuis Qui veut la peau de Roger Rabbit.

Kevin Lima a, par conséquent, la lourde tache de relever un double pari audacieux, sur le fond et la forme. Tout le génie du film est dans l'approche du challenge. Pour mieux dynamiter le genre de l'adaptation disneyenne des contes de fées, il invite d'abord le spectateur à en re-visionner tous les poncifs. Les dix premières minutes du long-métrage se veulent ainsi un condensé de ce qui a fait la réputation et le succès de la signature du grand Walt. Pourtant, l'animation n'a pas été ici réalisée en interne. En effet, depuis la décision de Michael Eisner de transformer la division des Grands Classiques Disney en studios entièrement voués à la 3D, la quasi majorité des talentueux animateurs 2D a déserté la firme de Mickey. Il était une fois doit ainsi sa partie animée au studio de James Baxter, basé à Pasadena. Fort heureusement, ce dernier connait bien la maison ! Il a, en effet, en son sein, assuré le coup de crayon du personnage de Jessica Rabbit dans Qui veut la peau de Roger Rabbit et de Quasimodo dans Le Bossu de Notre-Dame. Il réalise donc une animation 2D, classique et qualitative. Les couleurs retenues sont chaudes et pastelles tandis que la musique, pompeuse et rassurante, soutient une histoire, traditionnelle et convenue. Le récit débute ainsi sur la rencontre puis les préparatifs de la cérémonie de mariage de Giselle, belle comme une fleur et du prince Edward, au cœur vaillant. L'ambiance est festive et touche même les animaux de la forêt. Aucun obstacle ne semble devoir contrarier le cours des évènements, jusqu'à l'entrée en scène, somme toute attendue, de la (forcément !), et malfaisante, et belle-mère, reine Narissa. Tout dégouline donc de magie disneyenne enchanteresse et faussement contrariée...

Et si, tout ce petit monde, s'apprêtant à jouer une séquence mille fois vue et revue, devait basculer dans la pire des situations qui soit pour lui : affronter la réalité du quotidien ! C'est l'idée de génie de Disney qui entend, pour mieux rire de lui, passer son habituel tableau idyllique à la moulinette de la vraie vie. Et quelle vie : celle du New-York contemporain ! Voilà donc la belle jeune fille, le vaillant prince, le valet, un gentil petit écureuil et la méchante belle-mère passant de l'autre côté du miroir (ici, une bouche d'égout !) et abandonnant définitivement l'animation pour se retrouver en «live». La romance peut ainsi commencer et venir disputer la vedette à la comédie. Il était une fois oscille alors en permanence dans une trame ou un style rappelant, à tour de rôle ou en même temps, ceux de Pretty Woman, Le Diable s'habille en Prada ou encore Blanche Neige et les sept nains. A la faveur de sa plongée dans le monde réel, le film change, il est vrai, du tout au tout. Le mot d'ordre devient le dynamitage en règle des poncifs disneyens. Toutes les audaces sont permises et même encouragées, à l'image de la célèbre séquence, revisitée en "live", du Grand Classique, Blanche Neige et les sept nains, où la princesse fait, en chantant, le ménage avec l'aide des animaux de la forêt. Giselle vit, en effet, une scène similaire mais utilise, elle, la faune urbaine : pigeons, rats, mouches et autres blattes...

Le ton du film est donné : il est enfin permis de rire de soi. Même la bande-son est mise à contribution. Elle épouse, en effet, le style disneyen pour mieux le brocarder. Alan Menken et Stephen Schwartz, (Pocahontas, Le Bossu de Notre-Dame), s'en donnent, il est vrai, à cœur joie et signent toutes les chansons. Bluffantes de qualité, à la façon d’un musical de Broadway, entrainantes et merveilleusement interprétées, elles envahissent, à coups sûrs, le cœur des spectateurs, pris d’une furieuse envie, une fois l’opus terminé, de se précipiter dans la première échoppe vendant la bande originale. Au final, pas moins de trois chansons du film (Happy Working Song, That's How you Know et So Close) sont nominées aux Oscars 2008, sans qu'aucune ne parvienne, toutefois, à décrocher la précieuse statuette...

Le casting, quant à lui, n’est pas en reste et semble même touché par la grâce, tant les comédiens livrent des prestations enthousiasmantes.

Giselle est ainsi jouée par une Amy Adams tout simplement merveilleuse. D'une beauté radieuse, elle incarne parfaitement une apprentie princesse ingénue, naïve et complètement perdue dans un monde dont elle n’appréhende même pas l’hostilité. La comédienne livre un numéro touchant à souhait et impressionne par ses capacités de danseuse et chanteuse. Amy Adams crève littéralement l'écran et mérite assurément - au minimum - une nomination pour l'Oscar de la Meilleure Actrice
Edward, lui, est interprété par James Marsden (X-Men) qui signe ici sa deuxième participation de l’année dans une comédie musicale après le déjà très réussi Hairspray. Il parvient parfaitement à restituer un personnage héroïque et princier mais décalé et paumé. Le contraste obtenu est saisissant.
Susan Sarandon (Thelma et Louise) endosse, elle, la méchante avec une facilité déconcertante. Assumant le rôle de Narissa, elle est absolument incroyable de noirceur et de méchanceté. Sa prestation est d’autant plus remarquable qu’elle apparait finalement assez peu dans le film alors même qu’elle marque les esprits par sa capacité à occuper l’écran. Il faut dire que le personnage de la «méchante reine» est, sans aucun doute, la vraie réussite du long-métrage. En «live» comme animée, elle représente le vilain Disney dans toute sa splendeur. Elle s’inscrit, en effet, dans la pure tradition des Grands Classiques comme, avant elle, la reine de Blanche Neige et les sept nains, Maléfique de La belle au bois dormant ou Ursula de La petite sirène.
Le personnage de Robert, avocat new-yorkais pure souche, prend, quant à lui, les traits de Patrick Dempsey (Grey's Anatomy) qui sert un numéro proche de celui de Richard Gere dans Pretty Woman. Le personnage apporte, ici, la touche de réalisme indispensable au récit, même s’il se laisse, peu à peu, prendre au jeu de la magie Disney et envouté par la sublime Giselle.
Du coté des personnages secondaires, deux, dans des registres radicalement différents, sont visiblement à saluer. Nathaniel, tout d’abord, interprété en  « live » par Timothy Spall est remarquable de fraicheur en valet de Narissa, tant il est drôle et pathétique, à la fois. L’écureuil Pip, ensuite, est le seul personnage à rester animé tout au long du film : en 2D au début, il passe, il est vrai, en 3D réaliste dans la partie live. Il porte en lui un capital sympathie évident.

Il était une fois n’est pas une simple parodie des films Disney par Disney. Au contraire, ce long-métrage n’est rien d’autre, sous couvert d’humour, qu’un vibrant hommage du studio lui-même à ses grands dessins animés légendaires.
L’ouverture du film est déjà, à lui seul, un condensé de la vision disneyenne des contes de fées. Les clins d’œil et allusions sont, ensuite, légions. Blanche Neige et les sept nains apporte, en effet, « sa » pomme et « sa » technique de ménage, La belle au bois dormant propose « son » dragon, La petite sirène « revit » dans l'aquarium, Cendrillon perd à nouveau «sa» chaussure, La belle et la bête réinventent «leur» scène de bal, et Le Bossu de Notre-Dame revit sur «son» toit. Sans oublier bien sûr le charme de Mary Poppins, rappelé ici par les petites touches d'animation 2D ponctuant les scènes «live» et, là, par la narration de Julie Andrews en personne… Les plus fans se régalent, même, au détour d’un plan, de constater la diffusion à la télévision d’un extrait de Coquin de printemps !
Tout le film repose avec malice sur une galerie de références, plus ou moins évidentes, mais toujours appuyées par une technique irréprochable. L'équipe en charge des effets spéciaux dans la partie « live » est, à ce titre, assurément à féliciter tant son travail est remarquable. Le mélange avec l'animation 2D touche, en effet, à la perfection tandis que les séquences de la sorcière sont impressionnantes à souhait.

Il était une fois est le Disney de Noël par excellence. Le film qui, par sa capacité à émerveiller, émouvoir, dépayser et divertir, fait aimer Disney aux plus réfractaires. Il touche tous les publics (enfants, adolescents, adultes, en famille, en couple ou entre amis) et emporte l’adhésion de chacun. Une complète réussite.

Il était une fois… La magie Disney retrouvée !

Les personnages

2007
Cinéma

L'équipe du film

1935 • ....
Narratrice

L'édition vidéo

Jaquette Il Était une Fois
Jaquette Il Était une Fois
Editions DVD Video
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