Raiponce
L'affiche du film
Titre original :
Tangled
Production :
Walt Disney Animation Studios
Date de sortie USA :
Le 24 novembre 2010
Genre :
Animation 3D
IMAX
Disney Digital 3-D
Réalisation :
Nathan Greno
Byron Howard
Musique :
Alan Menken
Glenn Slater
Durée :
101 minutes

Le synopsis

Flynn Rider, le bandit le plus recherché du royaume, ne s'attendait pas, en se réfugiant dans une mystérieuse tour, à y trouver une belle et téméraire jeune fille à l’impressionnante chevelure de 20 mètres de long. Raiponce y est, en effet, gardée prisonnière par Mère Gothel. La jeune fille passe pourtant bien vite un marché avec le séduisant brigand...

La critique

rédigée par
★★★★

Depuis plus de 70 ans, les studios d'animation Disney enchantent des générations entières de spectateurs avec des histoires féériques, à la fois drôles et touchantes. Pour leur cinquantième long-métrage, ils n'échappent pas à leur réputation en proposant un conte de fée magique et émouvant tout en étant résolument moderne. Raiponce est, en effet, non seulement un parfait hommage aux plus beaux films du label prémium de Mickey, mais aussi une œuvre radicalement novatrice, ancrée dans son époque par sa technologie et son ton. Dispensant un savant mélange d'humours, d'émotions, d'actions et de personnages attachants, Raiponce est assurément le plus beau et bouleversant film des Walt Disney Animation Studios depuis La Belle et la Bête.

S'inscrivant dans la tradition initiée par Blanche Neige et les Sept Nains, abandonnée un temps puis reprise récemment avec La Princesse et la Grenouille, les studios Disney décident donc d'adapter de nouveau une histoire de princesse, puisant dans l'œuvre des frères Grimm, leur conte : Raiponce.
Les frères Jacob et Wilhelm GRIMM sont nés à Hanau, en Allemagne, respectivement le 4 janvier 1785 et le 24 février 1786. Si le premier écrit plutôt des ouvrages scientifiques, le second lui se tourne vers la critique littéraire. Parallèlement, ils s'intéressent, tous deux, aux histoires populaires de leur pays. Ils entreprennent ainsi de les réunir et font, à ce titre, un travail impressionnant de recherche. Ils les publient, enfin, entre 1812 et 1829, sous le titre de Kinder-und Hausmärchen, (Contes pour les enfants et les parents). Deux volumes étant nécessaires ; une nouvelle édition parait en 1857. Complétée d'histoires inédites, elle prend le titre, universellement connu depuis, des Contes de Grimm et contient la fameuse aventure de Raiponce.

Les premières rumeurs sur l’adaptation par Disney du conte des frères Grimm, Raiponce, remonte à l'aube des années 2000. Certaines stipulent alors que le film verrait le jour, en France, dans les studios de Montreuil. Les espoirs s'évaporent toutefois, bien vite, à la soudaine fermeture de la division disneyenne française. Pourtant, une chose ne semble pas varier : le nom de Glen Keane lui reste inlassablement associé...

Glen Keane est aujourd'hui l'un des plus grands talents de l’industrie de l’animation. Les spécialistes du domaine ne targuent d'ailleurs pas d'éloges à son endroit en saluant unanimement son style expressif et ses créations qu'ils comparent aux plus grands artistes de l’Histoire du dessin animé.
C'est en 1972 que ce jeune homme d'à peine 18 ans intègre l’école disneyenne Cal Arts. Deux ans plus tard, il rejoint l’équipe des studios de Mickey, encadrée par les animateurs Ollie Johnston et Eric Larson. Il collabore alors aux films Les Aventures de Bernard et Bianca et Peter et Elliott le Dragon avant de devenir directeur de l’animation pour Rox et Rouky, Basil, Détective Privé et Oliver et Compagnie.
Pour La Petite Sirène, Glen Keane dessine et anime le personnage d’Ariel et livre notamment la célèbre scène musicale Partir là-bas. Il se voit ensuite confier une ribambelles de personnages qui deviendront sous sa plume tous mythiques : il conçoit et anime la Bête pour le film La Belle et la Bête (1991), puis Aladdin (1992), ou encore Pocahontas (1995) sans oublier d’autres toons auxquels il insuffle véritablement la vie. En 1999, il s'installe dans la capitale française et travaille aux studios parisiens de Disney pour l’animation de Tarzan. Enfin, en 2002, il donne vie au pirate John Silver dans La Planète au Trésor – Un Nouvel Univers.

Si Raiponce prend énormément de retard, le nom de Glen Keane lui reste indéfectiblement associé et ce, même quand la Direction de Disney décide d’abandonner l’animation traditionnelle 2D. Désireuse de voir le film réalisé en 3D, elle place, en effet, Glen Keane devant un défi de taille. Lui, qui est passé maître dans le maniement du crayon, doit se convertir à la palette graphique ! S'il ne se démonte pas, il assure toutefois ses arrières. Pour se convaincre de la faisabilité du projet, il décide, il est vrai, d’animer en 3D, une de ses précédentes créations, Ariel, pour l’attraction du parc Magic Kingdom à Walt Disney World, Mickey's PhilharMagic. L’animation livrée sera d’ailleurs améliorée aux fils des années afin d’être le plus fidèle possible à la version 2D. Satisfait, il se lance alors à corps perdu dans le projet de Raiponce. L'homme doit, en effet, avec ce nouveau film, faire ses débuts en qualité de réalisateur. Et c'est donc avec un nouvel outil de création et une nouvelle responsabilité qu'il est alors logiquement crédité...

Mais un obstacle de taille pointe à l'horizon. Le succès de Shrek fait, à l'évidence, tourner, un temps, la tête de la Direction des studios Disney de l’époque. Une des ébauches, faite à sa demande, touche alors le fond en prévoyant d'expédier deux adolescents contemporains dans un monde de contes de fée pour prendre la place de Raiponce et de son prince. Les fans crient alors au scandale : l'idée de voir Disney faire du Dreamworks avec une transposition moderne d'un conte classique à grands coups d'humour potache fait l'effet d'une bombe. La levée de boucliers est instantanée. Fort heureusement, Roy Disney, qui a pris conscience des errances de Michael Eisner, travaille à sa destitution. Une fois obtenue, John Lasseter prend tranquillement, en 2006, la tête des départements animations de Disney/ Pixar et sonne fort heureusement la fin de la récré. La signature Disney reprend, sous sa coupe, l'ambition qu'elle n'aurait jamais dû perdre : Raiponce sera une adaptation sérieuse du conte ! John Lasseter donne même le choix à Glen Keane de le réaliser en animation traditionnelle ou assistée par ordinateur. Ce dernier confirme alors l'option de la 3D, séduit autant par la technologie que le rendu qu’il entend obtenir.

Le destin décide pourtant, à nouveau, de mettre son grain de sel. Branle-bas de combat en octobre 2008 : Glen Keane et son coréalisateur, Dean Wellins, sont, en effet, remplacés en urgence par Nathan Greno et Byron Howard, respectivement coréalisateur et directeur des story-boards de Volt, Star Malgré Lui. L'inquiétude grandit alors chez les fans ; un problème de santé contraint, il est vrai, Glen Keane au repos. Il s'est donc résigné à passer la main à de jeunes réalisateurs, demeurant tout de même producteur exécutif du film et directeur de son animation.

Nathan Greno entre chez Disney, aux studios de Floride, en 1996 et entame sa carrière comme traceur sur Mulan. Il passe ensuite au département "story-board" et travaille sur Frère des Ours et John Henry. En 2003, il s'installe en Californie. Il est alors assigné à Bienvenue chez les Robinson puis à Volt, Star Malgré Lui. Il fait ses débuts de réalisateur sur Super Rhino. Il prête également sa voix pour Bienvenue chez les Robinson et Lutins d'Élites, Mission Noël...

Byron Howard vient aussi des Walt Disney Animation Studios de Floride. Il y entre en 1994 où il est embauché en tant qu'intervalliste sur Pocahontas, Une Légende Indienne. Il est ensuite nommé animateur sur Mulan puis sur John Henry, Lilo & Stitch et Frère des Ours. Peu après, il est muté en Californie aux studios de Burbank où il travaille sur l'histoire de Chicken Little. En 2008, il est nommé coréalisateur sur Volt, Star Malgré Lui.

Producteur exécutif, superviseur de l’animation, Glen Keane n'est, quant à lui, jamais loin. Il participe et veille, ainsi, au bon déroulement de l’histoire de Raiponce dont il est notamment à l’origine tout comme de la création des personnages et de leur animation qu'il veut expressive et riche en nuances. Son poste le fait travailler étroitement avec l’ensemble des artistes du studio, plaçant la barre toujours plus haut.

L'histoire de Raiponce, telle qu'elle se déroule dans le conte originel, s'est révélée à la fois trop courte et trop violente pour être adaptée à la lettre. Les auteurs Disney ont donc décidé de se focaliser sur les fondamentaux du récit des frères Grimm et uniquement eux ; à savoir : la tour, les long cheveux de la princesse et le prince sauveur. Ils ont ensuite brodé tout autour en conservant d'ailleurs certains éléments ou personnages secondaires originels (les parents de Raiponce, la fleur et la sorcière) qu'ils ont néanmoins utilisés dans des conditions différentes de celles présentes à la base dans l'œuvre des Grimm. Une fois la politique d'écriture établie, l'histoire se développe donc sur un ton contemporain et actuel sans jamais omettre la touche Disney. Les créateurs puisent, en effet, pour se faire, dans le réservoir des œuvres emblématiques du studio de Mickey. Le prologue, magnifique au demeurant, n'est ainsi pas sans rappeler celui de La Belle et la Bête allié à un zeste de Kuzco, L'Empereur Mégalo ; la relation entre Raiponce et la sorcière lorgne, elle, à l'évidence du côté du (Le) Bossu de Notre-Dame tandis que la scène romantique, superbe et époustouflante, ressemble, tout en les honorant, à celles de La Petite Sirène ou de La Princesse et la Grenouille. L’action, elle, reprend les codes de Tarzan notamment dans la gestion des mouvements. L’œuvre est ainsi un savant mélange de tout ce qui caractérise un film Disney allié à une modernité dans le ton et les thèmes abordés. L’humour, présent dans le long-métrage, se fait ainsi par petites pincettes s'appuyant pour l'essentiel sur les personnages, leurs gestuelles et réparties. De la sorte, si les gags sont bien présents et bienvenus, ils ne prennent jamais le pas sur l'histoire et s'y invitent toujours de manière subtile et légère. La grande modernité du film repose, quant à elle, sur les sujets traités dont la résonnance est très actuelle : savoir grandir, découvrir le monde et s’émanciper de ses parents. Toutefois, la véritable force de Raiponce est à rechercher du côté de l'émotion que le film distille savamment. Le spectateur vibre littéralement pour les personnages, leurs vies, leurs rêves. Il passe ainsi par tous les stades : émerveillé, effrayé, enjoué, désespéré, enthousiasmé... La fin est d'ailleurs exceptionnelle d'intensité dramatique et de beauté des sentiments. Chaque spectateur trouve donc dans Raiponce quelque chose qui le touche en humour, émotion, joie, magie... Ici se trouve la marque de fabrique des plus grands Disney : intéresser le plus grand monde, différemment !

Coté casting, les personnages principaux de Raiponce sont tout simplement enthousiasmants. Leur capital sympathie explose, en effet, littéralement à l'écran. Immédiatement attachants, ils parviennent sans mal à séduire le spectateur le plus exigeant. Le studio de Mickey traite, enfin, dans un de ses Grands Classiques, sur un strict pied d'égalité, et avec beaucoup d'attentions, ses premiers rôle féminin et masculin !
Raiponce est ainsi une ravissante et digne héritière des princesses Disney avec un brin de modernité tout à fait bienvenu. Elle est un mélange de l'ingénue Ariel (La Petite Sirène) et de l'énergique Pocahontas (Pocahontas, Une Légende Indienne). Rien d'étonnant en cela dans la mesure où toutes les deux sont animées par Glen Keane, le responsable du projet ! A la fois belle et pétillante, elle n'a rien d'une damoiselle en détresse. Pleine d'audace et d'entrain, elle ne rêve que de découvrir le monde. Le personnage est tellement bien défini que le spectateur tombe tout de suite sous le charme de sa fraicheur et de son espièglerie. Sa chevelure aux multiples fonctions lui donne, en outre, des atouts magiques renforçant encore plus sa consistance féérique. Sa voix est enfin délicieusement portée par Mandy Moore en anglais et Maeva Méline en français. Chanteuse découverte dans Mozart, l'Opéra Rock, cette dernière sait parfaitement donner à Raiponce l'intonation qui fait d'elle cette jeune fille à la fois ingénue et téméraire.
Flynn Rider est, quant à lui, un mixte de John Smith (Pocahontas, Une Légende Indienne) et de Phoebus (Le Bossu de Notre-Dame), à ceci près qu'il est autrement plus attachant. Sa plastique, très moderne jusque dans sa coupe de cheveu, en fait indéniablement l'un des plus beaux-gosses de la galerie Disney. Voleur de grand chemin, il est conscient de son charme qui, allié à son intelligence, le sort de toutes les situations. Bien évidement, derrière cette façade de héros intrépide, se trouve un jeune homme sensible au grand cœur. Sa répartie et de ses jeux de mots drolissimes visent d'ailleurs souvent à dissimuler sa fragilité. La définition du personnage est tellement poussée qu'il ravit, sans mal, le cœur des spectateurs devenant assurément l'un des héros Disney favoris du public. Même s'il n'est pas noble, aucun des autres princes royaux de Disney n'attire autant la sympathie que Flynn. Pour marquer cette ambivalence, la voix de Zachary Levy est choisie en version originale tandis que l'acteur, figure parisienne, Romain Duris, assume la prestation française. Pouvant être à la fois charmeur et vulnérable, il ne trahit jamais le personnage qu'il double.
A côté du couple principal, peu de rôles secondaires donnent, en revanche - et comme c'est pourtant l'usage chez Disney (La Belle et la Bête, Aladdin) - dans la pure comédie. Ainsi, deux seulement (mais qui se révèlent irrésistibles de drôlerie !) occupent ces incontournables rangs d'amuseurs.
Pascal, le petit caméléon est, en effet, adorable en tous points et fait craquer son monde tant il est cocasse et mignon. Compère de la belle Raiponce, et personnage de pantomime, il ne s'exprime que par gestes et mimiques. Il est tellement expressif que le spectateur rend les armes et craque à chaque fois qu'il apparait. Son statut de caméléon lui offrant la faculté de changer de couleurs quand la nécessité se fait sentir, il gagne à l'occasion un charme supplémentaire et somme toute inédit.
Maximus, le cheval n'est pas en reste non plus sur le registre de l'humour : il est, en réalité, clairement hilarant ; son interaction avec Flynn et Raiponce fonctionnant à merveille. Fidèle destrier du capitaine de la garde, le cheval n'a qu'un but, capturer le voleur Flynn. Comme Pascal, il ne s'exprime que par mimiques sur lesquelles les animateurs ont fait des merveilles. Il devient sans conteste, le meilleur cheval de toute l'écurie Disney. Grande et parfaite réussite, le personnage est addictif au point d’éprouver à son endroit un sentiment de manque...
Enfin, que serait un conte de fée sans un véritable méchant, ou plus exactement, une méchante ? Mère Gothel dispose visiblement de toutes les aptitudes pour faire une entrée remarquée au panthéon disneyen des pestes les plus inquiétantes. Elle ne fait d'ailleurs pas peur par ses pouvoirs magiques ou sa soif de pouvoir ou d'argent. Non, elle ne cherche "que" la jeunesse et la beauté éternelle. Mais pour parvenir à ses fins, elle use de tous les stratagèmes de l'hypocrite. Pire, derrière sa façade de mauvaise foi presque théâtrale, gronde une violence prête à exploser la rendant extrêmement dangereuse et effrayante. En français, c'est l'actrice mythique Isabelle Adjani qui donne tout son talent pour l'interpréter. Elle sait, pour cela, parfaitement moduler sa voix pour passer d'un air menaçant à souhait à un autre faussement bienveillant, le tout allié à un petit grain de folie qui fait toute la différence.
Personnages principaux mis à part, existe bien sûr toute une panoplie de rôles d'arrière plan très convaincants, au premiers rangs desquels se retrouvent les brigands de la taverne amenant beaucoup de comiques et le couple royal distillant de belles émotions. D'ailleurs, bien qu'apparaissant très peu, l’amour de la Reine et du Roi pour leur fille et leur immense peine crèvent l'écran. Le spectateur se prend instantanément d'affection pour eux, alors même que les parents d'Aurore dans La Belle au Bois Dormant bouleversaient beaucoup moins leur auditoire.

Raiponce réalise un exploit : c’est la première fois qu'un film parvient à transposer en 3D toute la richesse du style disneyen. Les précédentes œuvres du studio dans ce mode d'expression (Chicken Little, Bienvenue chez les Robinson et Volt, Star Malgré Lui) n'avaient, en effet, jamais décroché cette timbale. Le film respecte, il est vrai, l’héritage de Disney tout en le transposant dans le rendu de l'animation par ordinateur. Le ressenti est étrange mais grisant : à la fois, le spectateur est en terrain conquis tout en découvrant quelque chose de magnifiquement différent.
Côté technique, l'animation est donc tout simplement extraordinaire. Sous l'impulsion de John Lasseter (joli pied de nez !) les studios Disney n'ont plus à rougir de Pixar. Ils ont même, par un certain côté, dépassé le maître. L'animation des humains est, il est vrai, ici ce qui a été fait de mieux dans un film 3D, Pixar et Dreamworks compris. La qualité des mouvements de la peau, des cheveux, des yeux étonne son monde...Tout fourmille de détails rendant les intervenants remarquablement fluides et naturels. Le plus incroyable reste d'ailleurs le fait que la recherche de la crédibilité humaine ne gène en aucune manière l'apparence cartoonesque des personnages. Au design assurément 2D, mais transposé en 3D, ils ne donnent jamais dans la caricature dans laquelle les plongent par habitude les autres studios. Cette notion dans le rendu de l'animation des personnages reste toutefois difficile à expliquer tant la nuance exposée est subtile : le visionnage de Raiponce devrait pourtant convaincre les plus septiques à son énoncé.
Parallèlement, l'univers de Raiponce est vraiment immersif. Les décors sont époustouflants découvrant une verdure foisonnante et des bâtiments stylisés typiquement disneyens ; les artistes reconnaissant volontiers s'être inspirés des façades du Fantasyland de Disneyland en Californie. Leurs aspects 3D, très réussis, renforcent d'ailleurs le sentiment d'appartenance à l'ambiance bienveillante habituellement fantasmée chez Disney. Le château construit au milieu de l'eau est une excellente idée et amène son lot de plans magnifiques. Mais le plus beau décor reste sans aucun doute la tour de Raiponce. Elle est chaleureuse et accueillante. Cocorico ! Les artistes avouent lui avoir donné un style s'inspirant des plus charmantes maisons d'hôtes qui caractérisent le Sud de la France. Le résultat est époustouflant.

La bande originale de Raiponce fait l'objet, comme le traitement de son histoire ou sa galerie de personnages, d'un soin attentif. Disney n'oublie pas, en l'espèce, qu'un conte de princesse sous sa signature se doit absolument d'avoir des ritournelles emblématiques. Et qui mieux qu'Alan Menken, le compositeur des chansons (dont certaines sont aujourd'hui mythiques) de La Petite Sirène, La Belle et la Bête, Aladdin, Pocahontas, Une Légende Indienne, Le Bossu de Notre-Dame, Hercule et plus récemment de La Ferme se Rebelle ou d'Il Était une Fois, pouvait relever le défi ?
Contre toute attente, malgré le talent du compositeur, la partition s’avère décevante. Elle constitue d'ailleurs finalement la seule ombre au tableau. Les deux premières chansons, When Will My Life Begin ? et Mother Knows Best, restent, en effet, faiblardes même si leurs reprises plus tard dans le film apparaissent plus convaincantes, notamment pour la séquence qui voit Raiponce quitter sa tour. La suite de la B.O. est fort heureusement de meilleure facture avec l'amusante I've Got a Dream, la romantique I See the Light ou la magique Healing Incantation tandis que la musique instrumentale ne souffre, elle, d'aucune critique. Concernant cette dernière, le spectateur s'étonnera même de sortir de la salle avec certaines de ses notes dans la tête...

La promotion de Raiponce a fait couler beaucoup d'encre. Le point de départ de la cabale des fans contre le parti-pris du marketing Disney a débuté à la faveur de la première bande-annonce mise sur le marché par le studio. Son ton est alors clairement "dreamworksien" avec de l'action, des blagues lourdingues et finalement le personnage de Raiponce non nommé ! Tétanisé par l'échec sur le sol américain de La Princesse et la Grenouille (vendu alors comme un conte de fée), Disney est, en effet, prêt à tout aujourd'hui pour ne pas promouvoir Raiponce comme Tiana l'avait été. Rapunzel devient ainsi Tangled et perd le vocable "Princesse". Il s'agit de ne pas donner l'impression d'être dans le segment des "films pour filles", rebutant les adolescents "mâles" et au-delà d'eux toute une partie du public familial. La France s'économise, elle, ce genre de considérations. Le pays du roi guillotiné et des citoyens républicains raffole, il est vrai, des histoires de Princes et de Princesses : Tiana a été portée aux nues, Raiponce le sera tout autant. Et puis, ça tombe plutôt bien : Tangled est littéralement intraduisible dans la langue de Molière...

Raiponce est assurément un des plus beaux Disney depuis La Belle et la Bête ! Avec La Princesse et la Grenouille, il fait partie de ce renouveau dans l'héritage du label, un âge d'or qui reste pour le moment artistique tant il patiente encore pour amasser les dollars...
Walt Disney revendiquait dans ses films une larme pour chaque éclat de rire : Raiponce, le 50ème Grand Classique de ses studios, a tout compris de cette exigence !

A noter :
Raiponce a été nominé pour l'Oscar 2011 de la Meilleure Chanson pour I See the Light.

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1954 • ....
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