Titre original :
Planes
Production :
DisneyToon Studios
Date de sortie USA :
Le 09 août 2013
Genre :
Animation 3D
Disney Digital 3-D
Réalisation :
Klay Hall
Musique :
Mark Mancina
Durée :
92 minutes

Le synopsis

Dusty, un jeune avion épandeur sujet au vertige, rêve d’être un jet de compétition : voulant concourir pour les éliminatoires du Grand Rallye du Tour du Ciel, il fait alors appel à Skipper, un as de l’aéronavale...

La critique

rédigée par
★★

Planes est le premier épisode de la nouvelle franchise de DisneyToon Studios, après La Fée Clochette. Si jusqu'à lui, le studio avait pour habitude de faire des suites et des franchises autour des univers des Walt Disney Animation Studios, il s’attaque ici, pour la toute première fois, à celui de Pixar. Alors certes, le film est né pour de mauvaises raisons, purement mercantiles (il s’agit uniquement de vendre des jouets !) et ne disposent pas des ressources de ses grands frères. Pour autant, après visionnage, Planes a de quoi étonner tant il est plaisant à suivre et met en scène des personnages attachants sur une histoire simple et convenue mais qui a le mérite de bien fonctionner...

Planes affiche dès les premières secondes de son générique d’ouverture, et fièrement, sa filiation avec Cars - Quatre Roues qui a décidément un parcours atypique dans le catalogue de The Walt Disney Company. Malgré sa grande qualité, les critiques du monde entier se sont, en effet, montrées, à l'époque de sa sortie, plus que réservées à son égard tandis que le public, en dehors des Etats-Unis, l'a carrément boudé. La France, par exemple, l'a accueilli froidement lui offrant le rang peu glorieux de premier flop au box-office d'un film pixarien. Commençant sa carrière sous de mauvais auspices, il se rattrape toutefois par la suite. Déjà, Ratatouille ou WALL•E ont fait pire que lui sur le sol américain au regard de leurs recettes en salles. Ensuite, il remporte, auprès des critiques étrangères de Los Angeles, le prestigieux Golden Globe du meilleur film d'animation. Enfin, son édition DVD s'arrache en 2006 décrochant le titre de meilleure vente de l'année pour un long-métrage animé. Et que dire du marchandisage autour de Cars - Quatre Roues ! Flash McQueen et ses amis de Radiator Spring sont, en deux temps, trois mouvements, devenus l'une des franchises les plus rentables des studios Disney. Aucun secteur (jouets, livres, jeux vidéos, habillement, accessoires...) n'échappe à l'engouement qu'ils suscitent, générant au passage des milliards de dollars de recettes pour l'Oncle Picsou.

Face à cette déferlante à retardement, The Walt Disney Company ne pouvait rester inerte. L'occasion est, en effet, trop belle pour elle qui s'efforce, par exemple avec La Fée Clochette de créer le même phénomène. Et quoi de mieux pour soutenir les ventes que de maintenir les personnages sur le devant de la scène. La synergie du groupe Disney se met alors en marche. Déjà, la division des parcs à thèmes fait son œuvre. Outre la présence des personnages dans les différents resorts du monde entier, des attractions dédiées à Cars - Quatre Roues sont lancées. Le Parc Walt Disney Studios à Paris inaugurent en 2008 une attraction à destination des plus jeunes, Cars - Quatre Roues Rallye tandis que Disney California Adventure à Anaheim ouvre en 2012 un land entièrement dédié au film de John Lasseter regroupant pas moins de trois nouvelles attractions dont une E.Ticket. Ensuite, la division cinéma prend le relai et prépare pour le 24 juin 2011 une suite du film de référence pour les salles obscures, Cars 2.

Enfin, la branche télévision ferme le rang en offrant aux personnages la possibilité de débouler sur le petit écran. Une mini série télé - plus exactement trois petits courts-métrages sur le même thème - débarque conjointement sur Disney Channel, Toon Disney (un chaine fermée entre temps) et ABC Family aux USA mais aussi sur Disney Channel et Disney Cinemagic en France. Les épisodes prennent l'apparence de petits intermèdes de 2 à 3 minutes dans lesquels Martin raconte à Flash McQueen une fable sur sa vie passée. L'année 2008 voit ainsi sortir trois premiers opus à la télévision et un au cinéma. 2009 se fait plus chiche avec un seul épisode, Martin Volant Non Identifié. En 2010, ce ne sont pas moins de quatre épisodes qui sortent sur les écrans ou presque : deux le sont à la télévision et deux directement en vidéo. Avec la sortie en vidéo de Cars 2 en 2011, un dixième opus est proposé. Le onzième opus, Martin Remonte le Temps, fête en grandes pompes l'ouverture du nouveau land de Disney California Aventure, Cars Land. Il s'agit également de la troisième production de Pixar Canada après Air Martin et Mini Buzz. Jusque là, les onze premiers Cars Toons sortent donc sous le sous titre de Martin se la Raconte. Le 22 mars 2013, pour la diffusion de Là-Haut sur Disney Channel USA, trois nouveaux opus (Hoquet, Asticoté et Ça Tourne) sont alors proposés mais sous l’appellation inédite de Les Contes de Radiator Springs. Autre différence : les courts-métrages de cette « nouvelle série dans la série » sont vraiment courts puisqu’ils ne durent pas plus d'une minute trente, à peine moitié moins que le plus court des Martin se la Raconte. En revanche, ils sont, comme eux, produits au sein de Pixar Canada.

Comment prolonger plus encore le fameux, et lucratif, monde de Cars - Quatre Roues ? L'idée vient directement de John Lasseter lui-même, alors réalisateur des deux films de voitures au sein des studios Pixar. Pourquoi ne pas confier au label maison en charge des longs-métrages de franchises, le soin de réaliser une série de films de spin-off autour du monde de Cars - Quatre Roues mais en se tournant, cette fois-ci, vers celui des avions ? Quoi de mieux, en effet, qu'un ensemble dérivé avec de nouveaux personnages pour un univers complet et toujours plus rentable. Sur le papier, tout se goupille à merveille. Par contre, à l’écran, l'effet est terriblement bizarre. Le film est, il est vrai, un DisneyToon Studios avec l'ADN d'un Pixar sans que son nom n'apparaisse une seule fois à l’exception, en version dérivative, du logo de Cars - Quatre Roues qui pointe le bout de son nez en tout début de film. Ceux parmi les spectateurs qui connaissent la nature exacte de Planes vont donc avoir la capacité de le juger pour ce qu'il est mais pas sûr, en revanche, que le grand public comprenne qu’il ne s’agit pas là d’un film Pixar ! Or, Planes n'a clairement pas la même ambition que ses grands frères Cars - Quatre Roues et Cars 2 : son offre ne va-t’elle pas dégrader l'image de Pixar en la banalisant toujours plus, image déjà écornée au yeux du public par une baisse flagrante de qualité plus ou moins marquée sur Cars 2, Rebelle et Monstres Academy ? Le risque est aussi grand que réel...

Klay Hall se voit donc confié la réalisation de Planes. Il commence à travailler en 2005 au sein de DisneyToon Studios en qualité de scénariste sur La Fée Clochette. Par la suite, il réalise le second opus, Clochette et la Pierre de Lune, avant de se consacrer, dans la même fonction, à Planes. A l'origine, le film est prévu pour sortir directement en vidéo. Très vite, il est pourtant décidé de le proposer en Europe au cinéma, comme cela a été le cas, avec succès, pour Clochette et le Secret des Fées. Après le visionnage de certains passages, et devant l’enthousiasme des décideurs de Disney, il est acté de sortir Planes sur grand écran, également aux Etats-Unis. C’est un bel évènement en soi : DisneyToon Studios n'a, en effet, plus proposé de films en salles depuis Winnie l'Ourson et l'Efélant en 2005. Le but est ainsi double. D'abord, une sortie au cinéma permet une plus grosse visibilité auprès du public et ensuite, offre également l’avantage d'occuper le terrain. Quasiment tous les studios sortent, il est vrai, pléthore de films d'animation alors que The Walt Disney Company ronronne avec une sortie par an de chacun de ses studios historiques. DreamWorks Animation, le grand concurrent devant l’Eternel, en est par exemple à trois opus, sur son unique label, par an certaines années ! Le fait de proposer un film deux semaines après lui est donc un moyen de lui couper l'herbe sous le pied. Surtout quand la recherche de rentabilité n’est pas un enjeu puisqu’elle est bien plus rapide à atteindre par un DisneyToon Studios, dont le budget est deux à trois fois moins gros que celui d’une production d’une signature phare. Le revers de la médaille est en revanche d'inonder le marché et de créer un phénomène de trop-plein du spectateur...

Cette longue remise en perspective étant faite, il convient d’envisager désormais Planes pour ce qu'il est : un produit marketing, principalement destiné aux enfants afin de développer, toujours plus, un univers qu'ils plébiscitent. Pour cela, la mission est remplie. Déjà, l'histoire, même si elle est ultra prévisible, se suit avec plaisir. Le film a un peu de mal à démarrer mais dès que l'entrainement commence son récit décolle véritablement. Planes réussit même le tour de force d'être moins soporifique que Cars 2 tant il est bien plus efficace dans sa construction. Linéaire, l'opus ne se perd pas dans des méandres d'histoires secondaires et d'ambiances différentes. Comme Cars 2, le héros doit certes faire un rallye autour du monde. Mais, étonnement, cela fonctionne bien mieux dans le film des DisneyToon Studios. D'abord car les artistes ont décidé de faire, de la course mondiale, l'enjeu du film, et non un simple décor. Ensuite, car le personnage principal a les épaules suffisantes pour supporter une aventure d'une heure trente à la différence d’un Martin qui en devient tout simplement insupportable. Enfin, car l'humour, via quelques répliques et autres scènes savoureuses, fait mouche, bien plus que dans Cars 2 où il tombait souvent à plat. Alors, certes, il y a beaucoup de copier / coller par rapport à Cars - Quatre Roues avec des personnages qui sont, soit les pendants du film de référence, soit leur parfait contraire (comme si les artistes de DisneyToon Studios avait tenu ici absolument à être différents au point d’aller dans l'autre sens). Pour autant, le scénario, sans prétention grandiloquente, est au final est très efficace : la simplicité paye !

Planes parvient également à disposer de personnages terriblement attachants.
Dusty Crophopper est ainsi un petit avion épandeur qui passe sa journée à pulvériser de l'engrais au dessus des champs de maïs. Il ne rêve que d'une chose : devenir le plus grand champion des avions de vitesse ! Malheureusement, il n'est pas né avion de course. Pourtant, à force de foi et de confiance en lui, il va soulever des montagnes et traverser des océans sans jamais oublier d'où il vient. C'est Fred Testot qui prête sa voix à la version française de Dusty, constituant là sa troisième participation à un doublage d’une production Disney après Frère des Ours et Volt, Star Malgré Lui.
Dans sa ville natale de Propwash Junction, Dusty est aidé par tous ses amis aux premiers rangs desquels se trouve le camion-citerne, ravitailleur de fioul, Chug ; l'élévatrice mécanicienne et préparatrice personnelle, Dottie ; l'avion de guerre vétéran et entraineur personnel, Skipper Riley ; et enfin l'élévateur et assistant personnel de Skipper, Sparky. Il convient d'ailleurs de noter que la ville ainsi que les personnages de Skipper et de Sparky ont déjà été introduits dans le court-métrage, Air Martin.
Dusty va ensuite faire la connaissance de tout un parterre de grands noms de l’aviation sportive et militaire, à commencer par les participants de la course d'avion. Le plus drôle d'entre eux est certainement El Chupacabra. Le participant mexicain est un Don Juan maladroit qui essaye de séduire la belle française Rochelle, une des concurrentes manifestement réfractaire au charme de ce gros lourdaud à l’accent hispanophone. Sur le registre des belles, Dusty rencontre également l'indienne Ishani, dont il n’est visiblement pas indifférent. L'anglais Bulldog est, quant à lui, un autre compétiteur, so british dans ses manières.
Mais le véritable adversaire du jeune épandeur est assurément Ripslinger, le triple champion du monde qui ne rêve que d'une chose, devenir le premier avion à gagner quatre fois de suite la fameuse course. Pour cela, il n'hésite pas à utiliser tous les moyens pour arriver à ses fins, y compris la triche pour se débarrasser de ses concurrents gênants. Il dispose d’ailleurs de deux sbires, Zed & Ned, qui s’inscrivent dans la grande tradition des acolytes neuneus par excellence.
Superbe honneur, la Patrouille de France fait aussi une apparition furtive dans le film, où elle est nommément citée tandis que la version française en offre d’avantage puisque, pour fêter en 2013 ses 60 ans d’existence, le Capitaine Raphaël Nal, accompagné de sa formation de huit hommes mais aussi de deux pilotes appartenant à l’équipe de voltige de l’Armée de l’Air, assurent le doublage de plusieurs véhicules militaires et civils, ainsi qu’à de nombreux instruments de bord...


Côté technique, il y a à boire et à manger au niveau de la qualité. L'animation est ainsi assez minimaliste. Certains plans parviennent même à choquer par leur pauvreté : quelques fois, en effet, seules les lèvres des personnages bougent quand ils parlent ; aucun effort n'étant réellement fait sur leurs mimiques faciales ou gestuelles. Côté textures, il y a du bon (notamment sur Dusty) au juste passable. Par contre, les décors sont dans l'ensemble très réussis, plutôt beaux et de bon goûts, regorgeant en outre de jolis clins d'œil au monde des avions, avec une mention particulière à cette colline en forme de long-courrier posé, de toute beauté. Enfin, la 3-D est ici complètement inutile et n'apporte rien à l'ensemble. Le choix des séances 2D, sans surplus sur le prix du ticket d’entrée, est logiquement à favoriser...

Même s'il a été descendu par la critique outre-Atlantique lui reprochant de ne pas être ce qu'il n'est pas – à savoir : un Pixar ! - le film a plutôt bien fonctionné au box-office (toute proportion gardée) et bénéficié d’un joli bouche-à-oreille auprès des familles américaines. Avec 21 millions de dollars pour son premier week-end, il réalise ainsi un score conforme aux prévisions et valide tout autant sa capacité de se rentabiliser amplement. À période comparable, il fait, en effet, mieux que les 17,5 millions de dollars des (Les) Schtroumpfs 2 de Sony Pictures Animation (pour un budget de 105 millions de dollars) et autant que les 21,3 millions de dollars de Turbo de DreamWorks Animation (pour un budget de 135 millions de dollars). Planes n'a couté lui que 50 millions de dollars ! Sachant qu'il dépasse les 73 millions de dollars de recettes sur le sol américain et les 100 au niveau mondial alors qu'il n'est pas encore sorti en Europe, le film est une bonne opération commerciale pour Disney. En outre, il cartonne en merchandising : ses produits dérivés s’arrachant sur le marché américain...

Planes est un "petit" film avec une histoire convenue, une animation de facture convenable bien qu’un peu minimaliste, le tout pour un budget minime. Bien-sûr, il ne supporte pas la comparaison à un Pixar ou un Walt Disney Animation Studios. Pour autant, là où justement Cars 2 affichait un médiocre bilan, ce "petit" film pour enfants est globalement sympathique, fait passer un bon moment et possède des personnages attachants aux répliques bien sentis. Planes dispose donc à l’évidence des ressources nécessaires pour constituer une jolie sortie Ciné en famille ; cela dit, il n’en reste pas moins un de ces films dont le visionnage sur grand écran n’apporte rien de vraiment plus que sur le petit écran.

L'édition vidéo

Jaquette Planes
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