La Dynastie Donald Duck - Tome 2
1951 - 1952 : Retour en Californie

La Dynastie Donald Duck - Tome 2 (1951 - 1952)
La couverture
Éditeur :
Glénat
Date de publication France :
Le 06 avril 2011
Genre :
Comics
Auteur(s) :
Carl Barks
Nombre de pages :
384

Le sommaire

Le monde de Donald :
• La Californie à visage humain
• Juste un pauvre vieil homme... pauvre
• Le destin dans une pièce de monnaie

Les histoires :
• Retour en Californie (1951)
• Dettes à la Diète (1951)
• Retour à l'Envoyeur ! (1951)
• La Terreur des Rapetou (1951)
• Un Coffre Trop Fort ! (1951)
• Poisson d'Avril (1951)
• Potager Aquatique (1951)
• Donald et le Tic Numismatique (1951)
• La Chance Sourit au Malchanceux (1951)
• Castor Médiocre (1951)
• La Chasse aux Cancres (1951)
• Donald Duck Charmeur de Serpent (1951)
• Juste un Pauvre Vieil Homme Pauvre... (1952)
• La Bonne Pâte (1952)
• Picsou a Bon Cœur (1952)
• Le Club des Bons Voisins (1952)
• Gontran Chasse la Dinde (1952)
• La Complainte du Pauvre Cow-Boy (1952)
• La Guerre des Statues (1952)
• La Croisière ne s'Amuse pas (1952)
• Le Casque d'Or (1952)
• Système D comme Donald (1952)
• Les "Rouleurs sont Sympas" ! (1952)
• Argent Liquide (1952)
• Courageux mais pas Téméraire (1952)
• Noël pour Pauvreville (1952)
• Un Sapin Original (1952)
• Vive la Coutume ! (1952)
• Une Toute Petite Liste (1952)

Portfolio :
• Carl Barks : des couvertures timbrées !
• San Jacinto et ses environs

Les personnages :
• Riri, Fifi et Loulou
• Gontran

La critique

rédigée par
★★★★
Publiée le 26 avril 2014

L'attente aura été longue pour ce deuxième tome rendant le plaisir encore plus intense dans la découverte des nouvelles histoires signées du maître des canards Disney. C’est d’autant plus vrai que l’opus réunit plusieurs première fois : la naissance de la propre série de comics de Picsou, Uncle $crooge, l’apparition des Rapetou et l'invention du fameux coffre-piscine où Picsou entrepose son argent. La personnalité de ce dernier s'enrichit d’ailleurs de belle manière : il n'est plus le simple vieil avare de ses débuts mais un collectionneur excentrique et complexe, pour qui chaque pièce (notamment d’argent) est synonyme d'aventures humaines et de souvenirs...

Uncle $crooge est un comics book qui est centré principalement sur le personnage de Picsou même si Donald, Riri, Fifi et Loulou peuvent y avoir des rôles secondaires. La première publication remonte à 1952 sachant que les trois premiers volumes (#1 en 1952 et #2 & #3 en 1953) sont des one-shots. A partir de 1954, la série devient donc régulière et se voit proposée trimestriellement. Les 70 premiers numéros, qui courent jusqu’en 1967, sont ainsi principalement constitués d’histoires écrites et dessinées par Carl Barks. Ensuite, et jusqu’au milieu des années 80, le lecteur n’a droit qu’à des rééditions ; il faudra, en effet, attendre 1986 pour voir arriver de nouveaux auteurs de façon prolifique qu’ils soient américains comme Don Rosa ou européens comme Daan Jippes ou Romano Scarpa.

Dans Un Coffre Trop Fort apparait donc le symbolique coffre-fort de Picsou situé sur la fameuse Colline Killmotor. Si Carl Barks n'hésitera pas à déplacer l'argent du canard dans d'autres lieux, la postérité retiendra, il est vrai, la vision de cette forteresse surplombant les hauts de Canardville. Bien plus tard, Don Rosa approfondira même la mythologie entourant le fameux coffre-bâtiment en l’ancrant dans l'histoire du milliardaire au cours d’un de ses chapitres de La Jeunesse de Picsou, L’Envahisseur de Fort Donaldville. Le coffre y occupe à l’époque le site de Fort Drakeville, bâti par Francis Drake, corsaire au service de la reine Élisabeth 1ère d’Angleterre. Il devient ensuite la propriété de Cornélius Écoutum, après une attaque des troupes espagnoles, en 1818 ; son nouveau propriétaire réussissant à faire fuir les soldats puis le renommant « Fort Donaldville ». L’acte de propriété (qui n’est autre qu’une cession de territoire du Roi George III) est revendu en 1899 à Picsou par Jules Ecoutum, alors ruiné. Picsou fait rapidement démonter les ruines du fort pour bâtir dessus son fameux coffre, en 1902. Toutefois, peu avant l’opération, les Castors Juniors, chassés des ruines du fort par Picsou, alertent le Président des États-Unis, Théodore Roosevelt, en prétendant la prochaine installation d’une base militaire hostile. Le Président se précipite à Donaldville, avec l’armée au grand complet, cavalerie et marine en tête. Fort heureusement Picsou et Roosevelt se reconnaissent (ils s’étaient rencontrés auparavant), et l’opération militaire s’arrête. Le coffre peut-être construit...

Les Rapetou apparaissent pour la première fois en novembre 1951 dans l'histoire Donald et l'Auto-Défense (Terror of the Beagle Boys) parue dans la revue Walt Disney's Comics and Stories #134. Elle pose alors les bases de ce qui sera l'un des déroulements classiques des aventures mettant en scène les frères bandits : ils pensent avoir trouvé un moyen d'attaquer avec succès le coffre-fort de Picsou tandis que Donald propose une solution efficace à son oncle pour le défendre ; seule la fin variant : soit les Rapetou ont une part de réussite grâce à la malchance de Donald ; soit ils échouent, sans jamais que Donald ne soit vraiment payé en retour de son aide...
Les Rapetou sont donc des frères et cousins qui non seulement se ressemblent mais poussent en plus le vice à s'habiller de manière identique et constante : pantalon et casquette bleus, pull rouge ou orange et masque noir. La seule façon de les différencier est leur matricule de prisonnier qui fait office de nom. Les trois combinaisons récurrentes sont 176-167, 176-671 et 176-761. À partir de là, de nombreuses autres sont créées en fonction du nombre de Rapetou attaquant Picsou. Dans une histoire d'août 1957, La Course Fantastique sur la Rivière, destinée à la promotion du parc Disneyland de Californie, Carl Barks introduit Gracié Rapetou, l’ancêtre du gang ! Picsou et Grégoire Trouvetou (grand-père de Géo) travaillent, en effet, ensemble sur un bateau à vapeur naviguant sur le Mississippi dans les années 1880 et Gracié, propriétaire d'un navire identique lui-aussi, leur propose de s’affronter dans une course...
Au fil des histoires, les auteurs Disney ont donc créé des cousins étrangers, des neveux, des cousines et des nièces aux Rapetou. Le première apparition en personnages animés se fait en revanche tardivement, dans le moyen-métrage pour la télévision Footmania pour Dingo en 1987, avant d’apparaitre de nombreuses - et logiques - fois la même année, dans la série, La Bande à Picsou.

Parmi toutes les histoires du volume, toutes plus succulentes les unes que les autres, Noël pour Pauvreville est spécialement à souligner. Ici, Donald, Daisy, Riri, Fifi et Loulou tentent d’organiser un Noël mémorable aux enfants pauvres. Ils vont bien-sûr faire appel à la générosité chanceuse de Gontran ou essayer de convaincre Picsou de passer outre sa radinerie ; le vieil avare commençant à disposer de son caractère définitif de pingre absolu. Il va d’ailleurs prendre pour l'occasion une bien belle leçon. Refusant de donner une toute petite pièce pour les enfants pauvres, son coffre cède, en effet, sous le trop-plein de pièces, à une prés ! Mieux encore, ce sera le cadeau prévu pour les enfants pauvres (un petit train, objet sans valeur aux yeux de Picsou) qui lui permettra de sauver sa fortune...

Réservant de nombreuses premières, ce deuxième volume de l'intégrale de Carl Barks constitue toujours un immense plaisir de se plonger dans le monde délicieux de Donaldville, comme Picsou le fait lui-même dans son propre coffre !