La Dynastie Donald Duck - Tome 9
1958 – 1959 : Le Trésor du Hollandais Volant

La Dynastie Donald Duck - Tome 9 (1958 – 1959)
La couverture
Éditeur :
Glénat
Date de publication France :
Le 31 octobre 2012
Genre :
Comics
Auteur(s) :
Carl Barks
Nombre de pages :
384

Le sommaire

Le monde de Donald :
• Un bateau dans les nuages...
• Sur la piste des conquistadors

Le monde des canards :
• Grandes aussi... à moitié
• L'Arc-en-ciel Another Rainbow

Les histoires :
• Le Trésor du Hollandais Volant (1959)
• Les Mésaventures d'un Sapin de Noël (1958)
• Dinde Rôtie, Sauce Stratosphérique (1959)
• Le Magnat Fabuleux ! (1958)
• Riche à en Étouffer ! (1958)
• L'Encre Magique (1958)
• Une Idée... Lumineuse ! (1958)
• Un Taxi Original (1959)
• Digne d'un Don (1959)
• Manager Déménageur (1959)
• La Colline aux Cyclones (1959)
• La Grande Pyramide (1959)
• Nerf-Volant (1959)
• La Chasse au Cadeau (1959)
• Les Feux de l'Amour (1959)
• L'Élève de Krankenstein (1959)
• Connaissez-vous le Picsoucode ? (1959)
• Chat ne Va Pas ? (1959)
• La Lune de 24 Carats ! (1958)
• Sur la Piste des Conquistadors (1959)
• Pizen Bluff Ville Fantôme (1959)
• En Courant... d'Air (1959)
• Un Bruit Qui Requinque (1959)
• L'Île Flottante (1959)
• Le Fermier Volant (1959)
• Poule de Luxe (1959)
• La Girouette Infaillible (1959)
• La Laine de Cowboy (1959)
• Le Grand Prix des Castors (1959)
• Des Malades Incurables ! (1959)
• Délire dans la Jungle (1959)
• L'Ascension du Matterhorn (1959)
• Le Magnat du Convoi (1959)
• Une Planète de Rêve (1959)
• Le Puits aux Souhaits (1959)
• Une Bonne Action (1959)
• Mercredi Noir... (1959)

 Portfolio :
• Construire le Hollandais Volant
• Portraits de Famille

Les personnages :
• Bec Jaune
• Jack McPicsou

La critique

rédigée par
★★★★

Tout un programme dans ce neuvième tome de l'intégrale Carl Barks ! Entre la recherche d'un navire fantôme, des voyages dans l'espace, des aventures à la ferme ou des visites à Disneyland, l'auteur démontre toute l'étendue de son talent dans des histoires aussi variées que foisonnantes.

Dans Le Trésor du Hollandais Volant, Carl Barks reprend la fameuse légende du vaisseau fantôme. Les marins tous pavillons confondus croient, en effet, en l'existence d'un bâtiment hollandais dont l'équipage est condamné par la justice divine, pour crimes de pirateries et cruautés abominables, à errer sur les mers jusqu'à la fin des siècles. Croiser sa route est ainsi un funeste présage.
La version la plus ancienne de la légende raconte qu'un navire hollandais, pris dans une violente tempête alors qu'il tente de franchir le cap de Bonne-Espérance, voit son équipage supplier le capitaine de chercher un abri. En vain : ce dernier refuse catégoriquement allant jusqu'à défier le ciel de couler son navire ! Une forme lumineuse se matérialise bientôt à bord du bâtiment devant l'équipage terrorisé. Le capitaine ne trouve rien de mieux que d’injurier l'apparition et de braquer sur elle un pistolet. Il tire mais l'arme lui explose dans la main. Une voix s'élève alors pour lui déclarer : « Puisqu'il te plaît tant de tourmenter les marins, tu les tourmenteras, car tu seras le mauvais esprit de la mer. Ton navire apportera ainsi l'infortune à ceux qui le verront. ».
La version la plus moderne de la légende du Hollandais Volant se retrouve elle développée dans les films de la saga cinématographique de Jack Sparrow, Pirates des Caraïbes : Le Secret du Coffre Maudit et Pirates des Caraïbes : Jusqu'au Bout du Monde..
Entre les deux, Carl Barks essaye lui de replacer la légende d’un point de vue rationnel sans rien lui enlever de sa force. Il signe d’ailleurs des planches bluffantes comme cette case où Picsou et ses neveux aperçoivent de leur bateau, au dessus de la ligne d'horizon, sur une mer déchainée, le fameux vaisseau fantôme.

L'autre arc narratif qui revient plus fréquemment dans ce volume est constitué d'aventures spatiales. Dans La Lune de 24 Carats !, Picsou va devoir ainsi gagner une course pour atteindre une grosse astéroïde invisible, située derrière la face cachée de la Lune . Elle serait, en effet, entièrement constituée d'or ! Il n'en faut pas plus à notre cupide canard pour tenter l'aventure. Il devra pour cela combattre de nombreux ennemis, dont les Rapetou, avant de poser ses palmes sur l'astre précieux. Là, il découvre un Venusien qui va lui proposer un drôle de troc...
Carl Barks sait à l’évidence donner du piment à ses aventures : entre courses poursuites, décors lunaires fantastiques et morale amusante, l'auteur s'en donne, il est vrai, à cœur joie !

A partir de la fin des années 50, la production de Carl Barks s'intensifie. Pour certains projets, il va donc se contenter de s'occuper du dessin. C'est le cas pour les les comics spéciaux tournant autour de Grand-Mère Donald, Grandma Duck's Farm Friend. Pour le numéro de 1959, l'auteur dessinera ainsi quatre histoires scénarisées par Vic Lockman : Le Fermier Volant, Poule de Luxe, La Girouette Infaillible et La Laine de Cowboy. La deuxième et la troisième voient interagir avec Grand-Mère Donald des personnages que le Maître des Canards connait bien, respectivement Picsou et Géo Trouvetou. La première et la quatrième sont bien plus intéressantes. En effet, dans l'une, Carl Barks dessine, pour la première fois, les personnages de Dumbo et de Basile (Frère Renard dans Mélodie du Sud) ; dans l'autre, c'est le Grand Méchant Loup des (Les) Trois Petits Cochons qui a l’honneur de son coup de crayon.

Dans la même veine, Carl Barks dessine, toujours sous des scénarios de Vic Lockman, trois histoires pour le comics spécial, Vacation in Disneyland. Dans la première, L'Ascension du Matterhorn, qui se base sur Fantasyland, Donald et ses neveux vont escalader de vraies montagnes suisses. Dans la seconde, Le Magnat du Convoi, centré sur Frontierland, Picsou et Grand-Mère Donald traversent dans une caravane le grand Ouest américain. Mais l'histoire la plus drôle et la plus incongrue est assurément celle qui illustre Tomorrowland, Une Planète de Rêve. Géo Trouvetou et Gus Glouton, formant un duo savoureux de l’univers de Carls Barks, entreprennent en effet de partir sur une autre planète.
Le personnage du cousin de Donald, Gus Glouton, présente la particularité d’être très peu utilisé. Situation paradoxale, puisqu’il doit pourtant son existence à Carl Barks lui-même qui, en qualité de scénariste de cartoon à l’époque, en décide la naissance en 1939, pour Le Cousin de Donald, seule et unique apparition du personnage à l'écran ! Le cousin Gus est aussi prévu pour un autre cartoon, Interior Decorators, qui ne verra finalement jamais le jour. Le Cousin de Donald se voit donc précédé par deux œuvres marquant, sur papier, le début du personnage de Gus. D'abord, il apparait en bande dessinée le 6 avril 1938 dans un gag signé d'Al Taliaferro. Ensuite, en août 1938, l'histoire de « son » cartoon Le Cousin de Donald est retranscrite en récit illustré en supplément dans le magazine The Good Housekeeping. Plus tard, Al Taliaferro crée le personnage de Grand-Mère Donald. Carl Barks, quand il reprend les aventures des canards, joindra à la vieille cane, le personnage de Gus qui vivra avec elle dans sa ferme et l'aidera à la tenir..

Ce neuvième tome concentre des pépites et ravit le lecteur comblé de voir l'auteur utiliser, certes de façon parcimonieuse, d'autres personnages issus de la galaxie Disney, hors B.D. !