La Grande Épopée de Picsou - Tome 1
1992 - 1994 : La Jeunesse de Picsou 1/2

La Grande Épopée de Picsou - Tome 1 : La Jeunesse de Picsou 1/2
La couverture
Éditeur :
Glénat
Date de publication France :
Le 05 décembre 2012
Genre :
Comics
Auteur(s) :
Don Rosa
Nombre de pages :
288

Le sommaire

Le monde de Picsou :
• Avant-propos
• Note de l'auteur
• A la recherche du D.U.C.K. perdu
• L'arbre généalogique des Duck
• Où sont cachés les D.U.C.K. ?

Les histoires :
• Le Dernier du Clan McPicsou (1992)
• Le Roi du Mississippi (1992)
• Le Cow-boy des Badlands (1992)
• L’Aventurier de la Colline de Cuivre (1993)
• Le Nouveau Maître du Château McPicsou (1993)
• La Terreur du Transvaal (1993)
• Le Rêveur du Never Never (1993)
• Le Prospecteur de la Vallée de l’Agonie Blanche (1993)
• Le Milliardaire des Landes Perdues (1993)
• L’Envahisseur de Fort Donaldville (1994)
• Le Canard le Plus Riche du Monde (1994)
• Le Reclus du Manoir McPicsou (1994)

La critique

rédigée par
★★★★

Réclamé à corps et à cris par les fans de Picsou, voici enfin venu le premier volume de l'intégrale Don Rosa, l'autre maitre des canards avec Carl Barks. Cette intégrale en sept volumes reprend ainsi le même format que La Dynastie de Donald Duck dans une édition de grande qualité supervisée par l'auteur lui-même.

Keno Don Hugo Rosa nait le 29 juin 1951 à Louisville, dans le Kentucky. Sous le nom raccourci de Don Rosa, il débute dans son art en dessinant dans les années 1970 un certain nombre d'aventures avec des personnages de son invention. Mais il ne s'agit alors que d'un hobby ; sa principal source de revenue venant d'un autre métier. La B.D. prenant une place de plus en plus importante dans sa vie, il se porte bientôt candidat auprès d’un éditeur ayant annoncé son intention de publier de nouvelles histoires de Disney. Embauché, il s’emploie vite à démontrer qu’il ne pouvait y avoir meilleur candidat que lui pour imaginer des aventures inédites des canards. Sa première histoire Disney, Le Fils du Soleil (The Son of the Sun), met donc en scène Picsou : elle est réalisée pour le compte de la maison d'édition Gladstone et est publiée pour la première fois en juillet 1987. Le succès est immédiat : Don Rosa continue donc logiquement d'inventer d'autres histoires de Donald Duck et Picsou. En 1989, l’artiste se fâche et claque la porte de Gladstone à la suite de la décision de Disney de ne plus rendre les planches originales à leurs auteurs. Il passe, dès l’année suivante, chez la société Egmont qui publie les histoires Disney au Danemark, une société avec laquelle il collabore toujours actuellement. Il travaille parallèlement pour d'autres éditeurs européens notamment le français Disney - Hachette, via Picsou Magazine.

Son dessin se caractérise par un foisonnement de détails. Cela permet ainsi d'ancrer l'intrigue dans l'histoire réelle, mais également d'entourer l'action principale de petits gags. De même, et au grand dam de son éditeur américain, Don Rosa parvient grâce à son dessin à introduire un hommage récurrent à Carl Barks via l'acronyme D.U.C.K. signifiant « Dedicated to Unca Carl from Keno ». L'autre force de Don Rosa réside dans sa capacité à insérer ses aventures dans un contexte historique réel et à pouvoir jouer sur les émotions du lecteur. Ainsi ce dernier croise-t-il dans ses histoires fictives, des personnages historiques comme Theodore Roosevelt, Geronimo, les frères Dalton et bien d'autres encore mais aussi des messages à connotation politique tel, par exemple, le respect de la Nature. Du fait de son talent et de sa connaissance de l'univers de Donald Duck, Don Rosa apparaît comme le digne successeur de Carl Barks, le « père » de Balthazar Picsou, créant sans cesse des planches qui font référence à celles de son Maître. Néanmoins, il développe sur un nouveau ton l'amour familial qui lie Picsou, Donald, Riri, Fifi et Loulou. Don Rosa peint ainsi un milliardaire avare en argent, mais pas en sentiments. Don Rosa parvient même à raconter des histoires tristes dans des bandes dessinées destinées à la jeunesse ! L'annonce de la mort de la mère de Picsou déclenche ainsi le final du (Le) Prospecteur de la Vallée de l’Agonie Blanche ; le richissime canard y étant montré plusieurs fois en train de se recueillir sur la tombe de ses parents. En 2008, des ennuis de santé liés à un décollement de rétine lui font poser pinceaux et crayons : il déclare alors ne plus pouvoir dessiner des B.D.
Très célèbre en Europe, Don Rosa reste relativement peu connu aux États-Unis, son propre pays d'origine et celui des personnages Disney dont il a eu la garde ou qu’il a carrément créés...

Le tout premier volume de l'intégrale reprend la première partie de la fabuleuse histoire, La Jeunesse de Picsou, primée par un Will Eisner Award en 1995. Cette biographie de Balthazar Picsou a, en effet, été réalisée à partir des informations que Carl Barks lui-même avaient distillées au fil de ses propres histoires. Elle s’étend de la vie en famille à Glasgow en 1877, le jour où Picsou gagna son fameux sou fétiche, jusqu’à sa rencontre avec ses neveux, Donald Duck, Riri, Fifi et Loulou en 1947. La série comprend initialement douze épisodes écrits et dessinés entre 1991 et 1993, pour un total de plus de deux cents planches...
Quand la Walt Disney Company accepte enfin l’idée d’une biographie dessinée de Balthazar Picsou, c’est l’éditeur danois Egmont qui emporte la mise et propose, Don Rosa, l’un de ses dessinateurs installés aux États-Unis. La première publication a ainsi lieu dans les Pays Nordiques de 1992 à 1994. Dans la foulée, Don Rosa composera de nouvelles histoires dont l’action se déroule principalement dans le passé de Picsou ; seules les introductions et conclusions se passant à Donaldville avec ses neveux. Si des éditeurs comme Hachette en France ont pu numéroter ces chapitres pour les situer dans la chronologie des douze premiers, l’auteur maintient qu’ils sont différents dans leur genèse.

Ces douze histoires sont tout simplement fabuleuses. Non seulement, elles ancrent le personnage de Picsou dans la réalité en datant sa vie et ses aventures, mais en plus, compilent toutes les informations du passé du milliardaire qui ont été éparpillées par Carl Barks au fil de son œuvre. Don Rosa les a méticuleusement répertoriées afin de broder tout autour une biographie complète expliquant comment Picsou est devenu riche mais aussi comment il a rencontré ses amis et ennemis. Il s’en suit une aventure non seulement passionnante mais également extrêmement dense. Picsou s’y révèle comme un être foncièrement humain. Au fil du temps, il passe ainsi du statut de gentil petit garçon au riche et vieil avare que le public connait. Pour autant, l'histoire de sa richesse n'est pas celle de son argent mais bien celle de ses aventures, de ses rencontres, de ses erreurs, de ses choix, de ses chances, de ses illusions et désillusions, de ses blessures, ou de ses remords... Tout dans sa vie est sujet à une histoire à raconter. La saga montre alors parfaitement que Picsou doit sa fortune à un travail acharné et aux leçons qu'il va apprendre au cours de son existence. Ainsi, s’il perd de vue, au fil du temps, certains aspects essentiels de la vie comme la famille ou l'amour, il ne dérogera jamais à un fondement primordial de sa personnalité : l'honnêteté. Il fait ainsi fortune dans l'adversité mais toujours en respectant les lois.

Dans cette édition hautement qualitative approuvée par l'auteur (à la différence des (Les) Trésors de Picsou sortis en kiosque par Disney Hachette sans son assentiment), Don Rosa en profite pour présenter chaque histoire sur trois pages (dans un texte partiellement inédit pour l'édition française) en révèlant les inspirations et l'origine de celles-ci.
Ce premier volume de La Grande Épopée de Picsou qui reprend un chef d’œuvre incontestable du Neuvième Art est un must pour tout fan de Disney et au-delà, pour tout fan de bandes-dessinées.