La Grande Épopée de Picsou - Tome 3
1987 - 1989 : Le Fils du Soleil

La Grande Épopée de Picsou - Tome 3 : Le Fils du Soleil
La couverture
Éditeur :
Glénat
Date de publication France :
Le 04 décembre 2013
Genre :
Comics
Auteur(s) :
Don Rosa
Nombre de pages :
288

Le sommaire

Le monde de Picsou :
• Note de l'auteur
• Où sont cachés les D.U.C.K. ?

Les histoires :
• Le Fils du Soleil (1987)
• La Valse des Investisseurs (1987)
• Chat Soeur Deux Trop Fée ! (1987)
• Caisse à la Casse (1987)
• L'Argent Coule à Flots ! (1987)
• La Chasse au Canard... (1988)
• Un Sapin de Luxe (1987)
• Rocket de Rêve (1988)
• Le Poids de la Fortune (1988)
• Citrouille Carabinée (1987)
• La Poisse au Thon ! (1988)
• Galère Buissonnière ! (1988)
• La Chasse au Croco du Nil (1988)
• Le Pic de la Fortune (1988)
• La Quadrature de l'Oeuf (1989)
• La Malédiction de Nostrablairus (1989)
• Sa Majesté Balthazar 1er (1989)

La critique

rédigée par
★★★★
Publiée le 18 février 2014

Avec ce troisième tome de La Grande Épopée de Picsou, la vraie intégrale de Don Rosa commence ici. Jusqu’ici les deux premiers volumes avaient exclusivement compilé la fabuleuse saga de La Jeunesse de Picsou. Maintenant, elle s'attaque au reste des histoires de l'auteur américain autour de l'univers des canards.

Ce troisième tome couvre donc la période de 1987 à 1989, c'est à dire les deux premières années en tant que dessinateur professionnel de Picsou et ses neveux. A l'époque, la principale source de revenus de Don Rosa vient en effet d'un autre métier. La B.D. prenant une place de plus en plus importante dans sa vie, il se porte bientôt candidat auprès d’un éditeur ayant annoncé son intention de publier de nouvelles histoires de Disney. Embauché, il s’emploie vite à démontrer qu’il ne pouvait y avoir meilleur candidat que lui pour imaginer des aventures inédites des canards. Ce qu'il ne sait pas encore quand il reprend les aventures de Donald, c'est que l'éditeur Gladstone est surement la plus petite maison d'édition de BD Disney au monde. En effet, à la fin des années 80, les comics Disney sont passés de mode aux Etats-Unis. La vente des comics Disney baisse continuellement. En 1984, elle s’arrête même complètement jusqu'en 1986 lorsqu'un petit éditeur, Gladstone, envisage de réimprimer les histoires de Barks et de Gottfredson. Avant cela, Western Publishing était l'éditeur de Disney depuis 1940. Dans un premier temps, il s'était mis en partenariat de 1940 à 1962 avec Dell Comics, pour ensuite éditer par ses propres moyens les comics via ses labels Gold Key Comics de 1962 à 1978 puis Whitman Comics de 1978 à 1984. Malheureusement, les américains se sont lassés des bandes dessinées Disney (à la différence des européens et des latino-américains qui en raffolent) et le marché s'éteint peu à peu.

La première histoire Disney de Don Rosa est donc Le Fils du Soleil (The Son of the Sun). Elle met bien sûr en scène Picsou, se voit réalisée pour le compte de la maison d'édition Gladstone et sort en juillet 1987. Cette première histoire est la quintessence de ce que sera l'œuvre du dessinateur dans l'univers des canards. Fervent admirateur de Carl Barks, il va toujours rendre hommage à l'héritage de celui qui est pour lui son maître absolu. Ici, c'est l'aventure avec un grand A qu'il met en scène : une recherche d'un trésor perdu dans les montagnes de la Cordillère des Andes par Picsou et ses neveux avec, à leurs trousses, l'infâme Gripsou, toujours prêt à tricher pour battre son ennemi de toujours. L’auteur s’amuse ainsi à faire plein d'allusions à l'œuvre de son prédécesseur qui passeront d’ailleurs souvent complètement au-dessus de la tête des lecteurs de son propre pays, tellement les vieux Picsou sont peu connus à la différence de la France ou de l'Italie.

Au fur est à mesure de ses histoires, Don Rosa va vivre un certain nombre de premières fois. Ainsi dans La Valse des Investisseurs, il utilise pour la première fois le personnage de Gontran Bonheur ; dans Chat Soeur Deux Trop Fée !, c'est celui de Gus Glouton ; dans Caisse à la Casse, celui du voisin de Donald, Lagrogne ; et dans L'Argent Coule à Flots !, les Rapetou commettent, pour lui, leurs premiers méfaits. Don Rosa va également s'essayer à réaliser une suite à une des histoires les plus populaires de Carl Barks, Perdus dans les Andes, au sein de laquelle Donald et ses neveux Riri, Fifi et Loulou trouvaient une cité perdue où tout est carré, y compris leurs poules ainsi que leurs œufs. L'élève dessinateur décide donc de renvoyer Donald dans cette contrée, mas cette fois-ci, en compagnie de Picsou. Il nomme cette aventure La Quadrature de l'Oeuf. Naturellement, Gripsou n'est pas loin, mais le vrai danger de Picsou va venir de lui-même. Dans une ville où toute forme ronde est blasphématoire, il n'est jamais bon de montrer un sou fétiche au risque de se retrouver au bagne pour le restant de ses jours...

La dernière histoire est tout aussi savoureuse car elle va préparer ce qui deviendra La Jeunesse de Picsou. Dans Sa Majesté Balthazar 1er, Picsou trouve ainsi un moyen de ne plus payer d'impôts selon une astuce qui va encore se retourner contre lui aboutissant à une attaque des Rapetou face à laquelle il sera sans défense... Mais la chose la plus intéressante, c'est de voir Picsou fouiller dans les archives de la ville pour voir que le bout de terrain où il a construit son coffre fort et qu'il possède est en fait un état indépendant. Il fait donc sécession et demande un remboursement d'impôts auprès de l'état américain. Mais qui dit remboursement d'impôts dit plus d'armée et de police, les Rapetou deviennent donc pour les gens de Donaldville des citoyens en pays frontalier. Et hors de question de rentrer en ingérence dans un pays étranger ! De quoi faire réfléchir Picsou d'avoir soustrait son coffre du territoire américain...

Pourtant le vrai intérêt de Sa Majesté Balthazar 1er est assurément de voir Don Rosa raconter la fondation de Fort Donaldville (Fort Duckburg en anglais) par Cornélius Écoutum, le grand-père de Grand-Mère Donald. La première apparition de Cornélius Écoutum a, en réalité, lieu dans une histoire de Carl Barks en 1952 intitulée La Guerre des Statues. Picsou et un milliardaire se querellent à coup de statues de plus en plus grandes de Cornélius, fondateur de la ville (Ce sera d’ailleurs la dernière statue appartenant à Picsou et représentant le fondateur tenant des épis de maïs, qui se verra remise à l'association des amis de Cornélius pour célébrer sa mémoire). Don Rosa narre donc comment en 1818, Cornélius Écoutum se rend au Fort britannique de Drakeville sur la côte Pacifique (site que Francis Drake s'était accaparé le 17 juin 1579) afin de faire commerce avec les soldats. Mais le fort est alors assiégé par les forces espagnoles. Pour pouvoir fuir, son commandant va jusqu’à signer une renonciation officielle de propriété en faveur de Cornélius. Ce dernier, toujours encerclé par les soldats Espagnols, réussira à les faire fuir avec du maïs chauffé en popcorn qui terrorise les assaillants, pensant être attaqués par des démons. Désormais seul propriétaire, Cornélius baptise alors l'endroit Fort Donaldville...

Avec ce troisième tome, ce sont les débuts de Don Rosa en tant que dessinateur qui sont présentés. Déjà incroyablement doué pour le dessin avec un foisonnement de détails, c'est un vrai délice qui est proposé aux lecteurs. A déguster sans modération.