L'Âge d'Or de Mickey Mouse - Tome 11
1954 - 1955 : Le Monde Souterrain

L'Âge d'Or de Mickey Mouse - Tome 11 (1954 - 1955)
La couverture
Éditeur :
Glénat
Date de publication France :
Le 05 novembre 2014
Genre :
Daily Strips
Auteur(s) :
Floyd Gottfredson
Nombre de pages :
128

Le sommaire

Le monde de Mickey :
• Crise d'identité
• La fin (en apparence) des grandes aventures

Les histoires :
• Le Monde Souterrain (1954)
• Mickey et Mauvaise Graine (1954)
• Mickey et son Oncle Fouineur (1954 - 1955)
• Dingo, Génie du Siècle (1955)
• Mickey et l'Adorable Chouckette (1955)
• P'tit Davy (1955)
• Bandes Quotidiennes (1955)

La critique

rédigée par
★★★★
Publiée le 01 février 2015

Ce onzième tome de L'Âge d'Or de Mickey Mouse marque la fin d'un cycle dans la carrière de Floyd Gottfredson : celle des histoires longues. En attendant, le dessinateur et son scénariste, Bill Walsh, proposent des récits sympathiques totalement en phase avec leur époque.

Le Monde Souterrain flirte ainsi avec la science-fiction et en particulier des romans tels que Voyage au Centre de de la Terre de Jules Verne ou Le Cycle de Pellucidar d'Edgar Rice Burroughs. Mickey y fait la connaissance de Wing Ding, un petit être qui ne communique qu'au moyen d'un panneau électronique. Habillé de façon bizarre laissant penser que c'est un extraterrestre ou un être du futur, il annonce qu'il vient en réalité du centre de la Terre, à 5000 kilomètres en dessous de la surface. Avec sa "taupe-mobile", il va donc emmener Mickey dans un voyage souterrain où ce dernier a la surprise de constater qu'il a été choisi pour être le roi de l’étrange territoire de Concavia. Il se retrouve alors face à une guerre contre l'ennemie héréditaire de son nouveau royaume : les Twitz. Dans ce récit, les auteurs ne manquent pas d'imagination et font vivre à la souris des aventures aussi exotiques qu'étranges pour le plus grand plaisir des lecteurs.

Mickey et Mauvaise Graine voit Mickey recueillir chez lui un petit garçon très turbulent répondant au nom de Mo. Il se donne ainsi pour objectif qu’il parviendra, avec l'aide de son neveu Jojo, à le rendre charmant et serviable même si la tâche est immense tellement le gamin est chapardeur et mal élevé. Il s'en suit alors de nombreux strips journaliers avec pour gags, les bêtises de Mo. Dans la suite du récit, le garnement est enlevé et Mickey et Jojo partent à sa recherche. D’une succession de scénettes drôles, l'aventure se mue en chasse aux gangsters contre une organisation qui se sert des garnements un peu à la façon dont Pinocchio était tombé sur des personnes mal intentionnées sur l'Île aux Plaisirs.

Dans l'histoire suivante, Mickey et son Oncle Fouineur, le schéma est un peu le même que le récit précédent puisque Mickey se retrouve à héberger chez lui son oncle Fouineur un peu envahissant. Venant de l'ouest sauvage, il n'est pas habitué à la vie en banlieue et va envahir petit à petit la maison de Mickey avec tous ses compagnons de voyage ; d'abord un bouc, puis un aigle, suivi d'Haté-Sweh l'indien, une maman alligator et ses deux bambins. Là encore, Bill Walsh et Floyd Gottfredson dénoncent le rejet des gens différents par la majorité. Car si tous les protagonistes font beaucoup d'efforts pour s’intégrer, leur côté excentrique les fait systématiquement rejeter par les voisins de Mickey. Un grand élan de générosité interviendra toutefois au final...

Dingo, Génie du Siècle est assurément la meilleure histoire du recueil. Les auteurs s'inspirent ici grandement du film Doctor X de chez Warner Bros. sorti en 1932. Dingo a donc disparu et Mickey part à sa recherche. Il le retrouve sauf que ce dernier a perdu la mémoire suite au coup qu'il a reçu sur la tête et qui l’a transformé en plus grand génie scientifique du monde. Dingo invente alors pour le plus grand bien de l'humanité toutes une série d’innovations qui vont finir par attirer les convoitises des plus grands bandits bien décidés à se les approprier et s’emparer de l’inventeur. Il est amusant de noter au passage que les auteurs en profitent pour présenter aux lecteurs la famille de Dingo : sa grand-mère, son cousin Cinoko et son cousin Solitaire.

P'tit Davy marque la dernière grande histoire à suivre de Mickey dessinée par Floyd Gottfredson. Si, en elle-même, elle ne présente pas très grand intérêt (elle est en réalité un mixte entre Mickey et Mauvaise Graine et Mickey et son Oncle Fouineur), elle vaut tout de même pour deux autres éléments en dehors de son aspect historique. Le premier est à rechercher du côté du personnage de P'tit Davy qui n’est autre que le fruit de l'incroyable succès devenu phénomène de société qu'était la minisérie Davy Crockett. Les studios Disney ont donc demandé à l'auteur de l'insérer dans les planches quotidiennes ; ce dernier ne s’étant pas trop fait prier puisque Bill Walsh était également producteur des épisodes télé. L'autre intérêt de l'histoire est aussi la présence de Jiminy Crickett, le personnage de Pinocchio. Là aussi, c’est la télévision qui est à l’origine de l'arrivée du grillon dans les planches de Mickey : il vient en effet d’apparaitre dans une série de courts-métrages éducatifs de la nouvelle émission, le Mickey Mouse Club avec notamment ses fameux I'm No Fool....

A partir du 5 octobre 1955, Floyd Gottfredson ne propose plus que des strips de gags auto-conclusifs. L'éditeur des planches quotidiennes, King Features Syndicate, distribuant aux journaux américains les bandes dessinées Disney, exige, il est vrai, que le département des comic strips de Disney cesse la production d'histoires à suivre et se concentre sur des gags indépendants. Cette demande vient de la concurrence accrue de la télévision qui change le comportement des lecteurs. Les éditeurs pensent ainsi que le petit écran est mieux à même de proposer des histoires sérialisées alors que les journaux sont plus destinés à proposer des gags. Le dessinateur va donc rester sur ce format pendant 20 ans jusqu'à sa retraite en 1975.

Le onzième volume de L'Âge d'Or de Mickey Mouse constitue donc un tournant dans la carrière de Floyd Gottfredson. Côté édition, le livre de Glénat est globalement satisfaisant même si certaines erreurs inadmissibles et facilement corrigeables sont à remarquer comme le fait de se tromper de date dans la publication des strips (alors que ceux-ci sont bien affichés dans chaque bande) mais aussi dans certains commentaires où le traducteur confond Jojo avec Michou...