Walt
Disney utilise dans Alice's Wild West Show une technique
particulière, révolutionnaire à l'époque, mais dont le process a
malheureusement été perdu depuis. Il l'avait déjà employée dans le cartoon Alice's
Spooky Adventure. Le procédé pourrait être défini comme
suit, sans qu'il soit possible de confirmer aujourd'hui l'exactitude de
l'analyse. Tout d'abord, la partie "live" est filmée. Puis, une sélection
des séquences est effectuée pour être insérée dans la partie animée. Passée
à travers la caméra servant à filmer l'animation, elles permettent ainsi de
mieux délimiter l'emplacement exact d'Alice. Autour d'elles sont alors
réalisés des "trous" ou ronds noircis. Un système d'aller-retour entre le
négatif et la pellicule normale pour la bobine animation et la bobine "live"
crée ainsi l'illusion de l'évolution d'un personnage réel dans un milieu
toonesque.
Cette technique n'a pas fait long feu ! Si elle présente, en
effet, l'avantage d'être peu onéreuse, elle est visiblement trop gourmande
en temps de conception. Et, comme la partie "live" diminue au fur et à
mesure que la collection avance, son intérêt s'est à l'évidence réduit au
point d'être non seulement abandonnée mais aussi non conservée. Walt Disney
décide, il est vrai, d'utiliser un procédé nettement plus rudimentaire
qui consiste, en fait, à filmer Alice autour d'un fond blanc pour y rajouter
ensuite sommairement la partie animée.

Alice's Wild West Show dispose donc des meilleurs effets
spéciaux de la série alors qu'il est, pourtant, l'un des premiers épisodes à
être réalisés. Il présente d'ailleurs une autre particularité, dans son
casting, cette fois-ci. Alice y dispose, en effet, pour compagnon, d'un
chien blanc alors qu'elle avait dans la précédente aventure, Alice's
Spooky Adventure, un chat noir. La présence de ce dernier
se justifie, à l'évidence, par le thème du cartoon consacré alors à une maison
hantée. Walt Disney souhaite ici se démarquer nettement de Félix, le chat.
Mais, sa distributrice, Margaret Winkler ne l'entend pas de cette oreille et
impose au Maitre de l'Animation en devenir de réintroduire le chat noir.
Walt Disney s'exécute tout en faisant évoluer le personnage qui devient
récurent et prend le nom de Julius à partir d'Alice Solves the Puzzle.