Par le biais d'une compétition de voitures au cours
de laquelle les conducteurs ne sortent pas indemnes, Alice Wins The Derby est
l'occasion d'approfondir la relation entre Julius et Alice. Des évolutions
notables se produisent, en effet, par rapport à leurs aventures précédentes.
Déjà, la jeune Alice est de moins en moins mise en
avant et l'action se concentre principalement sur Julius. La partie "Live" des Alice Comedies
commence visiblement à peser à Walt Disney comme la série toute entière
d'ailleurs dont il décidera l'arrêt à la fin de l'année 1926 et en stoppera la
production courant 1927. En attendant, le Maître patiente et se débrouille comme
il peut avec les contraintes que lui impose le genre.

Ensuite, la faible apparition de l'héroïne a pour
conséquence évidente de laisser une voie royale à l'animation, permettant à
l'ensemble de gagner en gags et situations comiques. Les péripéties du chat avec
sa voiture ou son cheval mécanique sont ainsi, notamment, de véritables petits
bijoux de drôleries. La scène où l'automobile tente de remonter une falaise ou
celle où le cheval perd ses jambes sont d'ailleurs à souligner tant elles
regorgent d'inventivités visuelles, et ce, malgré les restrictions techniques
imputables à l'époque.
Enfin, à côté de Julius, un autre personnage
commence à prendre de l'importance : Pat Hibulaire reprend, il est vrai, ici sa
dernière apparence en date, révélée pour la première fois dans Alice Stage
Struck ; celle d'un ours sans jambe de bois. Sa présence, qui rajoute un
degré dramatique salutaire, est un vrai atout scénaristique : Alice prend, à
l'évidence, au contact de ce méchant, sans doute premier adhérent du club des
Disney's Vilains, la consistance qui lui manquait ça et là.
Jouant à plein la carte de l'animation, Alice
Wins The Derby regorge de bonnes idées malgré son pitch ridiculement
mince...