La production de la série des Alice Comedies commence
peu à peu à rentrer dans sa vitesse de croisière. Seul maitre à bord pour filmer
et animer, Walt Disney avait, en effet, depuis le début de sa collection, bien
du mal à en livrer les épisodes en temps et en heure. L'embauche d'Ub Iwerks et
d'autres animateurs contribue évidemment à améliorer le respect des délais de
fabrication qui seront tenus, de manière régulière, dès l'été 1925. Désormais,
Disney réalise à un rythme tellement effréné que seules deux petites semaines
séparent, par exemple, la livraison d'Alice en Chine
et d'Alice s'Évade. Son producteur Charles Mintz s'irrite d'ailleurs
de cette situation nouvelle, lui qui se plaignait déjà du contraire, alors qu'il
était contraint de patienter encore et toujours pour être livré. Car, son accord
avec Walt Disney prévoit un paiement au "cul-du-camion" (c'est-à-dire dès la
réception de l'épisode), avant même qu'il soit exploité en salles, et donc
source de revenus, plaçant, de ce fait, la société Wrinkler devant de
vrais problèmes de trésorerie. Walt Disney résout finalement le problème du
timing en proposant un bonus à ses artistes dès lors qu'un film respecte
strictement son planning de livraison, sans avance ni retard.

Alice s'Évade s'inscrit encore dans une dynamique d'innovation.
Déjà, le cartoon remet un peu sous le feu des projecteurs la jeune Alice en lui
proposant plusieurs scènes alors même que ses interventions étaient devenues,
depuis nombre d'épisodes, tout à fait anecdotiques. Ensuite, le propos est
clairement subversif. Il est construit, en effet, sur le chapardage d'Alice et
de Julius aidés dans leur forfait par une tortue, leur emprisonnement, puis leur
cavale ! Enfin, l'aventure n'est pas en reste niveau gags visuels et courses
poursuites en tous genres.
Au final, Alice s'Évade est un cartoon
dynamique qui remet, l'espace d'un épisode, le rôle titre de la série sur le
devant de la scène.