Donald et la Roue

Donald et la Roue
L'écran titre
Titre original :
Donald And The Wheel
Production :
Walt Disney Animation Studios
Date de sortie USA :
Le 21 juin 1961
Série :
Genre :
Animation 2D / Film "Live"
Réalisation :
Hamilton Luske
Durée :
18 minutes

Le synopsis

Donald invente la roue...

La critique

rédigée par
★★

Au milieu des années 50, la carrière cinématographique de Donald tire à sa fin ce qui ne l'empêche pas de se faire encore remarquer dans une activité qu'il n'avait pourtant plus eu depuis la deuxième guerre mondiale : "passeur de message". Walt Disney, qui entend continuer avec lui une mission culturelle et éducative sans pour autant la revendiquer, conserve, en effet, toujours la volonté de produire du divertissement à valeur ajoutée. Donald et la Roue, sorti en 1961, est un exemple de cette politique artistique ambitieuse.

Si Donald au Pays des Mathémagiques est assurément l’opus éducatif de Donald le plus populaire, Donald et la Roue demeure un cran au dessous alors même qu’il est dans sa forme et dans sa technique presque plus ambitieux que son ainé. Mais voilà ; il a oublié ce qui fait la force de son illustre prédécesseur : l’envie de divertir !

Techniquement, Donald et la Roue marque donc un tournant dans l’animation chez Disney. Comme le court-métrage, Goliath II et le film d’animation Les 101 Dalmatiens, il utilise, en effet, le procédé de la xérographie. Cette révolution technique est due en grande partie à une invention du début des années soixante : la photocopieuse ! Inventée par la société Xerox, la machine permet, il est vrai, d'économiser du temps et de l'argent. Désormais, les dessins ne sont plus reproduits à l'encre, manuellement sur cellos, mais photocopiés. Tout le processus de fabrication est ainsi revu. Finie l'époque où le travail des animateurs étaient d'abord nettoyés par "clean-up man", pour en retrouver les lignes essentielles parfois même au travers d'un vrai brouillon afin de rendre le dessin encore plus net. Fini l'encrage fait à la plume sur cello offrant, certes, toujours plus de netteté mais ôtant toute spontanéité ; les animateurs subissant, au final, le résultat obtenu et revendiquant sans cesse, la possibilité de retrouver un dessin plus approximatif afin de mieux témoigner de leur travail. Désormais en capacité de répondre à leurs attentes, Ub Iwerks fait adopter bien vite à ses équipes la machine Xerox. Le visuel des productions animées de l’époque témoigne d’ailleurs de cette évolution - une première alors - en offrant une image plus brouillonne que les Grands Classiques précédents.
Intégrer la technique de la photocopieuse n'est pour autant pas chose aisée. Afin de parvenir à un résultat totalement harmonieux, il convient, en effet, de revoir la méthode de travail appliquée aux décors. Ces derniers suivaient, il est vrai, le même processus - ou presque - que les personnages : leurs couleurs étaient nettes et clairement séparées par des traits distincts. D'ailleurs la personne chargée de les dessiner était la même que celle qui les peignaient. Désormais, les décors voient leur méthode de fabrication alignée sur celle des personnages. Ils sont d’abord dessinés en noir et blanc. Les couleurs sont ensuite rajoutées en arrière plan sur un autre cello sans suivre exactement les lignes originelles : plus elles débordent, mieux cela est, comme en témoigne le court métrage Goliath II, réalisé en 1960 et destiné à servir de ban d'essai ! Donald et la Roue, dont la production a duré dix-huit mois, sort lui six mois après Les 101 Dalmatiens, un timing qui laisse à penser que le procédé fut également testé sur lui...

L’autre innovation technique du moyen-métrage est l’utilisation du Processus de Sodium qui consiste à exposer deux films simultanément sur la même lentille, un sensible à l'écran de Sodium, l'autre non. Quand les deux sont combinés, une silhouette parfaite est alors réalisée, apparaissant en surimpression sur la pellicule principale. Ce procédé permet ainsi l’utilisation de personnages ou d’objets réels comme s’ils étaient animés avec un résultat somme toute bluffant. Donald et la Roue utilise donc à foison cette technique, notamment pour les personnages des Esprits du Progrès Père et Fils. Il s’agit là d’humains rotoscopés auxquels a été ajouté un halo bleu lumineux et dont les silhouettes ont été rendues transparentes. Un autre exemple se trouve dans l'utilisation d'objets photographiés puis passés à l'écran. Mais, la scène la plus spectaculaire avec le procédé reste assurément celle où les esprits font apparaître des danseuses miniaturisées en prises de vues réelles sur le rond central d'un disque 45 tours vite rejointes par un Donald animé.

Malgré ses prouesses techniques, Donald et la Roue reste globalement aride dans son propos, et ce, même s’il utilise tous les artifices pour le rendre intéressant comme l'utilisation d'une chanson (The Principle of the Thing composée par Mel Leven et interprétée par Thurl Ravencroft et les MelloMen). Mais bizarrement, le sujet comme son exposé est bien trop technique pour être totalement divertissant. Seule la présence de Donald permet finalement d'égayer le tout. Rien que son apparition augmente en effet le capital-sympathie du cartoon avec une séquence jouissive où le Donald de Cro-Magnon, victime de son tempérament, refuse purement et simplement l'invention de la roue !

Donald et la Roue, malgré ses prouesses techniques et la présence de Donald, reste désespérément un cartoon ennuyeux.

A noter :
Donald et la Roue est intégré à l'épisode Man on Wheels de l'émission d'anthologie Walt Disney's Wonderful World of Color. Diffusé le 26 mars 1967, il est l'avant-dernier épisode de l’émission dans lequel Walt Disney aura le temps d'enregistrer une introduction inédite avant sa mort.

Les personnages

1934
Cinéma

L'équipe du film

1907 • 1979
Animateur
1901 • 1966
Producteur

L'édition vidéo

Le moyen-métrage est sorti, en DVD Zone 1, dans le volume Donald : De A à Z - Volume 4 de la collection des Walt Disney Treasures.