Tic & Tac, deux petits et espiègles écureuils, apparaissent en 1943 dans le
court-métrage animé Pluto Soldat où ils empêchent le chien de Mickey
d'accomplir son devoir de militaire. Ils ne disposent alors, ni de leur nom
définitif, ni de leur faire-valoir attitré, Donald. Ce n'est, en effet, que
trois ans plus tard, dans le cartoon de 1947, Chip an' Dale (Donald et
les écureuils en français), que Tic & Tac fixent leur identité et
rencontrent leur "véritable adversaire" avec lequel ils signent leurs plus beaux
exploits.
Car, si leur création propre revient bien à Clyde Geronimi, il faut chercher du
côté de Jack Hannah pour trouver celui qui établit leurs apparences pérennes.
Cherchant des personnages suffisamment solides pour donner la réplique au très
colérique Donald, il voit, il est vrai, en ses deux gloutons (dont le seul but
est d'entasser toujours plus de noisettes !), des adversaires idéaux. Ainsi, à
l'origine, ces petits écureuils sont parfaitement identiques et émettent juste
des sons produits par une voix techniquement accélérée. Jack Hannah, prenant
alors vite la mesure du potentiel du duo formé, prône puis obtient de développer
la personnalité des deux compères, indépendamment l'une de l'autre. Il leur
accorde également la capacité de parler, toujours en accélérant leur voix mais
de façon à ce qu'ils soient compréhensibles ; Jim Macdonald et Dessie Flynn
assumant dès lors leur doublage... Arrivé à ce stade de développement, Jack
Hannah ressent encore un manque. Bill Peet lui apporte la solution en suggérant
qu'une des deux bestioles soit un peu plus gaffeuse que l'autre. A la différence
des neveux de Donald, qui ont tous le même caractère, Tic & Tac ont donc des
personnalités bien différentes. Si Tic (Chip) est le chef du duo, sérieux et
réfléchi tout en ayant beaucoup d'humour, Tac (Dale), lui, est le clown de
service, pas très futé. Cette différence de portrait est bien sûr prétexte à de
nombreux gags, tous plus succulents les uns que les autres...

Forts du succès qu'ils rencontrent, Tic & Tac accèdent finalement à leur
propre minisérie composée, toutefois, de seulement trois cartoons : Drôles de Poussin
en 1951, Tic & Tac Séducteurs en 1952 et
Tic & Tac au Far-West en 1954.
Tic & Tac au Far-West est ainsi le troisième et dernier cartoon de
la série des Tic & Tac. Il est assurément le plus décevant de la
collection. Même si le capital-sympathie des deux compères y fonctionnent
toujours, sa dynamique est, en revanche, fortement gênée par un parti-pris
scénaristique contre-productif. Dans cette aventure au Far-West, Tic & Tac ne
jouent, en effet, plus aux empêcheurs de tourner en rond, un rôle pourtant
plébiscité par le public. Ils ne sont ainsi ni le Némésis de Pluto ou de Donald,
ni le cauchemar d'un coq et encore moins les amoureux transis d'une belle
écureuil. Ici, ils deviennent curieusement des héros redresseurs de tord, une
posture qui ne leur sied alors pas vraiment. Pour preuve, ils affrontent dans ce
cartoon, pour l'unique fois de leur carrière, le tout premier Vilain de
l'histoire de Disney, Pat Hibulaire.

Malgré son thème mal choisi, Tic & Tac au Far-West n'est, pour
autant, pas déplaisant à suivre. Les gags qu'il distille font, il est vrai,
mouche, dépassant, dans leur finalité - et de loin - ceux déjà commis
précédemment par les deux écureuils envers Donald par exemple. Les bestioles
vont ainsi jusqu'à retourner un doigt du méchant ou remplacer son tabac par de
la poudre de révolver !
Cartoon somme toute de facture moyenne, Tic & Tac au Far-West ne
laisse pas un souvenir impérissable. A voir par souci d'exhaustivité.