Le court-métrage, C'est la Faute de la Samba, est à l'origine partie
intégrante du long-métrage d'animation,
Mélodie Cocktail, sorti le 27 mai 1948.

Sa conception remonte, en fait, à 1941, année pendant laquelle les artistes
Disney, formant El Grupo, se rendent en
Amérique du Sud pour mieux s’imprégner du continent et imaginer des œuvres avec
la matière alors récoltée. Ainsi, à l'origine, ils envisagent de réunir toutes
les idées retenus dans une trilogie dont chacun des opus serait constitué de
quatre cartoons reliés entre eux par des séquences "live" délivrant des
informations sur les pays visités. Le premier film à voir le jour dans ce cadre
est ainsi Saludos
Amigos. Le second s’éloigne lui du concept qui lasse Walt Disney. Jugeant le
format retenu trop étriqué, le Maître accorde, en effet, plus de libertés à ses
animateurs, les invitant à le surprendre. La démarche prend des airs d’aubaine
et permet l’aboutissement d’un nouveau chef d'œuvre : Les Trois
Caballeros. Le troisième film de la « série » est, lui, imaginé, un temps,
sous le titre de Carnival : il reprend le format du premier opus,
contenant pas moins de quatre séquences axées, respectivement, sur Cuba, la
Colombie, le Mexique et le Brésil. La seule survivant finalement au projet sera
la brésilienne : rien d'étonnant à cela dans la mesure où le pays est le premier
visité par El Grupo et sur lequel il a
ramené le plus d'informations et de documents.

C'est la Faute de la Samba reprend, à la fois, les codes de Saludos
Amigos (en particulier ceux de la séquence d’Aquarela
do Brasil) et la folie visuelle des
(Les) Trois Caballeros avec beaucoup de dessins suggestifs soulignant
l’atmosphère et la musique. L’utilisation de notes de musiques de façon
abstraite et du plongeon dans le verre met ainsi bien en exergue, l’ivresse (due
à la danse et l’alcool) sans que jamais (joli tour de force) aucun intervenant
ne soit pris en train de s’enivrer...
Le cartoon reprend également la marque de fabrique des
(Les) Trois Caballeros : un
mélange réussi de toons et d'acteurs aux premiers rangs desquels se trouve
l'actrice Ethel Smith qui joue pour l’occasion du piano. Ethel Smith est, en
effet, une organiste américaine qui s’est fait connaître de Walt Disney au
Casino de Copacabana, où elle remplaçait Eddy Duchin et son orchestre lors du
passage d’El Grupo à Rio de Janeiro. Sous
le charme de la belle, le papa de Mickey lui propose bien vite de participer à
l’un de ses films latino-américains. Des problèmes de plannings l’empêchent dans
un premier temps de donner une suite favorable à la proposition ; le projet de
collaboration se concrétisant finalement pour
Mélodie Cocktail...

Coté musique, la chanson de la séquence C’est la Faute de La Samba est
due à l’origine au compositeur brésilien, Ernesto Nazareth qui la signe sous le
titre Apanhei-te, Cavaquinho. Walt Disney en acquiert les droits et en
confie l’adaptation anglaise à Ray Gilbert. Devenu Blame it on the samba,
l’air est alors interprétée par les Dinning Sisters tandis qu’Ethel Smith en
joue une version instrumentale à l’orgue.
C’est la Faute de La Samba est aussi l’occasion de célébrer les
retrouvailles de Donald et José Carioca, dans une relation proche de leur
première rencontre (amis et bienveillants l’un vis-à-vis de l’autre) : oublié,
en effet, le temps des
(Les) Trois Caballeros où le
perroquet brésilien avait tendance à taquiner le canard américain...

Donald retrouve d’ailleurs une autre connaissance rencontrée, elle, pour la
toute première fois dans Les Trois
Caballeros : l’Aracuan. Ce drôle de spécimen d'oiseau d'Amérique du Sud est
un étrange volatile, vêtu d'une tenue rappelant un maillot de bain occidental du
début du 20ème siècle, totalement déjanté, particulièrement envahissant et
prompt à apparaitre aux quatre coins de l'écran, sans contrainte d'espace, de
sens ou de logique. (Donald le retrouvera une nouvelle fois dans un cartoon de
1947, Le Clown de la
Jungle). Les relations entre le canard et l’oiseau changent de nature à
chaque rencontre : dans Les Trois
Caballeros, ils n’interagissent pas ensemble ; dans le Clown de la Jungle,
le premier embête le second ; dans C'est la Faute de la Samba, l’Aracuan
est dans de meilleurs dispositions vis-à-vis de Donald puisqu'il entreprend de
lui rendre sa bonne humeur...
C'est la Faute de la Samba présente enfin la particularité de
constituer la dernière apparition au cinéma de José Carioca et de l’Aracuan.
Le premier donnera toutefois rapidement de ses nouvelles, sur le petit écran
cette fois-ci, dans l’émissions
d’anthologie Walt Disney Presents pour l'épisode Two Happy Amigos
puis celle intitulée Walt Disney's Wonderful World of Color pour
l'épisode Carnival Time, diffusés respectivement les 5 février 1960 et 4
mars 1962. Les deux personnages apparaitront de nouveau - mais bien plus tard -
au cours des années 1990/2000, dans les séries Mickey Mania
et Disney’s Tous en Boite.

Jolie pépite, C'est la Faute de la Samba (Blame it on the Samba)
renoue avec la folie visuelle et communicative des
(Les) Trois Caballeros, mettant à
l’honneur trois de ses personnages emblématiques, Donald, José Carioca et l'Aracuan.
Un divertissement rythmé et coloré, assuré !