Le Chariot à Voile
L'écran titre
Titre original :
The Saga of Windwagon Smith
Production :
Walt Disney Animation Studios
Date de sortie USA :
Le 16 mars 1961
Série :
Genre :
Animation 2D
Réalisation :
Charles Nichols
Musique :
Durée :
13 minutes

Le synopsis

Le capitaine Windwagon Smith présente au Maire d’une petite ville du Kansas sa nouvelle invention, un chariot à voile se conduisant comme un bateau dans les océans de verdure de l'état...

La critique

rédigée par
★★
Publiée le 12 août 2015

Le Chariot à Voile marque avec Donald et l’Écologie, Donald et la Roue ou Dingo Fait de la Natation la fin d'une époque : celle des courts-métrages Disney pour le cinéma. Si les studios Disney continueront à faire des sujets courts en animation, ce sera désormais toujours dans la forme de moyen-métrage avec une durée dépassant au moins 15 minutes. Il faut dire que la production de cartoons avait déjà fortement diminué à partir de 1953 pour quasiment se voir stoppée dès 1962 ; le format n'étant plus rentable ni populaire auprès des exploitants de cinéma.

Charles Nichols se charge de la réalisation du court-métrage qui constitue d’ailleurs son dernier projet au sein des studios Disney avant sa démission. Il est surtout connu pour avoir pris en charge, à partir de la moitié des années 1940, le personnage de Pluto dont il signe au final la quasi totalité des cartoons.
Charles August Nichols est donc né en septembre 1910 à Milford dans l'Utah. Il entre aux studios Disney en 1935 comme animateur sur des courts-métrages puis travaille sur des longs-métrages comme Pinocchio (1940) et de nombreux autres projets, cartoons ou films, dont Morris, le Petit Élan, Les Instruments de Musique et Le Chariot à Voile. Il quitte Mickey en 1962 pour rejoindre Hanna-Barbera où il participe aux épisodes des séries Les Jetsons, Les Pierrafeu, Hong Kong Fou Fou ou Scooby-Doo. Avec Iwao Takamoto, il coréalise également le long-métrage d'animation Le Petit Monde de Charlotte en 1973. Dans les années 80, avec d’autres transfuges d'Hanna Barbera, il rejoint Ruby-Spears Productions où il s’attèle notamment sur les séries animées Alvin et les Chipmunks et Police Academy. Au début des années 90 et avant sa mort intervenue en 1992, il revient chez Disney pour prendre en charge les séries Myster Mask, Bonkers et La Bande à Dingo.

Ce n'est pas la première fois que le studio au château enchanté s'attaque aux légendes du folklore américain. Que cela soit en animation (Pecos Bill, Johnny Pépin de Pomme, Mighty Casey, Paul Bunyan et même Benjamin Franklin) ou en "live" (Davy Crockett, Texas John Slaughter, Daniel Boone...), Walt Disney, a, en effet, lui-même initié ces productions, fruits d'une passion qu'il entretenait pour les histoires aux relents patriotiques évidents. Le Maître décédé, il faut alors attendre 1995 pour voir sa signature revenir sur le terrain des légendes américaines, abordées dans un film "live", Les Légendes de l'Ouest où le spectateur retrouve des héros comme Pecos Bill ou Paul Bunyan.

Le Chariot à Voile se base, lui, sur une légende de l'Ouest Américain dite de Windwagon Smith. En 1853, pendant la conquête de l'Ouest, un incident eut, en effet, lieu à Wesport, une ville à la frontière du Missouri et du Kansas. Un ancien capitaine de navire arrive dans la bourgade avec un chariot qui, au lieu d’être mu par des animaux de traits, utilise la force du vent grâce à des voiles et un gouvernail. Une variante de l’histoire explique que le même aurait plutôt construit le chariot à Wesport puis aurait organisé un voyage inaugural avec les notables de la ville qui auraient tous sautés en marche, ne supportant plus le mal de mer. L'adaptation de Disney, elle, ne s’embête pas et reprend les deux versions pour les combiner. Elle rajoute une fin dramatique où Smith est emporté par un cyclone avec sa bien-aimée, la fille du maire de Wesport.

Techniquement, Le Chariot à Voile reprend une animation extrêmement minimaliste que les studios Disney avait beaucoup expérimentée dans les années 50 avec des cartoons comme Adventures in Music : Melody ou Les Instruments de Musique. Elle est, en fait, en adéquation avec la mode de l'époque. L'animation spartiate s'est, en effet, popularisée durant les années 50 via des studios aux moyens limités. Ainsi, et par exemple, pour palier à son manque de financement, UPA (Mr. Magoo) utilise pour les célèbres aventures de son Mr. Magoo des personnages stylisés aux traits minimalistes... Si les studios Disney, n’ont, eux, pas ces soucis-là, ils se font reprocher par l'intelligentsia et les critiques de ne pas faire évoluer leur style et de rester avec une animation vieillotte, trop parfaite. Ils se décident, alors, afin de démontrer qu’ils maitrisent toutes les formes de l’animation, y compris les plus simples, à en explorer les contours.

Enfin, les fans remarqueront une apparition furtive de Jasper et Horace, les voleurs de chiots des (Les) 101 Dalmatiens. Ils réapparaissent ainsi sur grand écran, quelques mois après, dans le Grand Classique Disney de Pongo et Perdita.

Cartoon sympathique, Le Chariot à Voile ne marque pourtant pas les esprits. Il faut dire qu’il n’est pas transcendant, ni dans son histoire, déjà vue, ni dans sa construction, trop classique, et encore moins dans sa technique d’animation, trop minimaliste. Et quand en plus, les personnages ne sont pas particulièrement attachants, l’envie de passer son chemin devient toute légitime.

L'équipe du film

1914 • 1983
Compositeur
1925 • 2015
Décors
1901 • 1966
Producteur

L'édition vidéo

Le court-métrage est sorti, en DVD Zone 1, dans le volume Les Raretés de Disney de la collection des Walt Disney Treasures.

Il est également disponible en DVD Zone 1 et DVD Zone 2 dans la compilation Walt Disney Collection Animation : Les Intemporels - Le Lièvre et la Tortue.