Le moyen-métrage, La Mare aux Grenouilles, qui est à l'origine partie
intégrante du long-métrage d'animation sorti le 5 octobre 1949,
Le Crapaud et le Maître d'École,
a d'abord diffusé été en Angleterre, en 1967, sous le titre Wind in the
Willows avant de débarquer, quelques douze années plus tard (le 25 décembre
1975 exactement), sur les écrans américains en tant que The Madcap Adventures
of Mr. Toad. Il fut également proposé, en septembre 1980, en 16mm, sous le titre The Adventures of J. Thaddeus Toad.

La Mare aux Grenouilles est une adaptation du classique de la
littérature anglaise, Le Vent dans les Saules. Tiré du roman de Kenneth
Grahame, un auteur écossais né à Edimbourg en 1859, elle est publiée, avec bien
des réticences, par un éditeur anglais en 1908. La genèse du récit se retrouve
en fait dans de petites histoires que l'écrivain lui-même racontait à son fils,
alors enfant, le soir avant de se coucher. A sa sortie, le livre ne rencontre
pas - et bizarrement - un grand succès. De nombreuses années se sont ainsi
écoulées avant que Rat, Mole, Badger et Toad (Rat, Taupe, Blaireau et Crapaud)
ne deviennent des incontournables de la littérature classique anglaise...

Walt Disney, pour sa part, ne se fait pas prier pour en acquérir les droits
pour le cinéma. Il a produit, en effet, dès 1941, un autre conte de Kenneth
Grahame, The Reluctant Dragon, pour son film
Le Dragon Récalcitrant. La Mare
aux Grenouilles est donc sa deuxième adaptation d'une œuvre de l'auteur
anglais.
Elle reprend d'ailleurs un style de narration chère au papa de Mickey ; le
récit, fidèle en tous points au roman, étant raconté en voix-off par Basil
Rathbone. La technique d'animation retenue contribue, quant à elle, grandement à
la qualité de l’opus. De nombreuses audaces graphiques sont, il est vrai, prises
; la scène de la prison étant ainsi, à elle-seule, un parfait exemple de
l'ambition placée dans le film.
Les personnages, aux caractères bien trempés, sont, pour leur part, parfaitement
restitués à l’écran. Le spectateur s'attache alors, sans mal, à Crapaud Baron
Têtard et ses passions dévorantes, Monsieur Rat et sa droiture inflexible,
Monsieur Taupe et sa gentillesse absolue ou encore Mac Blaireau et sa constante
prévenance.
L'unique chanson Nous Galopons, Galopons, Galopons retranscrit, enfin,
quant à elle, avec justesse, l'ambiance du roman, en agrémentant le récit d'une
ritournelle aussi entraînante que fort bien écrite.
Alliant malice, folie, action et émotion, La Mare aux Grenouilles est
un moyen-métrage d'une très grande qualité, assurément agréable à suivre.