A l’occasion de la sortie du DVD Collector en 2004 de
Mary Poppins, il est décidé de
réaliser un court-métrage pour fêter dignement les 40 ans du chef d’œuvre de
Walt Disney. The Cat That Looked At A King reprend ainsi une histoire du
troisième livre narrant les aventures de Mary Poppins, Mary Poppins Opens the
Door. Sa production se voit alors confiée à DisneyToon Studios tandis
que son animation est prise en charge par un studio japonais, The Answer
Studio. Ce dernier est d'ailleurs composé par une majorité d’anciens
employés de Walt Disney Animation (Japon). Cette structure, connue pour
avoir livré notamment 101
Dalmatiens 2 : Sur la Trace des Héros,
Les Aventures de Tigrou,
Les Aventures de Porcinet ou
Winnie l'Ourson et l'Efélant, est
fermée en 2004 par Burbank. Motoyoshi Tokunaga, soucieux de ne pas laisser perdre
un tel savoir-faire, s'affaire immédiatement à récupérer la majeure partie de ce
petit monde pour monter The Answer Studio. Il bénéficie au passage du
soutien de Disney qui, en lui confiant la réalisation de The Cat That Looked
At A King, lui offre son tout premier contrat donnant à 20 artistes
l'opportunité de travailler sur le cartoon durant trois mois.

Le court-métrage est, comme son ainé, un mélange de « live » et d'animation.
Julie Andrews y revient dans une période voulue contemporaine, habillée selon
une mode qui s'imagine du vingtième-et-unième siècle. Elle emmène ainsi deux
petits enfants rejoindre, dans un tableau peint à la craie, une chatte qui a eu
l'idée saugrenue de s'immerger dedans. Ils s'invitent donc dans un monde animé
où un roi s'obstine à apparaitre comme le plus intelligent de son royaume. La
chatte s'amuse alors à le défier dans un quizz, histoire de tester sa sagesse et
met dans la balance, en guise de gain, pas moins que la couronne.
The Cat That Looked At A King affiche une animation 2D d’une qualité
perfectible même si son style angulaire et le design des toons sont plutôt
sympathiques et charmeurs. Les personnages sont d'ailleurs véritablement
attachants, plus encore en V.O. où certains d'entre-eux bénéficient de la
participation vocale de Tracey Ullman (la chatte), David Ogden Stiers (le roi)
et Sarah Ferguson, la duchesse d’York (la reine).

La question existentielle qui s'impose bien vite au visionnage du
court-métrage consiste à savoir si, tiré d’un livre de Mary Poppins, il peut
revendiquer le rang de suite au long-métrage de Walt Disney. Rien n’est en fait
révélé explicitement aux spectateurs ; chacun devant se faire sa propre opinion.
L'argument "contre" principal réside dans le choix de l'époque contemporaine
pour dérouler l'histoire. Un siècle s'est, en effet, écoulé depuis le film de
référence. Pourtant, il peut vite être démonté par le statut de magicienne Mary
Poppins qui a la capacité de se jouer du temps... D'ailleurs, des éléments
troublants renforce le sentiment de suite. Déjà, le début du film s'enorgueillit
d'une reprise de Nourrir les P'tits Oiseaux tout comme la fin avec
Quelle Jolie Promenade Avec Mary. Ensuite, le personnage de Julie Andrews
fait de nombreux clins d’œil à celui de Mary Poppins reprenant les mêmes tics de
langage, déclamant les même phrases ou narrant une anecdote de pingouins qui
dansent. Enfin, l’ombre de sa tête, à la fin du cartoon, reprend exactement la
forme de celle qu’avait le personnage de Mary Poppins avec son chapeau, sur un
des tableaux de Bert ; l'hommage est d'autant plus appuyé que Julie Andrews ne
porte justement aucune coiffe ! De là à penser que quelque soit l'époque, Julie
Andrews incarne et incarnera toujours Mary Poppins…

Cartoon bien sympathique, marquant le tendre retour de Julie Andrews dans
un dessin animé, The Cat That Looked At A King a de quoi charmer le plus
grand nombre...