Super Rhino réunit tous les personnages du long-métrage
Volt, Star Malgré Lui dans une
situation et un format - le court-métrage - inédits. Disney reprend là un
procédé cher à son petit frère Pixar. Depuis Montres &
Compagnie, le studio à la lampe de bureau a, en effet, pris l'habitude de
proposer, en bonus de l'édition vidéo de ses films, une histoire courte mettant
en scène tout le casting précédent. Cette politique a plusieurs avantages. Elle
ravit, d'abord, les fans, en leur offrant des sessions supplémentaires avec
leurs personnages favoris, le plus souvent dans des séquences finalement non
retenues dans le long-métrage initial. Ensuite, elle permet à de jeunes artistes
de se faire la main sur des projets moins exposés qu'un film de cinéma. (Pour
Super Rhino, c'est ainsi Nathan Greno qui s'atèle à la tâche). Enfin, elle
propose, sans vraiment l'avouer, des suites (certes au format ultra-court) dont
la réalisation est moins onéreuse car effectuée dans le sillage immédiat de
celle de l'œuvre principale. Les outils de production sont, de la sorte, à
disposition, la mémoire sur les personnages, totalement fraiche et le
financement suffisant puisque pris sur le budget principal. La qualité ne
souffre donc pas de difficulté tandis que la suite est appréhendée comme un
exercice artistique plutôt qu'une recherche de profit facile.
Disney, jusqu'à
Volt, Star Malgré Lui, avait choisi une
autre voie : la séquelle en long-métrage sortant directement en vidéo. Bien plus
lucrative qu'un simple court-métrage, elle présentait toutefois l'énorme
inconvénient d'être perfectible qualitativement et d'entacher ainsi durablement
la perception que le public se faisait de la signature Disney. Le rachat de
Pixar par la Walt Disney Company a fort heureusement changé la donne : l'arrivée
de John Lasseter à la tête de sa division Animation mettant un terme définitif à
cette pratique honteuse et suicidaire sur le long terme.

Super Rhino, comme son titre le laisse penser, fait la part belle à
Rhino, le personnage du film plébiscité par le public américain au contraire,
d'ailleurs, des spectateurs européens qui lui préfèrent, eux, la cynique et
désillusionnée Mitaine. Le hamster coach-potatoes se retrouve donc des
situations rocambolesques. Les deux premiers tiers du court-métrage le place
ainsi dans une exagération de la série télé mise en vedette dans
Volt, Star Malgré Lui avec une belle
dose d'action tandis que le dernier tiers joue la carte de la parodie avec un
jolie clin d'œil à Miley Cyrus, partie prenante au casting vocal du long-métrage
originel. Singeant la chanson titre d'Hannah
Montana - la série, il offre, en effet, une prestation drôlissime.
Super Rhino est une agréable (mais trop courte) occasion de retrouver
des personnages terriblement attachants. Les fans y auront en plus la
satisfaction de voir Disney revenir à la production de courts-métrages, oubliant
par la même celle des suites à deux sous...