La Ballade de Nessie est un cartoon dont la teneur n’est pas sans
rappeler celles des productions des studios Disney des années 40 et 50. Il a été
réalisé par Stevie Wermers-Skelton et Kevin Deters, l’équipe lauréate de
plusieurs Emmy® Awards pour Lutins d'Élites, Mission Noël
mais également créatrice de sa suite Lutins d'Élites, Opération : Père
Noël et, avant le tout, du retour de Dingo au cinéma dans un cartoon avec Comment Brancher son
Home Cinéma.

L’idée de Stevie Wermers-Skelton de réaliser un court-métrage centré sur
Nessie (le monstre du Loch Ness) remonte, en fait, aux années 90, alors même
qu’elle est encore étudiante à l’Institut Artistique de Californie ; son projet
aboutissant donc quelques vingt ans plus tard grâce au soutien de John Lasseter
et Ed Catmull, respectivement Directeur Artistique et Président de Walt Disney
et Pixar Animation Studios.
La Ballade de Nessie s’inscrit à l’évidence dans la plus pure tradition
des contes animés de Disney et en particulier ceux illustrés par Mary Blair tels
que
Johnny Pépin-de-Pomme ou
La Petite Maison. Il possède également l’humour de certains autres de ses
courts-métrages très populaires comme
Lambert, le Lion Bélant et Morris, le Petit Élan.
Enfin, et toujours dans la volonté de rendre hommage à l’artiste mythique des
studios de Mickey, les réalisateurs imaginent ici des décors s'inscrivant le
plus près possible de ses illustrations ; les collines et autres vallonnement du
paysage conservant, par exemple, des tons écossais aux rayures emblématiques de
la mode vestimentaire du pays.
A dire vrai, les fées semblent s’être définitivement penchées sur le berceau
de La Ballade de Nessie ! Ainsi, sa bande originale est confiée à Michael
Giacchino (Ratatouille,
Là-Haut) tandis que l’animation du
dragon est supervisée par une équipe de cinq animateurs de grande renommée :
Andreas Deja, Mark Henn, Randy Haycock, Dale Baer et Ruben A. Aquino. La
narration du film n’échappe pas plus (et heureusement) à l’aura de grande
qualité qui se dégage de l’ensemble ; le comédien écossais Billy Connolly
faisant, il est vrai, des merveilles. Fort de tout cela, le spectateur se
retrouve devant un excellent cartoon au personnage principal bluffant. Nessie,
qui ne prononce pas un seul mot, développe, en effet, un capital-sympathie
immense venu de son goût de la mimique et de la pantomime, encouragé, aussi bien
par le narrateur que les autres protagonistes, donneurs de conseils en tous
genres et pas toujours avisés...

La Ballade de Nessie n’est pas la première œuvre de Disney à mettre en
scène un gentil dragon.
Le Dragon Récalcitrant est bien sûr
dans toutes les mémoires tandis que le monstre du Loch Ness, lui-même, est à
l’affiche d’un moyen-métrage mélangeant "Live" et animation, L'Homme, le Monstre et les
Mystères. Si dans les deux cas (et contrairement à la Ballade de Nessie),
le personnage du dragon est masculin, les deux adaptations sont radicalement
différentes. Tirée des écrits de Kenneth Grahame, la première joue, en effet, la
carte du cynisme tandis que la seconde est clairement un court-métrage éducatif
; le personnage de Nessie y étant ainsi présent pour donner une touche animée à
un simple exposé sur le Monstre du Loch Ness. La Ballade de Nessie joue,
lui, dans un tout autre registre. Le cartoon livre une histoire charmante avec
une morale purement disneyenne destinée à apprendre aux tout-petits à ne pas
contenir leurs émotions. Rien de surprenant dès lors à le voir attaché au
long-métrage
Winnie l'Ourson ! Mieux encore
: Disney, en proposant comme dans le temps au cinéma, un cartoon en animation
2D, en première partie d'un Grand Classique, offre aux spectateurs adultes qui
accompagnent les bambins, une bouffée nostalgique très appréciable...
La Ballade de Nessie est un charmant cartoon clairement destiné aux
tout-petits mais dont l'aspect "ancienne école" touche assurément les parents.