Tokyo Martin

Cars Toon - Tokyo Martin
L'affiche
Titre original :
Cars Toon – Tokyo Mater
Production :
Pixar Animation Studios
Date de sortie USA :
Le 12 décembre 2008
Genre :
Animation 3D
Disney Digital 3-D
Réalisation :
John Lasseter
Rob Gibbs
Victor Navone
Musique :
BT
Durée :
7 minutes

Le synopsis

Dans sa vie passée, Martin a affronté la pègre japonaise dans une course à Tokyo...

La critique

rédigée par
★★

Cars - Quatre Roues a décidément un parcours atypique dans le catalogue de Pixar. Malgré sa grande qualité, les critiques du monde entier se sont, en effet, montrées, à l'époque de sa sortie, plus que réservées à son égard tandis que le public, en dehors des Etats-Unis, l'a carrément boudé. La France, par exemple, l'a accueilli froidement lui offrant le rang peu glorieux de premier flop au box-office d'un film pixarien. Commençant sa carrière sous de mauvais auspices, il se rattrape toutefois par la suite. Déjà, Ratatouille ou WALL•E ont fait pire que lui sur le sol américain au regard de leurs recettes en salles. Ensuite, il remporte, auprès des critiques étrangères de Los Angeles, le prestigieux Golden Globe du meilleur film d'animation. Enfin, son édition DVD s'arrache en 2006 décrochant le titre de meilleure vente de l'année pour un long-métrage animé.
Et que dire du marchandisage autour de Cars - Quatre Roues ! Flash McQueen et ses amis de Radiator Spring sont, en deux temps, trois mouvements, devenus l'une des franchises les plus rentables des studios Disney. Aucun secteur (jouets, livres, jeux vidéos, habillement, accessoires...) n'échappe à l'engouement qu'ils suscitent, générant au passage plus de 5 milliards de dollars de recettes pour l'Oncle Picsou.

Face à cette déferlante à retardement, la Walt Disney Company ne pouvait rester inerte. L'occasion est, en effet, trop belle pour elle qui s'efforce, avec par exemple La Fée Clochette,de créer le même phénomène. Et quoi de mieux pour soutenir les ventes que de maintenir les personnages sur le devant de la scène ? La synergie du groupe Disney se met alors en marche...

Déjà, la division des Parcs à thèmes fait son œuvre. Outre la présence des personnages dans les différents resorts du monde entier, des attractions dédiées à Cars - Quatre Roues sont lancées. Les Walt Disney Studios à Paris inaugurent en 2008 une attraction à destination des plus jeunes, Cars Race Rally tandis que Disney's California Adventure à Anaheim programme pour 2012 un land entièrement dédié au film de John Lasseter regroupant pas moins de trois nouvelles attractions dont une E.Ticket. Ensuite, la division cinéma prend le relai et prépare pour le 24 juin 2011 une suite du film de référence pour les salles obscures.

Enfin, la division télévision ferme le rang en offrant aux personnages la possibilité de débouler sur le petit écran. Une mini série télé - plus exactement trois petits courts-métrages sur le même thème - débarque conjointement sur Disney Channel, Toon Disney et ABC Family aux USA et sur Disney Channel et Disney Cinemagic en France. Les épisodes prennent l'apparence de petits intermèdes de 2 à 3 minutes dans lesquels Martin raconte à Flash McQueen une fable sur sa vie passée.

La qualité technique des courts-métrages n'a rien à envier à celle du film de référence. Coréalisés par John Lasseter lui-même (qui revient pour l'occasion à la réalisation après être devenu, entre temps, le patron des studios d'animation de la Walt Disney Company), les épisodes bénéficient, en effet, de vrais moyens ; la restriction budgétaire se sentant uniquement au niveau de la durée des opus, extrêmement courte.

Dans la série des Cars Toon, Tokyo Martin crée assurément la surprise. Déjà, il n’est pas annoncé ; la collection devant se limiter à seulement trois opus (Martin à la Rescousse, Martin Le Grand et El Martindor). Ensuite, il déboule au cinéma alors que ses alter-égo se contentent eux du petit écran. Enfin, il est proposé systématiquement en 3-D inaugurant chez Pixar la technologie de la 3 Dimension. A y regarder de plus prés, cette diffusion n’est qu’un joli coup marketing. A l’origine, en effet, c’est le cartoon Disney, Glago’s Guest, qui se devait être proposé en avant-programme de Volt, Star Malgré Lui. Toutefois, sous prétexte que son thème était bien trop éloigné du long-métrage auquel il était associé, et en dépit du fait qu’il partageait avec lui le même réalisateur, sa diffusion grand public est purement et simplement annulée. Volt, Star Malgré Lui débarque donc dans les cinémas sans aucun court-métrage animé le précédant. Trois semaines après sa sortie, ses résultats n’étant pas à la hauteur des espérances du studio, il est décidé de renforcer son attraction par l’adjonction d’un avant-programme de renom à chaque séance : Cars Toon – Tokyo Martin.

Rien d’anormal dans ces conditions à voir Tokyo Martin détonner par rapport aux autres cartoons de la série. Ainsi, il dure trois fois plus longtemps que ses petits-frères de la télévision avec environ 7 minutes ; en fait, le temps d’un cartoon normal ! L’histoire dispose donc de plus de temps pour s’installer. Sauf que... Elle n’a pas vraiment les ressources pour convaincre, même si, ça et là, quelques bonnes idées transparaissent à l’image de la caricature des voitures japonaises, dont les yeux héritent des mouvements à la japanime.
Au final, Tokyo Martin a de quoi inquiéter sérieusement les fans : si la suite de Cars - Quatre Roues, dont le récit se base lui aussi à l’international, est du même acabit, (une bonne réalisation sans imagination) et continuer d’obéir aux mêmes objectifs mercantiles de la collection Cars Toon (soutenir une franchise lucrative), il annonce potentiellement la première fausse note de Pixar, jusqu'ici irréprochable dans ses intentions...

L'édition vidéo

Le cartoon est disponible en DVD Zone 1 et en DVD Zone 2 dans la compilation Cars Toon : Martin se la Raconte.