George et A.J. réunit tous les personnages du long-métrage
Là-Haut dans une situation et un
format - le court-métrage - inédits. Depuis Montres
& Cie, Pixar a, en effet, pris l'habitude de proposer, en bonus de l'édition
vidéo de ses films, une histoire courte mettant en scène tout le casting
précédent. Cette politique a plusieurs avantages. Elle ravit, d'abord, les fans,
en leur offrant des sessions supplémentaires avec leurs personnages favoris, le
plus souvent dans des séquences finalement non retenues dans le long-métrage
initial. Ensuite, elle permet à de jeunes artistes de se faire la main sur des
projets moins exposés qu'un film de cinéma. (Pour George et A.J., c'est
ainsi Josh Cooley qui s'atèle à la tâche). Enfin, elle propose, sans vraiment
l'avouer, des suites (certes au format ultra-court) dont la réalisation est
moins onéreuse car effectuée dans le sillage immédiat de celle de l'œuvre de
référence. Les outils de production sont, de la sorte, à disposition, la mémoire
sur les personnages, totalement fraiche et le financement suffisant puisque pris
sur le budget principal. La qualité ne souffre donc pas de difficultés tandis
que la suite est appréhendée comme un exercice artistique plutôt qu'une
recherche de profits faciles.

Dans ce schéma, George et A.J. apparait pourtant comme un cas
particulier. N'étant pas, comme ses prédécesseurs, proposé dans l'édition DVD de
son film principal - qui lui a préféré Doug en Mission Spéciale - il a,
en effet, un cursus atypique. Ainsi, il a d'abord été disponible uniquement en
téléchargement via iTunes USA à la condition expresse de posséder le DVD ou Blu-Ray
de Là-Haut. Quelques jours après,
cédant à la pression des fans, il est apparu sur la page Facebook de Pixar puis
est devenu facilement consultable sur Youtube.
Le mode de diffusion n'est d'ailleurs pas sa seule particularité. Le cartoon se
démarque également par le style de son animation ; point de 3D comme il est
d'usage chez le studio de Luxo Jr, mais une 2D volontairement approximative à la
manière d'un story-board animé.

Coté scénario, George et A.J., outre l'intérêt sympathique de proposer le
récit de
Là-Haut via le prisme de deux de ses
personnages secondaires, présente l'avantage tactique de faire taire une
critique récurrente émise contre une des scènes de son film de référence.
"Comment diable Russel a-t-il pu se retrouver sur le palier de la maison alors
même qu'au moment précis où elle décolle, il ne s'y trouve pas ?" La réponse est
clairement exposée dans le cartoon : l'ado est, en fait, accroché sous la maison
; un détail important qui fait défaut au long-métrage...
Offrant habilement à Pixar l'occasion de faire son mea-culpa sur une erreur
d'approximation scénaristique, tout en assurant une opération marketing à peine
déguisée pour un produit de son premier actionnaire (Tiens donc ?!), George
et A.J. reste artistiquement un cartoon de bonne facture, délicieux à
suivre.