Pixar a pris l'heureuse habitude d'accompagner la sortie de ses
longs-métrages d'un cartoon de « mise en bouche » exclusif et totalement inédit. Toy Story 3
est ainsi l'occasion de présenter Jour Nuit une œuvre totalement
expérimentale, un genre somme toute peu habituel pour le studio de Luxo Jr.
Comme il est d'usage chez Pixar, Teddy Newton propose donc à John Lasseter
trois idées de scénario pour un court-métrage. L'idée de voir s'affronter le
jour et la nuit s'impose très vite d'elle-même tant elle éclipse, par son
immense potentiel, les deux autres. Le patron du studio suggère d'ailleurs de
faire jouer l'opposition 2D/3D pour mieux appuyer le propos. Teddy Newton en
prend bonne note et relève ce qui prend des airs de véritable défi. La tache
s'avère, en effet, délicate puisqu'elle consiste à pousser très loin
l'imbrication de deux techniques d'animation, naturellement antinomiques ; sans
compter qu'il faut en plus gérer de la 3-Dimension, histoire d'en rajouter dans
la difficulté.

Visuel de bout en bout, Jour Nuit est un véritable casse-tête quand il
s'agit d'en expliquer la trame. Deux personnages, humains dans leur silhouette
et dont les traits sont animés en 2D, s'affrontent en exposant, tour à tour,
leur vision de la vie quotidienne. Le premier la voit de jour, l'autre de nuit.
Disposant tout deux de caractères bien trempés, ils redoublent d'efforts pour
s'impressionner l'un l'autre, passant alors par tous les stades de l'émotion.
Leurs arguments, qui apparaissent dans le périmètre de leur corps respectif,
s'expriment ainsi non seulement en 3D, mais également en 3-Dimensions.
Jour Nuit est sans aucun doute techniquement irréprochable. Il pêche
en revanche par la faiblesse de l'aura qu'il dégage au point de gêner
l'engouement du spectateur à le suivre. Là où
Presto bluffe par son humour
et Passage Nuageux par sa
tendresse, Jour Nuit séduit certes, mais sans se rendre irrésistible. Les
personnages comme leurs prestations sont ainsi, aussitôt découverts, aussitôt
oubliés... Dommage !

Prouesse technique et trouvaille narrative admises et reconnues,
Jour Nuit affiche un bilan mitigé : il lui manque, en effet, l'étincelle de
génie qui fait la différence chez ses prédécesseurs du catalogue des cartoons
Pixar...
A noter :
Jour Nuit a été nominé pour l'Oscar 2011 du Meilleur Court-Métrage Animé.