Pixar a pris l'heureuse habitude d'accompagner la sortie de ses
longs-métrages d'un cartoon de « mise en bouche » exclusif et totalement inédit.
Rebelle est ainsi l'occasion de
présenter La Luna, qui a d’ailleurs eu droit à deux avant-premières en
France, un an avant la sortie du film, lors du Festival International du Film
d'Animation d'Annecy de 2011 mais également du Festival Paris Cinéma 2011 au
cours d'une Masterclass exceptionnelle organisée dans la capitale à l'occasion
des 25 ans du studio de Luxo Jr.

La Luna est signé d’Enrico Casarosa. L’artiste, rentré chez Pixar
en 2002, travaille d’abord sur l'histoire de Cars - Quatre Roues
puis de
Ratatouille et
Là-Haut avant de débuter la
réalisation de son premier court-métrage. Né à Gênes en Italie, il est
grandement influencé par les œuvres télévisuelles de Miyazaki (Conan, Fils du
Futur, Sherlock Holmes) diffusées sur le petit écran dans son
enfance. Une fois adulte, exilé à New-York pour y étudier l'animation, il
parvient très vite à décrocher un poste de storyboarder chez Walt Disney
Television Animation sur des séries de télévision de comme Les 101
Dalmatiens - La Série. Avant d’intégrer Pixar, il travaille quelques
temps chez Blue Sky Studios où il participe à L'Age de Glace et
Robots...

La Luna déborde d'inspirations et d'influences des studios Ghibli.
Ses deux personnages adultes semblent, en effet, tout droit échappés du (Le)
Château dans le Ciel ou Porco Rosso tandis que son thème repose sur
une poésie omniprésente. Cette impression est d’ailleurs renforcée par sa
musique, qui, si elle est plutôt d’obédience européenne, voire italienne,
apporte un délicieux sentiment de plénitude. En sept petites minutes, le
court-métrage émeut alors non seulement par la beauté extrême de ses images mais
aussi par les subtiles messages portés par son récit. Et c’est toute la
problématique du conflit de génération, du passage de flambeau du père au fils,
de la tentation de vouloir à tout crin formater l’autre, puis finalement du
voyage initiatique salvateur, qui se trouve posée de la plus belle des manières.
Les clins d'œil sont ainsi nombreux et particulièrement inspirés, telles
l'apparence des personnages en fonction de leur outils ou l'origine de la
luminosité de la Lune...
La Luna est un pur concentré de poésie : un histoire simple et pleine
de sens, comme Pixar sait les narrer !