Passionné
de flore et de faune, Walt Disney peut être considéré comme le pionner du
documentaire animalier. Dès 1948, il met, en effet, en chantier la
collection des True Life Adventures dont les courts et longs-métrages
seront multi-oscarisés. Cette série, inaugurée avec le mini-documentaire,
L'île aux
phoques, constitue d'ailleurs la première véritable incursion
de la Compagnie de Mickey dans la production de films "live". Elle comporte
un total de sept courts-métrages avant de s'ouvrir, en 1953, avec
Le désert vivant,
au format des longs-métrages qui devient, à partir de cette date, la norme
de production des True Life Adventures. Pour autant, Walt Disney
n'entend pas abandonner le genre des courts-métrages documentaires. Il crée,
en effet, dans la foulée, une nouvelle collection entièrement dédiée à ce
format qu'il baptise People and Places. Cette série s'axe
essentiellement sur les us et coutumes des populations à travers le monde.
Elle comprend dix-sept épisodes produits entre 1953 et 1960. Trois,
The Alaskan Eskimo
en 1953, Men Against the Arctic en 1955 et The Amas Girls en 1958, sont oscarisés.
Parallèlement, dès 1954 et jusqu'en 1984, les studios Disney mettent en
production des courts et moyens métrages dits "spéciaux", en ce sens qu'ils
n'appartiennent à aucune collection ou série, mais restent uniquement des
"one shot". La première moitié est ainsi constituée de moyens-métrages, dont
la durée est comprise entre 35 et 50 minutes et l'autre, de courts-métrages
inférieurs à 35 minutes.

Il existe donc un total de quinze courts-métrages spéciaux. Parmi eux,
quatorze ont été produits directement pour le cinéma et un seul a d'abord
été diffusé à la télévision pour, ensuite, avoir les honneurs des salles
obscures. La plupart remonte aux années cinquante. Mis en production du
vivant de Walt Disney, ils sont essentiellement des courts-métrages ayant
trait à la nature, soit en qualité de purs documentaires (Islands of the Sea, Nature's Strangest Creatures, Mysteries of the Deep,
Emperor Penguins ou
Grand Canyon),
soit dans le genre du docu-fiction (Arizona Sheepdog,
Cow Dog,
The Wetback Hound,
Niok, Alaskan Sled Dog, Fantasy on Skis ou Footloose Fox).
Le papa de Mickey cherche, en effet, bien vite à trouver un autre moyen de
raconter des histoires d'animaux que celui du strict format documentaire. Il
commence ainsi à expérimenter un type de récits scénarisés, d'abord via le
court-métrage pour ensuite utiliser le moyen-métrage (Tribulations de
deux oursons) et terminer finalement en
long-métrage (La légende de Lobo).
Les studios Disney s'attachent parallèlement à produire des courts-métrages
pour le cinéma dans le seul but de promouvoir leurs parcs à thème sur grand
écran, reprenant là, une méthode déjà utilisée avec succès en télévision. Gala Day at Disneyland fait donc la part
belle à trois nouvelles attractions du site californien tandis que The Magic of Walt Disney World
vente, lui, les atouts du nouveau
resort floridien.

Cow Dog est un court-métrage typique de
l'expérimentation des docu-fictions animaliers lancée dans les années 50 par
Walt Disney. Mêlant acteurs et animaux dressés au sein d'une histoire
scénarisée mais conservant tout de même une narration en voix-off, il pose,
en effet, les bases d'un genre nouveau dans les films animaliers. L'essai
est d'ailleurs tellement concluant qu'il ouvre sans mal la voie, dans les
années 60, au format des long-métrages, une fois la production des True
Life Adventures stoppée (La légende de Lobo
ou Nomades du
Nord). Cow Dog met ainsi en scène
des chiens dressés évoluant dans de beaux paysages californiens. S'il
apparait aujourd'hui désuet, il conserve tout de même un charme nostalgique
appréciable. Sa qualité, sanctionnée par une nomination à l'Oscar du
Meilleur court-métrage, résiste, à l'évidence, à l'épreuve du temps.
A noter :
Cow Dog est originairement présenté en première
partie de (Les) secrets de la vie.
En 1974, il est diffusé à la télévision dans l'émission
The Wonderful
World of Disney sous le titre,
Stub, the best Cowdog
in the west dans une version composée de la reprise
du court-métrage originel auquel est adjointe une suite, se déroulant
quelques 17 ans plus tard.