Passionné de flore et de faune, Walt Disney peut être considéré comme le
pionner du documentaire animalier. Dès 1948, il met, en effet, en chantier la
collection des True Life Adventures dont les courts et
longs-métrages seront multi-oscarisés. Cette série, inaugurée avec le
mini-documentaire,
L'Île aux
Phoques, constitue d'ailleurs la première véritable incursion de la
Compagnie de Mickey dans la production de films "live" . Elle comporte un total
de sept courts-métrages avant de s'ouvrir, en 1953, avec
Le Désert Vivant, au format des
longs-métrages qui constitue, à partir de cette date, la norme de production des True Life Adventures.

La série des True Life Adventures n'aurait, à
l'évidence, jamais atteint un tel niveau de qualité sans son narrateur, Winston
Hibler. S'il reste avant tout connu pour cette performance, il convient
néanmoins de ne pas le réduire à ce seul travail tant il a, à son actif, de
nombreuses autres belles réalisations pour Disney, durant sa longue carrière aux
studios de 1942 à 1976. Il commence ainsi à travailler sur les courts-métrages
de propagande pour se consacrer ensuite à sa première œuvre de divertissement.
Il écrit, en effet, l'histoire de
Johnny Appleseed, partie
intégrante de Mélodie Cocktail
sorti en 1948. Impressionné par le résultat obtenu, Walt Disney lui confit alors
les scénarios des films,
Le Crapaud et le
Maître d'École,
Cendrillon et Alice aux
Pays des Merveilles. Il écrit également des chansons pour
Peter Pan et La Belle
aux Bois Dormant. Parallèlement, en 1946, le papa de Mickey lui propose
d'être le narrateur de sa nouvelle série de documentaires, les True Life Adventures.
Il juge, en effet, sa voix, douce et pédagogue, parfaite pour le genre. Dès
lors, il prend en charge le récit de tous les épisodes de la série. Il se voit
également assigné la même tache pour la collection de documentaires de mœurs People and Places
dont il réalise, en outre, l'épisode Men Against the Artic,
couronné de l'Oscar du Meilleur Court-Métrage. Parmi ses autres travaux pour les
studios Disney, il signe de nombreux épisodes de Disneyland
dont Operation Undersea récompensé d'un Emmy Award. Il produit aussi des
longs-métrages d'acteurs tels
Calloway, le Trappeur ou
L'Île sur le Toit du Monde. Il est également
chargé de la production des quelques moyens-métrages de fiction mettant en
scènes des animaux comme The Hound That Thought He Was a Racoon ou Un Coyote se Rend à Hollywood.

Un Coyote se Rend à Hollywood est remarquable à plus d'un titre.
Il
reprend tout d'abord tous les codes des docu-fictions dont les studios Disney
raffolent depuis qu'ils ont choisi de délaisser le documentaire pur et dur à
l’exemple du long-métrage
Les Aventures de Perri. Désormais, le récit
est scénarisé : le spectateur assiste, en effet, à un épisode romancé de la vie
d'un coyote qui quitte les déserts de Californie pour se retrouver
accidentellement dans la grande banlieue de Los Angeles. Les artistes
s’attachent ainsi à rendre l’intrus terriblement attachant lui offrant des
pérégrinations tout à fait passionnantes.

Il s’essaye ensuite à un nouveau genre : la comédie de situation avec des
animaux. Recul aidant, Un Coyote se Rend à Hollywood contient, il est
vrai, déjà les prémices de films comme
L'Espion aux Pattes de Velours (1965) ou
Quatre Bassets pour un Danois (1966). Il y
a d’ailleurs fort à parier que la séquence avec le danois dans le docu-fiction a
sans doute été l'élément déclencheur du long-métrage de 1966. Ce moment est, en
effet, hilarant avec le chien qui retourne tout le jardin pour tenter d'attraper
le coyote. Bien que plus poussive, une autre scène lui fait gentiment écho quand
il s’agit pour l’animal de perturber une partie de golf.

Enfin, il regorge de clins d'œil vraiment sympathiques. Son générique
d'ouverture est ainsi un hommage aux dalles cimentées et signées du Grauman's
Chinese Theater sur Hollywood Boulevard ; nombre de ses séquences sont filmées
au Griffith Park sur les collines d'Hollywood situées à quelques encablures des
studios Disney à Burbank et, pour finir, ses scènes de l'incendie sont extraites
de reportages réalisés lors d'un feu dans le quartier de Bel Air où 450 maisons
sont réellement parties en fumée.
Un Coyote se Rend à Hollywood est
assurément un mélange réussi de comédie animalière et de docu-fiction. A
découvrir sans hésiter.