Le Flair de Picsou est Intact !

L'article

Publié le 01 février 2008

S’il y a bien un domaine dans lequel la Walt Disney Company excelle, c’est assurément dans l’art de remplir son tiroir caisse. Comme son célèbre canard milliardaire, elle semble, en effet, douée du pouvoir de transformer tout ce qu’elle touche en or, ou plus exactement en source de recettes supplémentaires. Et elle dispose pour cela d’analystes « maison » particulièrement efficaces.

Le dernier coup de maître de la bande à Picsou est, sans aucun doute, sa position dans la guerre des formats Haute Définition. Le pari était à la hauteur des enjeux, éminemment audacieux. Il est aujourd’hui totalement réussi.

Retour sur un énième succès de Mickey et ses amis.

L’industrie cinématographique tout entière entend remplacer l’incontournable format DVD, pour conserver intact le fil à la patte qu’elle a su habilement, depuis l’avènement du marché vidéo, accrocher au consommateur. La manœuvre poursuit ainsi deux buts : sous couvert d’une révolution technologique, convaincre le grand public de renouveler son équipement et sa vidéothèque tout en se protégeant mieux contre les piratages de toutes sortes. Car l’expérience désastreuse vécue par sa consœur phonographique et le dévissage de son (auparavant très juteux) marché du CD, a laissé des traces dans l’industrie audio-visuelle toute entière. Des millions de dollars sont en jeu, et accessoirement, au moins autant d’emplois !

Mais, voilà, si le secteur est convaincu de l’intérêt d’enterrer prématurément le DVD, les acteurs du marché (qu’ils fournissent les contenants ou les contenus) sont infichus de s’entendre sur une norme unique. Seul le tournant de la Haute Définition est partagé par toutes les parties. Le support, lui, ne fait pas l’unanimité. Entre le Blu Ray et le HD DVD, la guerre technologique, psychologique et marketing fait rage. Les majors se positionnent et annoncent chacune à leur tour, le choix du disque retenu. Disney choisit dès l’origine le Blu Ray et organise exclusivement sous ce format la sortie HD de ses œuvres. Il offre, il est vrai, par rapport à son cousin HD DVD, l’immense avantage d’être mieux protégé contre le piratage ou le dézonage, quoi qu’il soit permis, sur la durée, de douter de l’inviolabilité de ses protections... Les spécialistes du marketing gommeront bien sûr, pour le grand public, ces considérations mercantiles derrière un habile discours visant à insister sur la qualité restituée en image et en son ou la capacité de stockage. Il convient, en effet, de convaincre l’acheteur lambda que son bien-être est en jeu, et en aucune manière, la protection des œuvres ou la sauvegarde des comptes bancaires de leurs propriétaires...

Le Blu Ray triomphe aujourd’hui et renvoie le HD DVD à ses chères études. La Walt Disney Company se voit, avec lui, conforter auprès de son public dans sa capacité à toujours apparaitre apte à faire les bons choix technologiques et stratégiques. Elle n’a plus désormais qu’à semer pour récolter les précieux dollars que le marché de la HD vidéo ne va pas tarder à lui rapporter. Quant aux fans, ils feront, comme toujours, mine de ne pas être de simples vaches à lait, même si la manœuvre a un petit goût de déjà vécu...