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Disney Television : Trop la Classe !

L'article

Publié le 01 juillet 2009

Les mesures d’audiences de MédiaCabSat viennent de tomber : elles permettent de dresser un portrait assez précis du marché des chaines Jeunesse en France et d’en envisager la teneur pour les mois à venir.
En postulat, il convient d’ores et déjà d’isoler Gulli de l’étude dans la mesure où cette chaine, toute récente soit-elle, est durablement destinée à être numéro un dans l’hexagone du seul fait de son statut d’unique chaine Jeunesse, gratuite et nationale. Peu importe d’ailleurs la qualité de sa grille de programmes, son modèle de diffusion fait qu’elle sera toujours, en terme d’audience, devant ses concurrentes, diffusées, elles, en bouquet basique ou non, toujours de manière payante, sur le câble, l’ADSL ou le satellite.

Si l’arrivée de Gulli dans tous les foyers français grâce à la TNT et qui plus est esseulée sur son créneau présente l’inconvénient majeur de créer un acteur omnipotent, elle a au moins le mérite de réveiller l’intérêt des concurrents du marché particulier qu’est la télévision à destination du jeune public.
Depuis plusieurs semestres déjà, le secteur connait ainsi un important phénomène de concentration.
Dans un premier temps, il influe sur l’offre de chaines mettant un terme, sans doute irréversible, au foisonnement des canaux observés jusqu’alors. TFou et Planète Junior ont par exemple déjà baissé leur rideau et d’autres (Boomerang, Mangas ?) connaitront à l’évidence, dans les prochains mois, le même sort...
Dans un deuxième temps, il entraine une sortie du jeu de certains opérateurs. Avec la fermeture de TFou (la chaine ; le programme éponyme continuant lui à être diffusé en matinée sur le canal prémium !) le groupe TF 1 est le premier à déserter le marché des chaines Jeunesse. Gageons d’ailleurs qu’AB lui emboitera prochainement le pas, contraint par son nouveau propriétaire : TF 1 !

Dans un troisième temps, il joue (ou s’apprête à jouer) à l’intérieur même des groupes présents sur le secteur les invitant tous à rationnaliser leurs offres.
Nickelodeon, chaine du groupe Viacom, première sur son marché aux USA, affiche ainsi, après trois ans de présence en France et malgré ses stars incontournables (Bob l’éponge, Dora l’exploratrice…), des résultats plus que décevants. Elle ne peut, raisonnablement, plus rester très longtemps seule devant l’appétit des propriétaires de ses concurrentes qui s’attachent actuellement à segmenter leur offre, en fonction de l’âge des bambins, l’empêchant par la même, d’optimiser son potentiel d’audience.
Lagardère, leader depuis toujours dans l’hexagone avec Canal J, Tiji et Gulli cherche désespérément un remède à la cannibalisation de l’audience et de l’image de sa chaine historique Canal J par sa petite (et hors norme) sœur Gulli.

Canal +, en personne, se lamente de voir ses chaines perdre toujours plus de parts de marché, avec Télétoon attaquée de toute part et Piwi dépassée sur sa niche par Playhouse Disney.
Seule Turner Broadcasting Company fidèle à sa politique historique (suivie pour la Jeunesse avec Cartoon Network et pour le Cinéma avec TCM) consistant à diffuser un programme multilingue destiné à l’Europe entière (dont l’hexagone n’est, en fait, qu’une variable d’ajustement parmi d’autres) ne semble pas s’émouvoir pas de la situation française.

Et Disney Télévision dans tout ça ?
La restructuration de l’offre engagée depuis deux ans maintenant (symbolisée par l’arrêt de Toon Disney, le changement de nom et positionnement de Jetix ou la création de Disney Cinemagic) produit ses premiers succès. La firme de Mickey dispose aujourd’hui en France - et en offre basique s’il vous plait ! - de l’éventail complet pour rafler la mise de l’audience.

Disney Channel et sa déclinaison occupent ainsi le terrain auprès des fillettes et adolescentes sans oublier de fédérer, à la moindre occasion, les frangins et la famille.
Disney XD attire, elle, sans complexe les jeunes garçons et défait le label de sa réputation de « gnangnan » en évitant soigneusement toutefois de renier ses origines.
Playhouse Disney, en embuscade, prépare enfin tranquillement les bambins à accéder - une fois qu’ils auront grandi – aux programmes de ses deux grandes sœurs.
Les chiffres d’audience parlent d’eux-mêmes !
Disney Channel et sa déclinaison +1 réunissent chaque semaine plus de 5 millions de téléspectateurs. Prise seule, Disney Channel n’est plus qu’à 800 000 téléspectateurs du leader historique français, Canal J.
Playhouse Disney a ravi depuis deux semestres déjà la place de 2e sur la cible enfantine à Piwi et se rapproche, à chaque vague de sondage, du leader historique Tiji.
Enfin, Disney XD dépasse désormais Télétoon et plus rien ne semble devoir arrêter son ascension.

L’offre Jeunesse de Disney Télévision a donc visiblement le vent en poupe ! Seul bémol et pas des moindres : l’échec cinglant de Disney Cinemagic sur le marché des chaines Cinéma.
Reléguée bonne dernière toutes chaines Cinéma confondues, la petite nouvelle de Disney Télévision France n’en finit pas de payer une programmation par trop peu différenciante de ses consœurs (Disney Channel en tête) : à n’en pas douter, son repositionnement et la refonte de sa grille est LE grand chantier à venir pour Mickey et ses amis !