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Philippe Gas
Le Disneyland Pari !

L'article

Publié le 01 juin 2011

Dans le monde très fermé des PDG d’Euro Disney, Philippe Gas est assurément hors-norme. Il est, en effet, le seul grand patron du resort français à être du sérail, en ce sens qu’il a débuté sa carrière, très exactement le 8 avril 1991, un an avant l’ouverture d’Euro Disney, en qualité d’analyste financier junior au pôle Finances.

Il arrive alors de General Motors où il a passé deux ans en tant qu’auditeur, basé à Zurich, et délégué à la région Nord Europe. A l’époque, Euro Disney fait déjà parler de lui : il est un projet ambitieux qui fait couler beaucoup d’encre et exacerbe comme rarement les passions. Philippe Gas, jeune diplômé exilé en Suisse, n’échappe évidemment pas au brouhaha suscité par l’aventure parisienne de Mickey. Il en suit de près l’actualité, ce qui a pour conséquence heureuse de réveiller en lui les souvenirs de son enfance attachés à Disney. Professionnellement parlant, un projet d’une telle envergure ne laisse bien sûr pas indifférent le « junior » qu’il est alors dans son domaine de compétence. Il y voit, en effet, une belle opportunité de carrière et, constatant que la compagnie au château en construction recherche ses premiers cadres, envoie une candidature spontanée, au service « Finances ». Son C.V et profil font le reste…

Philippe Gas intègre Euro Disney un an, presque jour pour jour, avant son ouverture au public. Il y reste sans interruption quatre années. C’est un petit tour de bravoure en soi. Il convient, il est vrai, de se replacer dans le contexte de l’époque ; les quatre premières années de son existence n’ayant pas été de tout repos pour le resort. Dès la signature du projet, avec le choix de la France et de Paris contre l’Espagne et Barcelone, Euro Disney est conspuée par l’intelligentsia hexagonale. L’expression de Tchernobyl Culturel est même lancée pour dénoncer le complexe tout entier que les quelques bien-pensants (et mal-informés) du microcosme parisien voit comme la manifestation ultime de l’impérialisme américain.


Le premier logo de Disneyland Paris

Philippe Gas, jeune financier, reconnait que cette atmosphère fut délicate pour lui. Débutant dans sa carrière, il avait ainsi, comme tous ses collègues, à affronter le regard des autres, en dehors de l’entreprise. Pas un cocktail, pas une réunion d’anciens élèves, pas même une fête familiale ne s’économisaient une diatribe contre Euro Disney et ses « soi-disant » travers. Même s'il n’est jamais lui-même mis en cause dans son intégrité, constater que sa société – celle dans laquelle, en jeune diplômé, il fonde tous ses espoirs – est sans cesse attaquée sur sa viabilité (peu de français croient à son modèle économique) ou sa philosophie (Mickey symbolise à tout crin l’ogre américain venu digérer la culture française) n’est pas un souvenir heureux. C’est d’autant plus vrai qu’à l’époque, Euro Disney compte un petit millier de collaborateurs qui affrontent, comme un célèbre village gaulois, un déferlement de critiques et d’analyses plus ou moins douteuses. Pourtant, Philippe Gas comprend très vite la nature de ce rapport de « Je t’aime moi non plus » entre la France d’alors et son resort disneyen. Il explique très bien que Disney focalise dans ses premières années d'existence, sur son nom, tout ce que les Français aiment et détestent de la culture américaine « On veut y aller, on va y aller mais surtout on va pas dire qu’on y va ». Car une chose est évidente en 1991 et dans les trois années qui suivent : les gens qui critiquent Euro Disney sur le thème de l’absence de culture, de la négation de l’identité européenne ou française et de l’objectif sous-jacent d’impérialisme américain, ne connaissent en rien, ni le projet, ni sa philosophie. Très peu de monde alors envisagent ce qu’est un resort de Mickey, et encore moins de monde n’ont eu la chance d’en visiter un, en Floride ou en Californie.


Le dernier logo, à ce jour, de Disneyland Paris

Face à cette situation, le principal atout d’Euro Disney va faire la différence. Philippe Gas affirme, en effet, que le sentiment d’appartenance à l’entreprise est tellement fort en son sein, qu’il n’a jamais ressenti, hier comme aujourd’hui – et contrairement à ce que peuvent dire des gens extérieurs à elle – de renoncement, ni de lui, ni de ses collègues ou maintenant de ses collaborateurs. Il se remémore comme s’il venait de le suivre, le module de formation « Tradition Disney » qui est un passage obligé de tout nouvel embauché. Ces deux journées de familiarisation avec la société, sa structure, son histoire, ses valeurs, son rapport à Walt, créent il est vrai une osmose entre l’employé -quel que soit son rang et son poste- et l’entreprise. Philippe Gas explique avec les yeux qui brillent qu’il passait son temps, avec ses collègues, à regarder ses cartes de visites, scrutant le logo. « Waouh, je travaille pour Disney ! » : un label que tout le monde a en commun et qui remonte à l’enfance ! Mieux encore, en 1991 et contrairement à l’évidence aux parcs américains, les collaborateurs d’Euro Disney fraichement embauchés avaient tout à construire dans un projet unique en Europe. Et la plus naturelle des choses a été de développer une fierté d’entreprise, capable de surmonter toutes les crises. Même les plus douloureuses, comme le terrible plan social de 1993…

Les premiers PDG d'Euro Disney S.C.A.
Robert Fitzpatrick
[1987 - 1992]
Philippe Bourguignon
[1992 - 1997]

Philippe Gas est donc un « enfant d’Euro Disney » ; son passage chez General Motors désormais anecdotique, il se sent parfaitement à l’aise dans sa nouvelle entreprise. Et pourtant, elle va lui offrir des opportunités bien éloignées de sa formation initiale. Car, s’il est à la base un financier pure souche, (il reste dans les chiffres à divers postes prés de quatre ans)  Philippe Gas va se révéler dans un tout autre domaine qui en fait aujourd’hui un patron atypique pour Euro Disney. Un switch professionnel va, en effet, s’opérer pour lui. Alors qu’il est en Finances, il côtoie dans le cadre de la gestion normale de l’entreprise, un Directeur des Ressources Humaines qui, en lui mettant le pied à l’étrier, va changer son destin. Michel Perchet (le premier D.R.H. français d’Euro Disney !) l’appelle, il est vrai, à ses côtés. Les deux hommes se connaissent bien pour travailler ensemble depuis pas mal de temps, chacun dans son domaine de compétences ; les finances pour l’un, les Hommes pour l’autre.  Philippe Gas trouve en Michel Perchet son mentor. Tout se joue sur un coup de téléphone ; le D.R.H sollicite son financier pour venir l’épauler dans sa tache. Une sorte de grand écart basé sur la confiance et le respect mutuel. Le service Ressources Humaines est alors comme le reste de la société, un service sans passé ou presque. Bien des choses restent à mettre en place d’autant qu’Euro Disney se remet à peine de son douloureux plan social de 1993. Traumatisme aidant, Michel Perchet veut donc se constituer une équipe apte à remotiver les troupes pour oxygéner l’entreprise. A partir de là, le parcours professionnel de Philippe Gas prend un virage à 180 degrés. Et le scoop est là : le patron actuel d’Euro Disney ne peut absolument pas être réduit à un seul profil de financier. Au contraire, même : l’essentiel de sa carrière s’est fait dans les ressources humaines, à travers le monde disneyen, en Asie, aux USA et bien évidement en France.

Les premiers PDG d'Euro Disney S.C.A.
Gilles Pelisson
[1997 - 2000]
Jay Rasulo
[2000 - 2003]

Son premier retour chez Euro Disney se fait d’ailleurs en 2003 sous la présidence d’André Lacroix. Il est alors en poste en Asie quand Disney lui demande de venir renforcer l’équipe parisienne pour sa direction des Ressources Humaines. Alors même que sa vie est organisée à l’autre bout de la planète, il plaque tout et revient dans sa terre natale. Il reconnait lui-même que la décision n’est pas allée de soi car faire bouger toute sa famille n’est pas forcément chose aisée. En revanche, de retour à Marne-la-Vallée, il retrouve instantanément ses marques et surtout cette force et énergie qu’Euro Disney porte toujours selon lui. Philippe Gas le répète à l’envie : il a Disneyland Paris dans la peau ; elle fait partie de son code génétique. C’est la boite qui l’a fait grandir et où il a même trouvé son épouse… Son sentiment d’appartenance est total !

Son arrivée à la tête d’Euro Disney est pourtant, pour lui, une véritable surprise, du moins dans l’annonce et le timing. A l’été 2006, Philippe Gas, qui est alors Directeur des Ressources Humaines du resort tricolore, rentre, en effet, chez lui à Paris, juste après des vacances en famille à l’étranger. Il lutte d’ailleurs précisément contre le décalage horaire et s’affaire pour rester éveillé en journée quand il reçoit un appel téléphonique du Président d’Euro Disney de l’époque, Karl Holz. Il lui apprend que sa patronne Meg Crofton, Directrice des Ressources Humaines Monde, change de job pour aller prendre la présidence de Walt Disney World. Philippe Gas s’en félicite, soulignant la belle opportunité (pour elle comme pour le groupe), et épuisé par le décalage horaire, ne mesure alors pas tout à fait l’onde de choc qui vient de se produire. Le soir même, alors qu’il dine au restaurant avec toute sa petite famille, il reçoit un coup de fil sur son portable de Jay Rasulo, le chairman de l’ensemble des resorts, qui souhaite lui parler et le convie à venir le rencontrer aux USA. Il lui confie dans la foulée qu’il pense à lui pour prendre la succession de Meg Crowfton pour la Division Ressources Humaines des parcs. Philippe Gas ne réalise toujours pas dans l’instant la nature de l’enjeu, et faisant fi de ses efforts pour reprendre le rythme des horaires parisiens, prend le lendemain l’avion en direction de la Californie. L’entretien est riche d’enseignements et se conclut sur l’engagement de Jay Rasulo de le rappeler dans quelques jours, le temps de murir sa décision finale. Pendant une semaine, Philippe Gas attend donc de savoir si oui ou non,  il va prendre la tête de la division mondiale des ressources humaines des resorts Disney. Quand enfin le téléphone sonne, à minuit au bout de sept jours, son boss lui confirme sa nomination à la succession de Meg Crofton. Il reçoit par ailleurs l’assurance que cette opportunité ne lui fermerait pas la porte d’Euro Disney, le moment venu où la question de la succession de Karl Holz à la tête du resort français se poserait. L’avenir lui donne raison et lui permet logiquement d’accéder à la direction du parc parisien en avril 2008.

Les premiers PDG d'Euro Disney S.C.A.
André Lacroix
[2003 - 2005]
Karl Holz
[2005 - 2008]

Fort de son expérience et sa nature propre, Philippe Gas place l’Homme au centre de sa stratégie de gestion de l’entreprise. Il cherche à identifier les leviers de motivation de ses équipes : « Qu’est-ce qui fait que mes 14 000 collaborateurs se lèvent le matin pour faire en sorte qu’une famille qui a choisi de venir chez nous  en ressorte plus heureuse qu’elle n’y est entrée ? » Il voit dans cette recherche constante de l’identification des ressorts de motivations de ses troupes, l’essence même de l’esprit de Disney. Le vrai levier de la performance de l’entreprise Disney se trouve dans ses hommes et ses femmes et, sans oublier la réalité économique ou tomber dans l’angélisme social, un patron d’Euro Disney qui n’a pas compris cela, n’a rien compris de la philosophie de Walt Disney lui-même. Ce qui fait la différence chez Disney, outre bien sûr ses codes emblématiques (le château, les personnages, les attractions, les parades…), c’est la qualité de ses employés, tous mus par la fierté d’appartenance au label.

Résolument tourné vers les hommes et les femmes qui font son entreprise, Philippe Gas est aussi le tout premier Président d’Euro Disney à avoir choisi de s’adresser à ses interlocuteurs extérieurs. Ainsi, il a inauguré des rencontres avec les actionnaires, en dehors des Assemblées Générales annuelles. Organisant des tables-rondes régulières, il recueille l’avis des gens et leur présente sa vision de la société. De même, il a mis en place une véritable politique à destination des fans. Il a, par exemple, créé spécialement un poste de « Monsieur Relation Fan » afin de faciliter les échanges entre sa société et ses « admirateurs ». Oublié le temps où les fans faisaient peur au staff ou même étaient le public à contenir. Car, pour Philippe Gas, le culte du secret pour le culte du secret n’a aucun sens ! « Une société comme la nôtre se doit de parler… Elle est mure pour cela et dispose, contrairement à d’autres, de relais incroyablement performants, à commencer par celui des fans ; ne pas de servir de cet atout est une faute absolue ! » L’absence d’informations crée de la rumeur, des animosités, des frustrations qui sont terriblement destructrices. Ainsi, quand il se refuse à communiquer sur un projet qui, le plus souvent, est un secret de polichinelle, c’est avant tout parce qu’il n’est pas encore finalisé et qu’il peut donc, à tout moment de son élaboration, être abandonné. Une fois signé, il entend organiser la communication d’éléments tangibles autour de lui au rythme de vie de la société. Il serait par exemple contre-productif au niveau de la fréquentation de donner l’impression au public qu’il vaut mieux patienter deux ans pour attendre telle ou telle fantastique nouvelle attraction. L’objectif reste de faire venir les visiteurs aujourd’hui, demain et après-demain… Philippe Gas s’attache  par conséquent à mettre en place un dialogue destiné à satisfaire toutes les parties, dans une relation gagnant-gagnant.

Des personnages populaires à Paris
© Characters Photos Blog

Le style Philippe Gas détonne assurément des six autres présidents d’Euro Disney. Il est, en effet, parmi eux, celui qui est sans aucun doute le moins policé. Il explique d’ailleurs cet état de fait aussi bien par son parcours dans l’entreprise que par son aptitude à la tolérance. Pour lui, tout avis est exprimable dès lors que l’intégrité morale de sa société comme de sa personne n’est pas mise en cause. Ainsi, quand, au cours d’une Assemblée Générale, il remet à sa place, poliment mais fermement, un actionnaire qui se permet d’affirmer des choses fausses à son égard ; il applique ce principe qui veut que, passée une certaine limite, il montre les dents. En pleine crise des suicides d’employés au sein des entreprises françaises (Disneyland Paris n’étant pas épargnée par le phénomène), l’interlocuteur en question prend à partie Philippe Gas lui faisant dire, lors d’une table ronde d’actionnaires, qu’il apprécierait de voir les Cast-members qui se sentent mal dans l’entreprise la quitter sans tarder. Cette affirmation dépasse alors les bornes et indigne le Président qui non seulement conteste n’avoir jamais dit cela, mais également prend à témoin une partie du public qui, ayant assisté à la même réunion, lui manifeste aussitôt son soutien. Cet épisode anecdotique est tout à fait symbolique du style Gas : la courtoisie courageuse. Et pourquoi cela ? Parce qu’il se considère avant tout comme un cast-member. Il refuse l’idée qu’on puisse vouloir mettre de la distance entre lui et les autres employés. D’ailleurs, dans les premières semaines de sa présidence, la tentation de se fondre dans le moule du style de ses prédécesseurs a été forte. Son entourage lui conseille par exemple de se remettre à vouvoyer ses collaborateurs, une chose qu’il n’avait jamais faite dans l’entreprise, à ses postes précédents. Après quelques temps de réflexion, il sent qu’il doit rester lui-même pour réussir sa mission. Le style Philippe Gas est né là, ou plutôt, s’est affirmé là ! Ainsi,  s’il ne peut répondre à une question, il dira simplement qu’il est dans l’incapacité de le faire et s’abstiendra de tourner autour du pot ou de noyer le poisson.

Recul aidant, Philipe Gas est sans aucun doute un atout précieux pour la Walt Disney Company. Aucune flagornerie dans cette affirmation mais un constat objectif. Il est un enfant de l’entreprise Euro Disney et dispose d’une double culture américano-française. Parfaitement bilingue, il connait aussi bien les rouages de la société française qu’américaine. Dès lors, il constitue un véritable pont entre les deux cultures et les deux visions. Il maitrise ainsi le fonctionnement si particulier des relations sociales dans l’hexagone et sait le rendre compréhensible pour sa maison-mère. De même, les caractéristiques du public français et, au-delà, européen, n’ont plus de secrets pour lui : il sait, dans ces conditions, adapter son resort au gout local sans jamais le dénaturer. Philippe Gas est plus que jamais l’homme de la situation parce qu’au-delà de sa compétence, son profil et parcours font qu’il jouit d’une totale confiance de sa hiérarchie pour décrypter le marché européen. De la sorte, lorsqu’il exprime son point de vue dans l’approche d’un dossier, qu’importe sa nature (sociale, financière, technique, artistique...), sa crédibilité pèse. Il obtient sans mal les ajustements locaux qu’il identifie. Les choix des characters est un joli symbole : si Disneyland Paris a Picsou ou Emile et Remi dans ses personnages récurrents ; c’est typiquement parce qu’ils correspondent aux attentes du public indigène auprès duquel ils sont très populaires. De même, quand il s’agit de décider quel sera le thème du futur hôtel du resort, Philippe Gas pèse de tout son poids pour, sans juger de la qualité des choix proposés, écarter tous ceux qui, dans la gestion courante, seraient des accidents industriels en puissance, compte tenu de l’environnement local, technique, coutumier ou législatif . En revanche, il veille toujours à ne pas tomber dans la dénaturation de la destination Disneyland Paris. Les visiteurs viennent chercher Disney et non pas Disney à Paris. Il faut donc, tout adaptant l’offre au marché local, toujours s’assurer que l’âme du concept est bien respectée. A ceux qui, par exemple, s’émeuvent de la place de la langue française dans le resort et notamment dans les Walt Disney Studios (les affiches de films y sont presque exclusivement anglophones), il rappelle que cela s’inscrit dans le thème du parc. Les coulisses d’un studio de cinéma à Hollywood parlent anglais ! Et pour sonner juste, les Walt Disney Studios, censés les fantasmer, doivent faire de même...

A près de vingt années d’existence, Disneyland Paris a trouvé sa place au sein de la Walt Disney Company qui assume désormais son bébé européen devenu jeune adulte. Depuis presque deux ans maintenant, le resort bénéficie ainsi d’un imagineur qui lui est spécialement attribué :  Tom Fitzgerald. Basé en Californie, il se consacre exclusivement à Disneyland Paris et y passe prés de quinze jours par mois pour s’acclimater au resort tricolore. Philippe Gas tient absolument à cette organisation qui fait que le « créatif se met au service du resort et non l’inverse ». Tout se fait sans conflit sur la base de la confiance, de la connaissance et du respect de la destination dans sa globalité. Alors certes, quelques ratés se produisent mais l’essentiel reste, pour son Président – et cela révèle bien son attachement à la dimension humaine des choses – qu’ils soient faits de bonne foi. Ainsi, il prend volontiers l’exemple de Toy Story Playland. Alors que ce land est un remarquable succès, il confesse des erreurs dans le choix de certains matériaux, comme le revêtement de Toy Soldiers Parachute Drop. Tout le monde est passé à côté de cet élément pourtant essentiel : ni les concepteurs américains, ni leurs homologues français n’ont vu le problème venir. En revanche, tous s’en sont saisis pour le solutionner au plus vite ! La problématique de l’acculturation du resort se trouve résumée dans cette péripétie ! A cela s’ajoute d’ailleurs, un élément qui étonne toujours autant le staff américain : l’indiscipline du public français et européen. Qu’elle dure trois minutes ou une heure, les gaulois et leurs alter-égos venus de la vielle Europe voudront toujours zapper une file d’attente ! Les imagineurs s’affairent ainsi à prendre en compte cette spécificité qui ne se retrouve ni aux USA, ni en Asie !

Premier patron français venu de l’entreprise elle-même, Philippe Gas insuffle à Disneyland Paris toute la passion qu’il a développée pour elle depuis plus de 20 ans. Cela se voit, cela se ressent et cela s’entend. En chœur, avec les fans, il crie bien volontiers « Notre château, c’est le plus beau ! ». Mais chut,  c’est un secret qui ne doit pas quitter l’Hexagone…