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L'Exposition "Pixar, 25 Ans d'Animation"
Art Ludique - Le Musée

L'article

Publié le 15 novembre 2013

Art Ludique - Le Musée vient tout juste d'ouvrir ses portes et, pour fêter en grandes pompes l'évènement, il ne propose pas moins que l’exposition temporaire (du 16 novembre 2013 au 2 mars 2014) : Pixar, 25 Ans d'Animation. Les fans des studios de Luxo Jr, les férus de cinéma, les animateurs en herbe ou chevronnés et au-delà d’eux les curieux tous azimuts peuvent donc venir découvrir en quoi un film d'animation assisté par ordinateur est avant tout une œuvre d'art. Derrière chaque pixel, le crayon de l'artiste n'est, en effet, jamais loin !

 

Art Ludique - Le Musée se dévoile ainsi sur les quais de Seine, en face de Bercy, au sein des Docks où se situe également la Cité de la Mode et du Design. Son architecture moderne et sa façade de verre sérigraphié, au tracé sinueux vert fluo, attire indéniablement l'œil et... Paris oblige, également les critiques, même s’il est fort à parier que le bâtiment, objectivement de toute beauté, rentre, tous les jours, un peu plus, dans les habitudes visuelles des parisiens qui ne tarderont pas bientôt à le défendre becs et ongles. Ce nouveau musée est donc consacré, comme son nom l'indique, aux arts ludiques. Il faut comprendre par là : la bande dessinée de tous horizons (avec la franco-belge et ses albums, la japonaise et ses mangas ou l’américaine et ses comics) ; mais également le cinéma en prises de vues réelles ou animé ainsi que les jeux vidéo. L'artisan de ce musée pour geeks et adulescents revendiqués est Jean-Jacques Launier. Diplômé de l'Ecole Supérieure d'Art Graphique, il a été concepteur de publicités, réalisant entre autres choses des affiches de cinéma pour les plus grands, et notamment Quentin Tarantino. L’Homme est un grand défenseur de ces Arts du Divertissement qu'il préfère dénommer sous le barbarisme « Arts de l'Entertainment » : ils constituent, pour lui, de l'art majeur et il se bat pour qu'ils soient reconnus comme tel. Dans cet esprit, il ouvre avec sa femme en 2003 la Galerie Arludik. Ils y exposent et vendent alors des dessins originaux des plus grands artistes. Rien que chez The Walt Disney Company, sont passés chez eux des œuvres de Glen Keane, Ryan Meinerding, le designer des studios Marvel mais aussi des expositions sur les films Alice aux Pays des Merveilles ou John Carter.

L'Exposition sur Pixar est, quant à elle, née en le 14 décembre 2005 au Museum of Modern Art de New York pour fêter ce qui était à l'époque le 20ème anniversaire des studios. En 1986, Steve Jobs - le célébrissime fondateur d'Apple - rachète, en effet, la division infographie d'I.L.M. à Lucasfilm, Ltd.. Aussitôt rebaptisée Pixar, elle devient très vite le studio qui défriche le nouveau monde de l'animation 3D, à une époque où personne ne croit à son exploitation à grande échelle. Afin de démontrer aussi bien l'étendue de son talent que l'incroyable potentiel de l'animation numérique, sa turbulente équipe réalise, alors, de nombreux courts-métrages. Luxo Jr, Red's Dream, Tin Toy, Knick Knack, des histoires dépourvues de dialogues à la bande-son jazzy chère à Woody Allen, naissent ainsi et constituent tous de véritables petits bijoux. Les productions Pixar des années 80 impressionnent, il est vrai, la planète toute entière. Mais la vraie révolution aura lieu avec Toy Story qui devient le premier long-métrage entièrement réalisé sur ordinateur. Deux ans seulement après la formidable avancée que constituaient les dinosaures du Jurassic Park de Steven Spielberg, Pixar bouleverse donc l’histoire du cinéma d'animation. Suivront par la suite : 1001 Pattes (a bug's life), Toy Story 2, Monstres & Cie, Le Monde de Nemo et Les Indestructibles.

L'exposition est divisée en trois sections : les personnages, l'histoire et l'environnement. Elle contient pas moins de 500 œuvres constituées de dessins, peintures, storyboards, recherches chromatiques et sculptures des modèles 3D ; le tout réunissant 80 artistes ! Quelques vidéos viennent également illustrer en mouvement les résultats de ces recherches graphiques.
L'exposition s’est montée dans le monde entier et notamment en Angleterre, au Japon, en Australie, en Finlande, en Ecosse, en Corée du Sud, au Mexique, à Taiwan, à Singapour, en Chine, en Californie, en Italie, en Allemagne et aux Pays-Bas. Les années passant, elle ne fête plus aujourd’hui les 20 ans de Pixar mais bien ses 25 ans et s’est, pour l’occasion, diversifiée en montrant également des recherches sur les films sortis depuis, tels Cars - Quatre Roues, Ratatouille, WALL•E, Là-Haut, Toy Story 3, Cars 2 et Rebelle ainsi que les courts-métrages jusqu'au dernier en date Le Parapluie Bleu. La seule production absente de l'exposition parisienne est donc la toute dernière, Monstres Academy.

Les œuvres sont foisonnantes, splendides et variées. Il sera noté que chaque section est organisée par franchise et non par sorties chronologiques. Ainsi tous les Toy Story et tous les Cars sont regroupés ensemble. C'est d'ailleurs potentiellement l’un des problèmes de cette exposition : il n'y a pas forcément de fil directeur très précis. L'autre gros souci est le manque de perspective et de variétés dans les œuvres présentées. En fait, il s'agit principalement de tableaux avec quelques sculptures mais pas forcément d’explications de leur utilisation ou même de leur utilité dans leurs films respectifs. Au milieu du parcours se trouve toutefois une table audiovisuelle avec six postes permettant de découvrir des vidéos de fameux making-of. Plutôt de regrouper cette fonctionnalité au centre de l'exposition, il aurait sans doute mieux valu disposer plus d’écrans sur le parcours et diffuser ces petits documentaires à côté des films dont ils traitent. Dernier point à souligner pour les fans, mais que le grand public ne remarquera pas : la plupart des œuvres ou vidéos présentées ne sont pas inédites et se retrouvent soit dans les magnifiques artbooks de Chronicle Books, soit en bonus des DVD et / ou Blu-ray. Par contre, rien n'enlève le plaisir de les découvrir dans le contexte de l’exposition. Certains dessins et décors gagnent, en effet, une puissance qu'une vision sur un livre ou devant sa télé ne saurait retranscrire.

L’exposition disposent en revanche de deux attractions aussi indispensables que bluffantes : le Zootrope et l'Artscape.
Le Zootrope est composé de centaines de figurines de Toy Story fixés sur un socle tournant. Chaque personnage est répliqué avec de légères différences autour d'un axe. Grâce à une lumière stroboscopique, ils s'animent comme dans un film sauf qu'ici le rendu est encore plus extraordinaire ! Ce Zootrope existe en réalité en trois exemplaires : un itinérant, celui de l'exposition, et deux permanents, l'un situé à Disney California Adventure et l'autre à Hong-Kong Disneyland.
L'Artscape est la deuxième attraction de l’exposition, sans aucun doute plus impressionnante encore ! Il s'agit d'un mur d'images en haute définition au rendu sublime et à l'immersion totale. D'une dizaine de minutes, l’expérience offre l’opportunité rare de découvrir les différents univers du studio en se baladant de tableau en tableau, avec un fond sonore adapté à chaque film. C'est tout simplement splendide avec cette impression d'être happé par les œuvres ; une exceptionnelle sensation de plonger à l'intérieur. C'est indéniablement le must du parcours proposé, à ne louper sous aucun prétexte !

L'exposition Pixar, 25 Ans d'Animation est un incroyable foisonnement de talents se révélant à travers d’œuvres magnifiques. Elle n'a cependant pas la richesse de l'exposition Il Etait une Fois Walt Disney de 2006 au Grand Palais, ni la diversité de celle de Tim Burton à la Cinémathèque en 2012. L'autre amère constatation, mais totalement indépendante de l'exposition, c'est qu’elle devait sans doute avoir plus de force en 2005 qu'elle n'en a en 2013. Et ce, malgré le nombre de films et d'influences qui a pourtant doublé. A l'époque, en effet, Pixar était encore considéré comme le petit génie d'Hollywood qui transformait en or tout ce qu’il touchait. Avec ses dernières productions depuis Cars 2, il accuse actuellement une incroyable baisse de régime, devenant presque un studio d'animation comme les autres. Mais les récentes déceptions ne doivent pas faire oublier les pépites d’entre deux assurément parmi ses meilleurs films : Ratatouille, WALL•E, Là-Haut et Toy Story 3.

Découvrir de ses propres yeux, les prémices et les inspirations de films parmi les plus extraordinaires de l’animation moderne est un tel cadeau qu’une visite de l’exposition Pixar, 25 Ans d'Animation chez Art Ludique - Le Musée est absolument à programmer, avant le 2 mars 2014 !