Dossier » Films d'Animation » Évènements Presse
Films d'Animation » Évènements Presse

Rencontre avec le Réalisateur et la Productrice
de Monstres Academy

L'article

Publié le 13 juin 2013

A l'occasion de la sortie de Monstres Academy, Chronique Disney a eu la chance d'assister à une conférence de presse en présence du réalisateur Dan Scanlon et de la productrice Kori Rae ; l'occasion idéale d’en apprendre toujours plus sur le processus de création du film.

Né en 1976, Dan Scanlon fait ses premières armes dans l’animation de longs-métrages qui sortent directement en vidéo en tant qu’animateur sur Joseph, le Roi des Rêves chez Dreamworks Animation puis en qualité de storyboarder sur La Petite Sirène 2 : Retour à l'Océan et 101 Dalmatiens 2 : Sur la Trace des Héros chez DisneyToon Studios. Il rentre chez Pixar en septembre 2001, un mois avant la sortie de Monstres & Cie. Il travaille alors sur le scénario et les storyboards de Cars - Quatre Roues puis est promu réalisateur sur le cartoon, Martin et la Lumière Fantôme. Pixar lui confie ensuite le scénario et la réalisation du long-métrage Monstres Academy.

Korie Rae est, quant à elle, née dans le comté de Bergen dans le New Jersey où elle passe toute son enfance et adolescence. Elle fait ensuite ses études au Rollins College de Winter Park en Floride, en se spécialisant dans l'enseignement et le coaching, avant de partir vivre à San Francisco. Rentrée chez Pixar Animation Studios en juin 1993, elle devient chef d'équipe animation sur 1001 Pattes (a bug's life) et Toy Story 2 puis productrice associée sur Monstres & Cie et Les Indestructibles. Elle assume ensuite le rôle de productrice durant la préproduction de Là-Haut ainsi que sur la série animée Cars Toon - Martin se la Raconte notamment Tokyo Martin.

Leurs parcours

[Presse] Vous souvenez-vous de votre propre peur d'enfant ?

[Dan Scanlon] Oui j'avais plein de peurs quand j'étais gamin mais je ne m'en souviens plus très bien. Les clowns je crois...

[Presse] Dan, êtes-vous plutôt Bob ou Sulli ? Celui qui travaille dur ou celui pour lequel tout réussit ? Avez-vous eu un parcours universitaire qui vous a fait entrer par la grande porte chez Pixar ou êtes-vous arrivé par la petite porte et avez gravi les échelons ?

[Dan Scanlon] Bonne question. Je serais plutôt Bob. J'étais un bon élève et j'ai étudié ardemment les beaux-arts. Chez Pixar, j'ai fait plein de petits boulots avant d'arriver au poste aujourd'hui.

[Presse] Où étiez-vous, il y a 15 ans lors de la sortie de Monstres & Cie ? Qu’aviez-vous ressenti ?

[Kori Rae] J'ai travaillé sur le premier film, il y a onze ans. Cela fait vingt ans que je travaille chez Pixar. Donc, il y a onze ans, je célébrais la fin de la production...

[Dan Scanlon] J'ai commencé chez Pixar alors que le film allait sortir. Je suis allé à la "Wrap Party" avec toute l'équipe. Ce fut une joie immense. Je fais partie de cette équipe maintenant. Si vous regardez l'atrium des studios, elle ressemble un peu à celui de l'entreprise Monstres & Cie. J'avais l'impression de travailler pour l'entreprise de terreur. Tout ceci fait que le premier film est important pour moi.

[Presse] Kori Rae, vous avez travaillé sur les deux films. Avez-vous trouvé des points communs entre les deux réalisateurs Pete Docter et Dan Scanlon, mis à part le fait que ce fut pour chacun d’eux leur première réalisation ?

[Kori Rae] C'est une bonne question. Il y a des similarités entre Pete et Dan...

[Dan Scanlon] On mesure tous les deux, 1 mètre 90...

[Kori Rae] (Rires) Le travail d'un producteur, quand il y a un nouveau réalisateur, c'est de trouver des artistes sur lesquels il puisse s'appuyer. Une bonne équipe avec des gens expérimentés aux positions clés pour qu’il puisse apprendre sa nouvelle tache et être aidé à appréhender le processus de fabrication d'un film. Car, la majorité des réalisateurs viennent, en fait, à ce métier, avec une spécialité. Pete était ainsi un animateur. Il a passé un peu de temps au département scénario, mais il était principalement un animateur. Dan, lui, venait du département scénario. Chacun connaissait parfaitement son département d'origine. Mon travail consistait donc à m'assurer de les entourer des bonnes personnes pour les autres départements nécessaires à la réalisation d'un film. Pete et Dan sont des réalisateurs extrêmement doués et très généreux avec leur équipe. En cela, ils sont très similaires. Et ils ont, tout deux, un grand sens de l'humour !

Les origines du projet

[Presse] De quand date le projet et à partir de quel moment êtes-vous intervenus dessus ?

[Dan Scanlon] Dès le début, avec le réalisateur du premier film et John Lasseter, nous sommes vite arrivés à la conclusion que nous voulions approfondir la relation entre Sulli et Bob. C'est à ce moment que l'idée d'une préquelle, en revenant dans le temps, s'est montrée évidente. Tout ceci est arrivé lors de la première réunion de travail, et aucune autre idée n'est subitement apparue. La préquelle s'est imposée d'elle-même !

[Kori Rae] Nous sommes arrivés sur le projet, il y a à peu près cinq ans...

[Presse] Pourquoi un temps si long entre les deux films ?

[Kori Rae] Le temps entre les deux films s'expliquent par le fait que nous n’avions pas de bonnes idées jusqu'à récemment... Nous étions aussi occupés à faire d'autres films. Les autres réalisateurs étaient pris. C'est vraiment l’histoire du bon moment. Sauf que dans ce cas, cela a pris plus de temps que prévu...

[Presse] Une prequelle est-elle plus compliquée à réaliser qu’une suite ?

[Kori Rae] Je n'ai jamais travaillé sur une suite. C'est mon premier film avec des personnages existants. Mais, j'imagine que oui, la préquelle est plus difficile que la suite. Vous devez raconter une histoire qui est imprévisible même si les spectateurs connaissent la fin. C'est vraiment un challenge et ce le fut réellement dans ce film.

[Dan Scanlon] Oui, Kori a bien expliqué la difficulté. Mais le fait que cela soit une préquelle a aussi des avantages. Nous voulions que les choses ne fonctionnent pas bien pour Bob, surtout quand il est su à quel point il tient à ses rêves. C'est la tension du film, le cœur du récit. Le spectateur se pose la question de savoir comment tout va se résoudre pour Bob, comment il va réagir. Je ne suis pas sûr que chaque "suite" - dans le sens deuxième film - ait besoin d'être une préquelle mais celle-ci, oui, clairement.

Leurs inspirations

[Presse] Quels sont vos références pour les films de monstres ?

[Dan Scanlon] J'aime bien King Kong ou les films avec les effets visuels en stop-motion de Ray Harryhausen. Nous n’avons pas vraiment utilisé de références dans le cinéma sauf à la fin du film quand Bob et Sully se retrouvent dans le monde des humains. Nous avons voulu donner une ambiance de films d'horreur avec tous les clichés comme cette cabane perdue dans les bois. Nous voulions donner l'impression que les humains sont les monstres. Pour le monde des hommes, nous avons donc utilisé des couleurs sombres et saturées. Le but était de montrer les humains du point de vue des monstres, c'est à dire, ce qui est le plus "monstrueux" pour les monstres de Monstropolis.

[Presse] Est-ce que vous vous êtes inspiré de l'université de Berkeley qui se trouve à côté des studios ?

[Kori Rae] On s'est inspiré de Berkeley, entre autres. Nous sommes allés visiter différentes universités à travers tout le pays. Berkeley était l’une d’entre elles. Ce n'était pas un mimétisme parfait. Nous voulions que l'université soit familière à tout le monde. Que les spectateurs se disent : "Oh, j'ai été dans une école comme ça" ou "Elle ressemble à mon école"...

[Presse] Qu'est-ce qui fait grandir le plus : dépasser sa peur ou avouer sa peur ?

[Dan Scanlon] Bonne question... Je pense que les deux sont importants. Dans un sens, c'est un peu ce que font les personnages : Sulli a peur de décevoir sa famille, sa réputation, son héritage... Il doit donc aller au delà de ses peurs pour réussir... Bob a peur de ne pas trouver sa place chez les monstres. Il doit se débarrasser de ses peurs pour montrer sa véritable qualité...

L'histoire

[Presse] Le film est l'histoire d'une longue élaboration de l'amitié entre celui qui bosse et un "fils de" qui a un talent naturel. Vous aviez visiblement envie de parler de ça à un jeune public ?

[Dan Scanlon] Un des grands thèmes du film est, en effet, comment cette amitié s'est établie. Les personnalités de Bob et Sulli sont différentes de celles vues dans Monstres & Cie. L'un des défis était donc de savoir comment ils vont évoluer pour devenir les amis chers que tout le monde connait.

[Presse]Une question de fan : Célia avait une relation avec Bob dans Monstres & Cie, or, son origine n’est pas donnée dans Monstres Academy ?...

[Dan Scanlon] Nous n'avons pas pu inclure autant de personnages du premier opus que nous aurions voulu. Nous ne souhaitions pas que le monde des Monstres semble petit en ayant chacun des employés de Monstres & Cie venant de la Monstres Academy. Nous avons essayé des choses de ci, de là mais il fallait que la présence des personnages du premier film marche avec l'histoire du second. Pour autant, regardez bien à la fin du film, dans la scène du casier et vous aurez une petite surprise...

 

[Presse] Peut-être pour le film suivant ?

[Dan Scanlon] Nous n'en savons rien pour l'instant...

[Presse] Quel est votre personnage favori ?

[Dan Scanlon] Mon personnage préféré est la Doyenne Hardscrabble. Elle est physiquement effrayante mais en plus psychologiquement impressionnante. Elle a aussi un peu ce caractère de vieille sorcière. Et la voix française de Catherine Deneuve est absolument parfaite ! Elle a trouvé le ton autoritaire qui sciait à merveille au personnage.

La technique

[Presse] Dan, vous avez précisez lors d'une interview que vous n'avez rien dessiné pour le film. Pouvez-vous préciser votre rôle ? Et, est-ce que cela n'a pas été frustrant ?

[Dan Scanlon] Tout le monde dessine mieux que moi ! Cela m'a un peu manqué mais j'étais entouré de gens talentueux qui ont laissé exploser leur créativité. Je continue à dessiner mais de façon plus personnelle, comme un hobby, de la même façon que cela avait commencé. Je ne sais pas si je redessinerai professionnellement...

[Kori Rae] J'en suis persuadée...

[Presse] Pixar a toujours été un pionner dans l'animation comme la fourrure dans Monstres & Cie. Quel a été le défi pour ce film ?

[Kori Rae] Depuis la sortie du premier opus, les logiciels ont beaucoup évolué. Les fourrures n'étaient plus un problème. Le vrai chalenge a été de peupler le monde de Monstres Academy de centaines de monstres aussi différents les uns que les autres avec des tentacules, des ailes, des bras et jambes au nombre varié... Le tout a du être animé différemment. Techniquement, nous aurions été incapables de faire Monstres Academy il y a onze ans !

[Presse] Personnellement, je me suis arrêté à cinquante monstres différents dans mon comptage. Il y en a combien précisément ?

[Kori Rae] Il y a quasiment 500 monstres uniques dans le film !

 

[Presse] Quelle a été la séquence la plus compliquée à animer.

[Kori Rae] Il y en a une : la première épreuve du Concours de Terreur quand ils sont dans le tunnel. Vraiment très difficile...

[Dan Scanlon] Oui très difficile dans tous les aspects. Elle est dure sur le point de vue de l'histoire, du montage, de la lumière, des plans... Chaque département du studio a du survivre à cette scène et a gagné un badge d'honneur quand il a réussi l'exploit de la finir.

Pixar

[Presse] Comptez-vous faire de l'animation en Motion-Capture ?

[Kori Rae] Pourquoi pas mais ce n'est pas une technique à laquelle nous pensons actuellement. Nous avons tous les logiciels dont nous avons besoin... Après si un réalisateur vient avec une histoire qui nécessite de la Motion-Capture, nous ne dirons pas non, mais ce n'est pas le cas pour le moment...

[Presse] Est-ce que l'animation tendra dans l'avenir vers la photo-réalité comme dans Le Parapluie Bleu ?

[Kori Rae] L'animation photo-réaliste devient un choix pour le réalisateur maintenant que c'est possible. Mais encore une fois, c'est au réalisateur de choisir quel visuel est le mieux pour son film. Donc cela peut arriver car dorénavant c'est possible...

[Dan Scanlon] Ce n'est pas un but mais un choix ! Quelle histoire voulons-nous vraiment raconter ? Il est possible aussi d’aller vers un rendu visuel totalement opposé, très stylisé. C'est vraiment aux choix des artistes...

[Presse] Est-ce que le camion Pizza Planet existe pour de vrai ?

[Dan Scanlon] Des étudiants ont réalisé un vrai van Pizza Planet et fait le tour des Etats-Unis. Cherchez sur Google et vous verrez...