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La Reine des Neiges Rompt la Glace

L'article

Publié le 10 août 2013

Les Français ont toujours été friands des adaptations de contes de fées par les Walt Disney Animation Studios. Que cela soit La Petite Sirène, La Belle et la Bête ou plus récemment La Princesse et la Grenouille ou Raiponce, ils plébiscitent, en effet, les films de princesses. Dédaignant l’année dernière Les Mondes de Ralph, lui reprochant notamment de trop s'éloigner des codes de Disney que sont la magie et les contes de fées, le public hexagonal devrait largement se rattraper en 2013 et faire un triomphe au Disney de Noël : La Reine des Neiges. Le bouche à oreille semble en tous les cas bien parti et donne l'impression, à cinq mois de la sortie, d'être plus important que celui de Ralph à un mois de sa première. De bonne augure... Reste en réalité un seul doute à lever : est-ce là, une copie de Raiponce ? Une sorte de « Raiponce part au ski » ? Il n'en est rien et cet article va tenter de convaincre les anxieux.

C'est devenu une belle habitude pour Disney France : inviter la presse, les bloggeurs cinéma et les sites de fans Disney à la présentation du film de Noël. Les passionnés des magnifiques art-of des long-métrages ou les férus des bonus des éditions vidéos des Grands Classiques savent, en effet, que l'élaboration d'un film d'animation Disney est un long processus passionnant. Voir des croquis, découvrir des scènes non finalisées et comprendre les choix créatifs est évidemment grisant pour tout fan qui se respecte. Pour La Reine des Neiges, l'attente était encore plus grande puisque quasiment aucun visuel n’était sorti jusque là. Ainsi, seuls deux posters non officiels des deux personnages principaux mais avec un design non finalisé avaient accidentellement été divulgués en janvier dernier et créaient une mauvaise première impression venue de la ressemblance très frappante avec Raiponce. Un teaser amusant avec les deux toons secondaires dans une scène absente du film a ensuite été proposé par Disney en juin 2013. Là aussi, des voix s’élèvent pour contester la qualité de la séquence jugée se rapprochant par trop de L'Âge de Glace du studios Blue Sky, filiale de la Fox. Beaucoup de mauvaise foi dans ce reproche : Olaf (à la recherche de son nez) n’a en rapport avec Scrat (à la recherche de nourriture) que le manteau neigeux. Chez Disney, point d’humour texaverien à l’horizon mais une émotion omniprésente : non seulement, le bonhomme de neige récupère son nez orange, mais se rend compte que Sven, l'élan, n'avait, en réalité, que l'envie de l’aider à le récupérer...

Peter Del Vecho, le producteur de La Reine des Neiges, a donc fait le voyage depuis Burbank jusqu’à Paris pour assurer une présentation passionnante du dernier né (pas tout à fait encore, le film n’est pas terminé !) des Walt Disney Animation Studios.
Fort d'une solide expérience dans la production au théâtre, l’homme intègre les studios de Mickey en 1995. Directeur de production sur Hercule, il gère là une équipe de production de 300 artistes. Par la suite, il devient le producteur associé sur La Planète au Trésor - Un Nouvel Univers et sur Chicken Little puis redevient producteur sur La Princesse et la Grenouille et Winnie l'Ourson.
Commençant d'abord par un résumé du début de l'histoire, il entremêle le tout avec des concept-arts et des scènes plus ou moins finalisées, mais pour la plupart, non dans leur version définitive.

La première chose à savoir est d’abord que La Reine des Neiges est plus une inspiration du conte de Hans Christian Andersen qu'une adaptation littérale. De l’histoire originelle, il ne reste, en effet que deux éléments symboliques : la reine et la neige. Pour le reste, tout est inédit. Le conte aurait, en réalité, été trop violent pour être adapté tel quel par Disney. Walt Disney, en personne, s’y était d’ailleurs attelé, en vain. Il faut dire que le projet de La Reine des Neiges a connu bien des péripéties. Le film entre, en effet, en production durant les années 2000 puis voit son développement stoppé en 2002 puis relancé pour être à nouveau arrêté en 2010. C’est ainsi le succès de Raiponce qui va lui donner une quatrième chance d’aboutir ! La clé scénariste du récit est alors trouvé : il s’agit de faire des deux protagonistes, Anna et Elsa, deux sœurs ; cet élément permettant d'apporter beaucoup d'émotions et de rendre l'histoire attrayante pour le public contemporain...

Après cette trouvaille, la genèse du film n’a pas été facile. Chris Buck, le réalisateur de Tarzan, est, il est vrai, chargé dans un premier temps de réaliser seul le long-métrage. Fin 2012, la direction des studios Disney lui adjoint une coréalisatrice, en la personne de Jennifer Lee, connue des Fans Disney pour son travail sur l'écriture des (Les) Mondes de Ralph. Le duo fonctionne bien ; chacun se complétant l’un l’autre. Chris Buck amène en effet l'expérience et la connaissance des classiques 2D tandis que Jennifer Lee apporte, elle, la fraicheur de la jeunesse, une belle capacité d’émotion entre les personnages et surtout une touche féminine. C'est assez rare pour le souligner : elle est la première femme à devenir réalisatrice d'un film d'animation des Walt Disney Animation Studios. Une immense première ! Autre gage de qualité, comme Glen Keane avait été le lien entre l'animation 2D et 3D sur Raiponce, Disney a voulu conserver ici le même schéma avec La Reine des Neiges. Mark Henn, l'animateur de Tiana dans La Princesse et la Grenouille ou de Belle dans La Belle et la Bête, supervise donc pour La Reine des Neiges l'animation et fait en sorte qu’elle soit, même en 3D, d’une fluidité digne de la 2D.

En pensant à une redite de Raiponce, les spectateurs ont, en réalité, remarqué inconsciemment que Disney avait – enfin ! - trouver son style en animation assistée par ordinateur comme il l'avait fait en animation traditionnelle. Raiponce et La Reine des Neiges ont la même ambition : donner aux Walt Disney Animation Studios, une identité visuelle forte et reconnaissable. Ainsi, les personnages ont des yeux expressifs et une animation très fluide. Raiponce avait été ce qui se faisait de mieux en animation de personnage humain à l'époque. Et malgré la beauté formelle de Rebelle, Pixar, pourtant Maître absolu de la 3D, n’est pas parvenu à faire mieux que Disney sur ce plan là : l’élève s’est émancipé. Les premières images confirment en effet cette excellence dans l'animation : affirmation revendiquée à juste titre par le producteur Peter Del Vecho. Il avoue ainsi que si le gros chalenge de Raiponce fut de gérer la grande chevelure, dans La Reine des Neiges, ce sont les expressions faciales qui constituent le grand bon en avant. Les personnages ont des expressions qui, d'après lui, n’auraient pu être d’obtenues trois ans plus tôt pour Raiponce !

Pour le projet, les artistes de Disney sont partis en Norvège afin de s'inspirer de l'ambiance, des paysages mais aussi des habits et des motifs. Certains ont même poussé leur périple jusqu'en Scandinavie et son grand nord. De là, ressortent des premières images tout simplement magnifiques. Le spectateur est impressionné par les habits que cela soit leur textures ou les détails dans leur broderie. Les paysages sont tout aussi splendides avec une première dans un film d'animation de princesse Disney. Cette fois-ci, le château est en contrebas alors qu'auparavant ils ont toujours été surélevés. Ici, le palace d'Arendelle se situe sur le bord d'un lac, entouré de fjords escarpés, comme-ci, le but était de le rendre (et à travers lui, la présence humaine) petit et vulnérable par rapport à la Nature. Autre point qui apporte plus de majesté aux images : l'utilisation du cinémascope ! La Reine des Neiges est donc le septième film des Walt Disney Animation Studios à proposer un format d'écran large après La Belle et le Clochard, La Belle au Bois Dormant, Taram et le Chaudron Magique, Atlantide, L'Empire Perdu, Frère des Ours en partie et Les Mondes de Ralph.

Peter Del Vecho revient également sur les chansons. Pour lui, elles sont une part importante de l'héritage Disney car elles permettent de faire passer l'émotion en faisant dire aux personnage leurs pensées les plus profondes, évitant de longs et ennuyeux monologues. Pour La Reine des Neiges, l'équipe a choisi de faire appel aux compositeurs Robert Lopez et Kristen Anderson-Lopez. Ils sont connu des fans Disney pour avoir signé les chansons du film de 2011, Winnie l'Ourson, et des fans de Musicals pour les airs de deux spectacles de Broadway, The Book of Mormon et Avenue Q. Trois chansons ont été révélées lors de la présentation : une amusante entre Kristoff et Sven, une seconde très Broadway et enfin celle d'Elsa, Let It Go. Cette dernière est tout simplement fabuleuse ! Sa séquence donne des frissons non seulement musicalement mais également visuellement. Assurément l’une des meilleures chansons Disney dans un long-métrage depuis les années 90 ! Idina Menzel qui prête sa voix (chantée et parlée) à Elsa est tout simplement ex-tra-or-di-naire !

L'élément comique est aussi très important chez Disney. La présence de petits personnages occupe cette fonction et amène en effet cette légèreté que les spectateurs du label plébiscitent. Certains d’entre eux reprochent pourtant ici la présence d’Olaf ou de Sven. Quelle hérésie que celle de se complaire dans cette attaque infondée ! Les toons secondaires et amusants ont toujours été présents dans les films des Walt Disney Animation Studios : c’est tellement vrai qu’il serait d’ailleurs fastidieux d’en faire une liste exhaustive ! Peter Del Vecho rappelle donc que des personnages comme Olaf sont là pour être drôles. Et pour cela, quoi de mieux qu’être foncièrement naïf pour délivrer des réflexions que des humains ne pourraient pas faire sans passer pour de doux imbéciles. Ils amènent ainsi non seulement une autre perspective, comique certes, mais aussi émouvante. Sur le cas précis d’Olaf, les craintes que certains ont eu avec son apparence,- qui le ferait vaguement ressembler à Martin de Cars - Quatre Roues version bonhomme de neige - sont levées une fois le personnage en mouvement et utilisant la voix de Josh Gad (The Book of Mormon) : il se révèle alors attachant à souhait. Il bénéficie d’ailleurs d’une séquence chantée qui, par sa drôlerie, en convaincra plus d’un, sans parler de sa capacité à détacher son corps en plusieurs parties, promettant là-aussi de belles trouvailles...

A ce stade des révélations, La Reine des Neiges ne laisse donc pas indifférent. Le film réactive d’ailleurs sur le web français (c'est moins vrai outre-Atlantique) l’éternel débat tinté de mauvaise foi et d’injustice vis-à-vis de la ligne éditoriale du label Disney. Quand ce dernier explore des thèmes sortant pour lui des sentiers battus comme ce fut le cas en 2012 pour Les Mondes de Ralph, certains esprits chagrins lui reprochent de « ne pas faire du Disney ». Et quand il revient à sa formule magique (le conte de princesse), les mêmes esprits chagrins lui reprochent de « faire du Disney ». Il faudrait savoir ! En fait, et une bonne fois pour toute : Disney est légitime sur tous les thèmes ; seule la qualité du long-métrage importe réellement !

Pour les fans Disney, les premières images et extraits révélés lors de cette présentation ne peuvent que rassurer sur la beauté et la qualité du film. La Reine des Neiges semble aussi prometteur que Raiponce et, contrairement à lui, au même stade du projet, voit beaucoup d’espoirs placés en lui.
L’attente jusqu'au prochain Noël va être longuuuuuuuuuuuuue !