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La Conférence de Presse de
Captain America : Le Soldat de l'Hiver

L'article

Publié le 23 mars 2014

A l'occasion de la sortie de Captain America : Le Soldat de l'Hiver, Chronique Disney a eu la chance d'assister à la conférence de presse parisienne, le lundi 17 mars 2014. Pour l'évènement étaient présents : les réalisateurs Anthony et Joe Russo ; Scarlett Johansson, interprète de La Veuve Noire ; Chris Evans de Steve Rogers et Samuel L. Jackson de Nick Fury.

Chris Evans, de son nom complet Christopher Robert Evans, est né le 13 juin 1981 à Sudbury, dans le Massachusetts. Déjà vu en personnage Marvel (la Torche Humaine) dans Les Quatre Fantastiques et Les Quatre Fantastiques et le Surfer d'Argent (2007), l’acteur confirme sa belle capacité à endosser un rôle de super-héros avec Captain America - First Avenger.

Née le 22 novembre 1984 à New York, Scarlett Johansson a, quant à elle, été révélée, jeune adolescente, grâce à son rôle dans L'Homme Qui Murmurait à l'Oreille des Chevaux puis a enchaîné les succès critiques avec Ghost World ou Lost in Translation avant de devenir la nouvelle muse de Woody Allen avec Match Point. Éclectique, elle ne délaisse pas les blockbusters, tenant notamment le rôle de La Veuve Noire dans les films Iron Man 2 et Marvel's Avengers.

Samuel Leroy Jackson est né le 21 décembre 1948 à Washington DC. Il est connu pour avoir tenu des seconds rôles dans de nombreux films à succès tels que Jurassic Park, Pulp Fiction, Une Journée en Enfer - Die Hard 3, Jackie Brown, Star Wars - Épisode I : La Menace Fantôme, Incassable, Marvel's Avengers ou Django Unchained.

Anthony et Joe Russo grandissent à Cleveland, dans l'Ohio. Avant de suivre une formation aux métiers du cinéma, ils écrivent, réalisent et produisent une comédie, Pieces. Le film est ainsi présenté en 1997 au Slamdance Film Festival de Park City, dans l'Utah, et à l'American Film Institute Festival à Los Angeles, où Joe obtient le Prix du Meilleur Acteur de l'American Film Institute. Steven Soderbergh découvre alors le talent des frères Russo et leur propose de produire en 2001, via sa société Section Eight, leur prochain long-métrage : Bienvenue à Collinwood. En 2006, ils réalisent leur troisième long-métrage et troisième comédie, Toi et moi...et Duprée. Parallèlement à partir de 2003, ils continuent de réaliser et produire plusieurs épisodes de séries telles que Lucky, LAX, Arrested Development, Community ou bien encore Happy Endings.

[Presse] Captain America : Le Soldat de l'Hiver est très différent de Captain America - First Avenger et de Marvel's Avengers : Anthony et Joe Russo, comment vous êtes-vous appropriés la mythologie Marvel et Captain America ?

[Joe Russo] Pour moi, cela a été un voyage passionnant car depuis l'âge de 10 ans, je collectionne les comics. J'ai toujours dans mon placard des milliers de fascicules. Nous sommes d'ailleurs tous deux vraiment des fans absolus. C'est vrai qu'enfant, j'adorais Captain America mais je lui trouvais des aspects un peu superficiels, un peu égoïstes en quelques sortes. Et lorsque j'ai lu la version par Ed Brudbaker en 2005, Le Soldat de l'Hiver, je me suis dit que c'était un moyen de déconstruire le personnage, de faire du post modernisme avec Captain America. C'était un angle qui m'intéressait particulièrement puisqu'il inversait le mythe et la mythologie.

[Anthony Russo] Il y avait deux choses qui étaient fascinantes. Nous pouvions grâce à ce film combiner deux passions : celle que nous avons pour les comics et celle que nous avons pour les thrillers politiques des années 70 avec lesquels nous avons grandi. Je me souviens, par exemple, que nous regardions avec notre père des films comme Les Trois jours du Condor. C'est un genre que nous avons donc voulu exploiter sur Captain America : Le Soldat de l'Hiver.

[Presse] Est-ce que le film a changé votre vision de votre personnage ?

[Chris Evans] C'est très important quand on tourne un film qu'il y ait une relation très personnelle avec le ou les réalisateurs, presque un mariage. Parce que visuellement, c'est vrai qu'un film, c'est très intangible. Plus il y a la communication avec l'équipe de production, plus c'est important pour les acteurs. Je me souviens lors de la première rencontre avec Anthony et Joe que nous avions les mêmes aspirations. Nous voulions pousser le héros plus loin, non seulement géographiquement mais aussi physiquement. Dans les deux premiers, il s'habituait à ses capacités et à ses pouvoirs. Mais là, nous voulions montrer pourquoi il a un rôle essentiel et central dans la mythologie des Avengers. Nous voulions aussi donner physiquement un style de combat bien plus moderne, bien plus adapté avec une technicité accrue. Tout ceci rend Captain plus intéressant, plus profond, plus abouti.

[Scarlett Johansson] Quand j'ai rencontré les équipes de Marvel, je me suis vite demandé comment ce personnage allait réellement exister au sein de cette mythologie. Dans les deux précédents films [NDLR : Iron Man 2 et Marvel's Avengers], j'étais juste posée là comme un personnage qui n'évoluait pas vraiment. Alors qu'ici, lorsque j'ai parlé avec les frères Russo et leur volonté d'aller vers le thriller politique des années 70, j'ai aimé le ton et la vision particulière qu'ils voulaient donner à mon personnage. Même si son passé reste mystérieux, il y a cet angle d'espionnage qui m'intéressait beaucoup !  Par ailleurs, et même s'il n'y a pas de contexte romantique possible ici avec mon personnage, il présente pas mal d'atomes crochus avec Steve Rogers.

[Samuel L. Jackson] Ce qui intéressant avec Nick Fury dans ce film, c'est qu'il s'inscrit un peu plus dans l'action. Quand il se sent trahi, il doit agir ! Il doit trouver des réponses qu'il se pose par rapport à lui-même mais aussi par rapport à son organisation. Ce qui est génial avec les films Marvel, c'est que c'est toujours nouveau ; les personnages sont appelés à faire d'autres choses. Donc quand nous nous trouvons, nous discutons, nous échangeons, nous nous demandons ce que nous avons fait entre temps. Et surtout, nous sommes prêts à jouer le jeu. Et le jeu que nous ont proposé les frères Russo était un jeu passionnant. Nous avons pris beaucoup de plaisir à nous retrouver tous ensemble.

[Presse] Chris, contrairement à Tony Stark ou à Thor, votre personnage est plus humble. Maintenant qu'il a accepté ses pouvoirs, comment a-t-il évolué et comment avez-vous trouvé un équilibre entre son humanisme et ses supers pouvoirs ?

[Chris Evans] Quand on a un personnage avec un caractère sans velléité aucune, il est très difficile de lui trouver une approche de jeu car finalement c'est quelqu'un qui ne se plaint jamais. Ce qui est intéressant ici, c'est que la société a extrêmement changé par rapport aux années 40. Et cette nouvelle vision de la société apporte une lumière crue de cette différence que nous acceptons tous, vous comme moi, de plus en plus. Captain America ne se considère pas comme un héros. Ce n'est jamais pour lui une bataille d'égo, ni un choix conscient. Même s'il a décidé de consacrer sa vie au Bien, le mot d'héroïsme lui-même n'est pas un mot qui rentre dans son vocabulaire quand il se lève le matin et qu'il met son costume. En fait, dès le départ, il y a un équilibre très sein entre son humanisme et son humilité profonde.

[Presse] Chris, est-ce facile d'utiliser un bouclier toujours accroché au bras  ; et pour les réalisateurs, est-ce facile d'intégrer cette arme à l'action ?

[Joe Russo] Dans le premier film, Captain combattait sans être entrainé. Dans les temps modernes, nous avons voulu montrer qu'il avait énormément pratiqué l'exercice de ses pouvoirs : sa technique de combat est désormais extrêmement moderne. Le bouclier est une extension naturelle de son personnage. C'était très important de montrer à travers lui, les différentes facettes de Captain America. Nous lui avons donné deux poignets, à la façon asiatique, afin qu'il soit, à la fois, une arme de défense mais aussi d'attaque. Nous voulions que le bouclier soit aussi versatile et complexe que le personnage.

[Chris Evans] Pour moi, c'est un peu plus facile car c'est la troisième fois que j'utilise ce bouclier. Il est devenu comme un extension de mon bras. Ici, il est utilisé comme une arme et non pas uniquement comme un objet défensif. La première fois que j'ai découvert le jeu vidéo adapté du premier film, je me suis dit : "Mais c'est génial !"... Le bouclier était utilisé de façon extrêmement dynamique et il fallait que je fasse de même. Et c'est là où les frères Russo sont très forts car ils ont exactement compris ça. Donc à la fois dans l'action et dans les effets spéciaux, ils ont donné une présence plus importante au bouclier.

[Presse] Quel est le secret pour être un grand super-héros !

[Chris Evans] C'est la générosité et ne jamais penser à soi. Chaque super héros est porteur de drames divers. Par exemple, Batman est très noir, très dur, très solitaire alors que Captain America refuse la force obscure et cherche la moralité. Pour moi, le vrai super-héros c'est celui qui a un altruisme total.

[Scarlett Johansson] Les muscles ! [Rires]

[Presse] Y a-t-il des scènes coupées ? Si oui, seront-elles proposées sur le DVD ? Et y a-t-il des clins d'œil comme dans tous les films Marvel ?

[Anthony Russo] Il y a eu des scènes coupées dont certaines apparaitront à coups sûr dans le DVD. Il y a eu deux années de développement pour faire le film et donc le scénario et le montage final sont très proches. Il y a tout de même une scène entre Scarlett et Samuel, qui était un moment un peu doux, pour montrer leur jeu d'acteurs. Sauf que nous avons trouvé qu'elle ne collait pas avec le ton de la fin.

[Joe Russo] En fait, c'est Scarlett elle-même qui a coupé cette scène. En effet, elle a estimé que ce n'était pas le bon moment, qu'elle était peu trop lente. Sinon à propos de clins d'œil, mon frère et moi avons toujours aimé en mettre dans nos séries. Marvel est aussi connu pour en placer beaucoup. Je vais vous en dévoiler trois : Sam fait référence à Pulp Fiction (d'ailleurs, il porte aujourd'hui un tee-shirt sur le film !) ; quand Robert Redford ouvre son frigo, il y a de la vinaigrette signée Paul Newman ; faites également attention aux titres des livres dans la bibliothèque de Steve Rogers. Nous pensons toujours que c'est très intéressant pour le public qui va peut-être revoir le film deux fois ou trois fois de pouvoir, à chaque fois, découvrir des choses et d'être surpris.

[Presse] Aux trois comédiens, quelles scènes vous ont données le plus de plaisir d'interprète ?

[Chris Evans] Comme c'est un film plein d'action, en ce qui me concerne, ce sont les scènes un peu plus calmes qui permettent de vraiment faire parler l'émotion. Celle que je préfère est une scène où je ne fais pas grand chose mais où Scarlett, et son personnage de Natasha, s'ouvre en montrant un aspect de sa personnalité rarement vu - et dans les films et dans les comics - avec une certaine vulnérabilité. Pour la première fois, elle s'ouvre un peu. Je l'ai regardé jouer et c'est un moment qui m'a touché infiniment.

[Scarlett Johansson] La scène coupée ?! [Rires] Non, c'est celle dont parle Chris. Il faut bien comprendre que c'est une production énorme. Parfois, pendant deux semaines, nous tournons des séquences à rien faire d'autres que courir, s'arrêter, courir, s'arrêter... Bref, à décortiquer des séquences d'actions pures et dures, même si une fois le film monté, chaque scène sera bien sûr explosive et formidable. Ce n'est pas le plus agréable pour un acteur. En revanche, toutes les scènes avec Sam ou avec Chris, où il était possible de jouer, d'être dans le verbe, d'être dans le scénario, de pouvoir nuancer son personnage, tout cela était bien plus agréable. D'ailleurs, dans ce film, il y a d'avantages de séquences comme celles-ci que dans les précédents.

[Samuel L. Jackson] Quand j'étais jeune, je regardais des films avec Robert Redford. Et à l'époque, je ne me disais pas que je serais un jour sur un plateau à ses côtés. Jouer une scène avec lui, être dans le même espace, c'était formidable ! Quand je prenais le téléphone et qu'on me demandait ce que j'ai faisais aujourd'hui, je répondais "Je jouais avec Redford !!!". Et là, je me dis que c'est génial. J'ai encore la capacité d'être surpris et émerveillé comme à mes débuts. Et ces scènes avec Robert Redford ont vraiment été ultimes.

[Presse] Aux réalisateurs, vous avez fait beaucoup de séries comiques comme Arrested Development, Community ou bien encore Happy Endings. Est-ce que le tempo de ces séries vous a aidé à bâtir celui d'un film d'action ?

[Joe Russo] Excellente question. Vous avez tout à fait raison, le timing, le rythme a été inspiré de l'un vers l'autre. Chorégraphier des scènes drôles, c'est aussi complexe que de chorégraphier des scènes d'action entre Captain America et le Soldat de l'Hiver.

[Presse] Chris, voudriez-vous avoir la sagesse d'une personne de 90 ans mais avec votre corps actuel ?

[Chris Evans] Ouah ! Quelle question ! Bien-sûr cela donnerait le quotidien plus gérable mais je pense que la vie c'est aussi faire des erreurs, apprendre d'elles, grandir... Je n'aimerais pas me priver de cette expérience.

[Presse] Pour vous, en tant que personne sous les projecteurs, trouvez-vous un équilibre entre liberté et sécurité ?

[Scarlett Johansson] Quand on est quelqu'un de connu, une part de votre liberté s'en va, mais j'ai grandi et je suis plus à l'aise dans ma peau. Donc les gens qui me regardent ou qui me fixent, j'accepte tout ça comme faisant partie intégrante de cette étrange réalité que vivent les acteurs. Parfois, nous avons des moments de panique ou de peur. Cela me rappelle que l'autre jour, nous sommes arrivés à l'aéroport de Los Angeles et des gens autour de nous ont dit :"Aussitôt qu'elle sort de la voiture, on l'attaque". C'est un terme qui peut faire peur mais aujourd'hui, je suis bien dans ma peau et j'accepte cette situation comme elle l'est.

[Chris Evans] Bien-sûr, on ne va pas non plus se plaindre de réussir ! Ce qui se passe, c'est que nos vies ne sont finalement pas très différentes de la vie des acteurs des années 80 par exemple... Mais avec l'arrivée d'internet et de la technologie, c'est vrai aussi que tout le monde veut et peut savoir ce qui se passe dans nos vies, à chaque instant. La nuance est là !

[Presse] Scarlett, allez-vous passer derrière la caméra ?

[Scarlett Johansson] Effectivement, je vais tourner mon premier film en tant que réalisatrice, le printemps prochain. C'est une adaptation de La Traversée de l'Été, un roman de Truman Capote.