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Vaiana, la Légende du Bout du Monde
Rencontre avec l'Équipe du Film

L'article

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Publié le 24 novembre 2016

Vaiana, la Légende du Bout du Monde est le cinquante-sixième long-métrage d'animation des Walt Disney Animation Studios. Dans le cadre de sa promotion, les voix françaises Cerise Calixte (Vaiana), Anthony Kavanagh (Maui) et Mareva Galanter (Sina), les réalisateurs John Musker, Ron Clements et la productrice Osnat Shurer se sont déplacés à Paris pour rencontrer les fans et blogueurs français dans le cadre d'une table ronde, le 17 novembre 2016.
Anthony Kavanagh avait déjà assuré la voix de Mushu dans le doublage québécois de Mulan, puis, en France cette fois, des personnages de Buck (La Ferme se Rebelle) et Ray (La Princesse et la Grenouille) tandis que Cerise Calixte avait participé à la comédie musicale La Belle et la Bête à Paris. Les réalisateurs, John Musker et Ron Clements, sont, quant à eux, à l'origine des classiques Basil, Détective Privé, La Petite Sirène, Aladdin, Hercule, La Planète au Trésor - Un Nouvel Univers et La Princesse et la Grenouille. La productrice, Osnat Shurer, a pour sa part également produit Explorons les Récifs avec Jean-Michel Cousteau, ainsi que les courts-métrages Pixar Saute-Mouton, Baby-Sitting Jack-Jack, L'Homme Orchestre et Extra-Terrien.

Accompagnés du superviseur artistique du doublage français Boualem Lamhene, tous, exceptée Mareva Galanter qui arrive tout juste de Tahiti, étaient présents à la projection qui avait lieu la veille au soir au Grand Rex, le film y étant présenté en exclusivité jusqu'à la sortie nationale du 30 novembre. Chronique Disney était de la partie.

Les Voix françaises

[Boualem Lamhene, superviseur artistique du doublage français] Anthony, Cerise et Mareva, que ressentez-vous lorsque Disney vous contacte pour vous annoncer que vous aurez potentiellement la possibilité de doubler un personnage dans un nouveau film d'animation Disney ?

[Cerise Calixte, voix de Vaiana] J'en étais très émue, je me suis dit que l'allais réaliser un rêve et étais impatiente de commencer.

[Mareva Galanter, voix de Sina] J'étais super contente, je me disais que j'allais peut-être jouer un crabe ou un cocotier, puis quand Boualem m'a raconté l'histoire de Vaiana, j'étais plus qu'enthousiaste et touchée car, étant née et ayant grandi à Tahiti, j'y ai vu une belle représentation de ma culture et un film qui allait y être extraordinairement fidèle ; c'était comme un cadeau.

[Anthony Kavanagh, voix de Maui] Elle m'a sorti le mot de la bouche : un cadeau. Quand j'ai vu ce personnage et que Boualem me l'a décrit, j'étais aux anges. Ce personnage a tout : il est drôle, de mauvaise foi, attachant, généreux, hyper égocentrique, à la fois superstar et enfant. Qui plus est, il chante et rappe ! Boualem m'a dit très tôt qu'il allait être le meilleur rôle qu'on m'ait jamais offert dans un film d'animation et il avait totalement raison. J'ai également réalisé mon rêve d'assister à une première avec mon fils qui vient d'avoir sept ans pour un film dans lequel il a pu entendre la voix de son papa.

[TVHLAND] Si votre enfant vous demande les tatouages de Maui, que lui répondez-vous ?

[Mareva Galanter] Les tatouages sont très ancrés dans la culture traditionnelle polynésienne. S'il veut faire exactement les mêmes, je ne suis pas sûr, mais s'il en veut qui a une signification importante pour lui, pourquoi pas !

[Au Café des Loisirs] Mis à part les longs cheveux, quels sont vos points communs avec les personnages que vous doublez ?

[Anthony Kavanagh] Son côté extraverti !

[Boualem Lamhene] Maui est un personnage très extraverti et rock'n'roll mais aussi profondément sensible, comme Anthony !

[Mareva Galanter] Je ne connais pas suffisamment bien Anthony personnellement mais quand j'ai vu le film, j'ai trouvé son personnage hyper attachant, malgré ses pouvoirs !

[Cerise Calixte] Moi, ce serait la force de caractère.

[Mareva Galanter] Moi, la douceur et la tendresse d'une maman, et l'amour de faire découvrir ma région.

[CinéCoulisses] Cerise, que ressentez-vous à l'idée d'être la voix d'une héroïne Disney qui va devenir emblématique pour une génération d'enfants et d'être le cauchemar des parents dans les parents avec Le Bleu Lumière ?

[Cerise Calixte] Petite, en regardant les films Disney, je n'imaginais pas qu'il existait des personnes qui prêtaient leur voix à ces personnages. Aujourd'hui, contribuer à cette magie est très important pour moi. Je n'ai pas peur de devenir le cauchemar des parents et j'espère en secret que Le Bleu Lumière connaîtra le même succès que Libérée, Délivrée. Je tiens d'ailleurs à préciser qu'il existe de nombreuses autres magnifiques chansons dans le film, notamment celle de Maui, Pour les Hommes interprétée par Anthony. Je propose donc aux parents d'écouter en boucle l'ensemble des chansons pour éviter la lassitude.

[Boualem Lamhene] Une précision utile : tous les rôles sont parlés et chantés dans ce film ; Mareva, Cerise et Anthony chantent tous les trois.

[Chronique Disney] Dans votre travail de doublage, de quelle manière vous inspirez-vous des voix originales interprétées par Dwayne Johnson (Maui), Auli'i Cravalho (Vaiana) et Nicole Scherzinger (Sina) et en quelle touche personnelle apportez-vous en français ?

[Anthony Kavanagh] J'ai appelé Dwayne Johnson, lui ai dit que son travail était nul, qu'on allait faire mieux en français ; il m'a répondu "Who are you?" et a raccroché. Plus sérieusement, Boualem m'a dit qu'il ne voulait pas que je sois Dwayne Johnson mais moi-même. Il m'a laissé improviser, particulièrement pour la scène du requin dans laquelle j'adopte une voix différente et amusante et qui n'existe pas en anglais. Il m'a laissé plusieurs petites phrases pour que ce soit drôle en français. Un réel bonheur.

[Cerise Calixte] Nous avons une certaine liberté et, les images étant elles-mêmes déjà très parlantes, il est facile de s'en inspirer. J'ai écouté le doublage d'Auli'i et m'en suis inspiré parfois, et éloigné quand cela semblait moins fonctionner en français, différence culturelle oblige. Il faut s'adapter à notre langage, à nos intonations et nous avons la chance d'avoir le temps d'essayer de nombreuses choses et de créer une riche palette d'émotions. C'est un véritable travail de comédienne.

[Boualem Lamhene] Notre travail s'inscrit dans le temps et restera vivant pour des années, il est donc impossible de se permettre la moindre approximation.

[Mareva Galanter] Les séances en studio se font avec beaucoup de confort ; nous avons du temps et une équipe artistique très professionnelle. Oui, nous écoutons les voix originales, mais le français sonne si différemment qu'il faut s'adapter.

[Anthony Kavanagh] La musicalité est différente.

[Pulp Movies] Qu'appréhendiez-vous le plus pour ce doublage ?

[Anthony Kavanagh] C'est la première fois que je double un être humain et non un animal. D'ailleurs, pour la chanson de Maui, c'est la première fois que je galère en studio. Pour les Hommes n'est pas évidente du tout, il faut chanter, rapper, être drôle, respecter le timing avec un débit de paroles élevé, avec plus de mots qu'en version originale mais en conservant le même rythme. J'ai fini par réussir mais il y a eu de nombreuses prises !

[Cerise Calixte] Étant habituée à enregistrer des chansons en studio, j'appréhendais surtout la voix parlée. Heureusement, nous avons suffisamment de temps et plus le film avançait, plus ça venait facilement, jusqu'à s'identifier totalement au personnage.

[Anthony Kavanagh] Et salutations aux deux directrices de plateau, Barbara Tissier pour les dialogues et Claude Lombard pour les chansons.

[Mareva Galanter] La chanson fut mon plus grand défi car elle n'était pas dans ma tonalité et je n'avais jamais chanté quelque chose avec ce style vocal et musical. Et grâce aux conseils de l'équipe, ça s'est bien passé.

[Comic Systems] Ce travail vous a-t-il donné envie de renouveler l'expérience et quel est le moment que vous avez préféré ?

[Cerise Calixte] Évidemment, cela m'encourage à continuer à chanter et je doublerais à nouveau avec plaisir. J'ai particulièrement aimé le moment où Maui explique le sens de ses tatouages à Vaiana ainsi que toutes les scènes avec Grand-mère Tala ; leur relation et la force que cette dernière donne à Vaiana m'ont beaucoup touchée.

[Mareva Galanter] La relation entre les enfants et leurs grands-parents est très forte dans la culture polynésienne. J'étais à l'avant-première tahitienne il y a deux jours et j'ai eu des retours d'enfants qui ont pleuré devant les passages entre Vaiana et sa grand-mère.

[Anthony Kavanagh] Je veux définitivement continuer à chanter et mes scènes préférées sont toutes celles où je la balance dans l'eau et la vanne !

[Mareva Galanter] J'ai adoré également et si on me demande un jour de faire un crabe, je le ferai !

[TVHLAND] Cerise, comme votre personnage, vous avez sans doute connu des doutes et des échecs dans votre vie et su vous relever, quels conseils donneriez-vous aux jeunes filles qui peuvent vivre la même chose ?

[Cerise Calixte] J'ai eu la chance d'être très bien entourée par ma famille et d'avoir un tempérament très jovial, ce qui me pousse à me relever facilement et rapidement. Les échecs me permettent d'avancer, comme Vaiana qui trouve toujours le moyen de dépasser chacun des obstacles qu'elle rencontre. Elle n'hésite pas à solliciter l'aide de ses proches, ce qui est également important.

[Disney News] Cerise, en quoi Vaiana est-elle différente des autres héroïnes Disney ?

[Cerise Calixte] Elle vient des îles du Pacifique et c'est une femme forte qui n'a aucun besoin d'un homme : il n'y aucune histoire d'amour, elle pense avant tout à son peuple et l'amour qu'elle a à donner se reporte sur ses amis, sa famille, Maui et ses animaux.

[Anthony Kavanagh] Un très beau modèle pour les jeunes filles.

[Au Café des Loisirs] Le film rend hommage à la nature, quelle est votre implication concernant sa sauvegarde ?

[Mareva Galanter] Venant de Tahiti, le lien avec la nature est plus important qu'en métropole. J'ai participé à des campagnes pour WWF et je suis marraine de l'association Un Défi Pour la Terre, sans compter les gestes du quotidien. L'environnement me touche, d'autant plus depuis que je suis maman.

[Cerise Calixte] J'ai eu l'occasion de promouvoir l'écologie lors de mon voyage à Tahiti pour le film. Nous avons notamment été dans un centre de soins pour tortues et je suis très fière de participer à mettre en lumière ces initiatives. Je vais bientôt entamer une tournée dans des classes d'école pour en parler.

[Anthony Kavanagh] Mon engagement est quotidien, surtout auprès de mes enfants à qui j'apprends l'importance du tri sélectif, de la lutte contre le gaspillage alimentaire. J'ai également soutenu Arash Derambarsh qui a lutté pour la création d'une loi pour que les supermarchés ne gaspillent plus leur nourriture.

[CinéCoulisses et Chronique Disney] Les versions françaises des films d'animation Disney sont unanimement appréciées et les chansons reconnues comme de grands classiques. Comment travaillez-vous ces adaptations et passez-vous par exemple de You're Welcome à Pour les Hommes ou de How Far I'll Go au Bleu Lumière ? Comment choisissez-vous les comédiens de doublage ?

[Boualem Lamhene] Nous collaborons avec des auteurs et des traducteurs. Disney Music Group nous envoie des États-Unis les chansons à adapter pour la sortie de l'album et nous nous accordons avec leur équipe. Je travaille très étroitement avec Virginie Courgenay avec qui nous écoutons les chansons de nombreuses fois afin d'insuffler les premières idées de traduction aux auteurs qui vont travailler sur l'adaptation des paroles. Il faut tenir compte du message, de l'interprétation, de la synchronisation labiale. C'est long et fastidieux mais on s'attache à y consacrer du temps et de l'énergie. Concernant le casting, nous faisons des ateliers de réflexion avec l'équipe, en regardant le film que nous avons le privilège de voir parfois trois ans avant la sortie. Cela nous permet de faire des listes de choix potentiels que nous partageons avec les autres services de The Walt Disney Company afin de s'assurer un casting à la hauteur. Pour le personnage de Vaiana, Cerise n'avait jamais fait de doublage mais excellait dans la comédie musicale. J'ai entendu sa voix bien avant de la voir physiquement, cela a donc été une surprise qu'elle ressemble au personnage. Travailler avec Anthony était une volonté dès le départ car ce n'était pas la première fois et que c'est un showman. Et pour Mareva, contrairement à ce qui a été lu dans la presse, nous ne l'avons pas choisie pour nous rattraper à la dernière minute parce que nous n'avions pas un casting polynésien. C'était une idée que nous avions depuis très longtemps et nous voulions lui proposer le rôle de Sina : elle est polynésienne, jolie, sympa, talentueuse, c'est une super ambassadrice et nous sommes ravis d'avoir collaboré avec elle.

Les Réalisateurs et la Productrice

[Chronique Disney] Comment forme-t-on une équipe pour réaliser un film comme Vaiana, la Légende du Bout du Monde basé sur des lieux, un imaginaire et une culture peu explorés par le studio jusqu'ici et, au-delà, mal connu du grand public ?

[Ron Clements, réalisateur] Notre supérieur John Lasseter est un fou de recherches et un grand travail a été effectué pour ce film. Nous savions que cela serait nécessaire, dès que l'histoire fut développée pour la première fois il y a cinq ans. John Lasseter nous a dit d'aller dans ces endroits, de nous imprégner de ces cultures et d'en apprendre autant que possible, ce qui nous a mené à effectuer un voyage de trois semaines dans les Samoa, les Fidji et à Tahiti et les îles alentours. Nous avons tant appris à propos de l'histoire de ces peuples, notamment sur la navigation, la façon dont ils partaient à l'aventure sur l'océan et comment ils le considèrent comme un être vivant, mais aussi leur connexion avec la nature et leurs ancêtres du passé. Toutes ces informations ont fini par créer le film final : nous n'avions qu'un synopsis et une vague ligne directrice à l'époque, aussi ce que nous avons appris là-bas a énormément influencé l'œuvre finale.

[Osnat Shurer, productrice] Je me sens très privilégiée d'avoir pu travailler avec deux réalisateurs qui ont créé tant de grands films avec lesquels la plupart d'entre nous avons grandi. Le cinéma d'animation est probablement la forme d'art qui demande le plus de collaboration. Le projet a commencé avec ces deux réalisateurs, puis j'y ai pris part avant que l'équipe ne s'agrandisse de plus en plus et ne bénéficie du talents d'extraordinaires scénaristes, de fantastiques animateurs des Walt Disney Animation Studios, jusqu'à des artistes des îles du Pacifique que nous avons rencontrés au fil de la production : des archéologues, des anthropologues, des tatoueurs, des chorégraphes, tous ont créé ce qu'on nous avons appelé notre "Oceanic Story Trust" qui découle de notre équipe "Story Trust" initiale. Elle consiste en un ensemble de réalisateurs et de créateurs aux Walt Disney Animation Studios qui se concertent et travaillent ensemble pour s'assurer que nos films soient les meilleurs possibles. Ainsi, notre premier scénariste venait du Pacifique, ainsi que certains de nos musiciens.

[Presse] Pourquoi avoir choisi d'animer Mini Maui en animation traditionnelle plutôt qu'en images de synthèse comme le reste du film ?

[John Musker, réalisateur] Nous adorons l'animation traditionnelle et cherchions une opportunité pour l'intégrer quelque part dans le film. Ainsi, Mini Maui mais également la séquence d'ouverture sont animés à la main par Eric Goldberg, responsable de l'animation du Génie dans Aladdin. Il a supervisé l'animation de la séquence de l'île originelle qui surgit et donne vie aux autres îles. Nous souhaitions apporter un style visuel à ces séquences mais il n'y a pas de peintures traditionnelles dans ces îles, plutôt des sculptures, aussi l'art pictural typique est le tatouage. Nous étions ainsi très emballés à l'idée de voir les exploits de Maui tatoués sur son corps et c'est par la suite que l'idée nous est venue de faire de l'un de ses tatouages une conscience à la Jiminy Cricket. En terme de scénario, cela permet aussi de contrebalancer l'égo surdimensionné et l'imposante carrure de Maui en utilisant ce petit personnage qui peut le contredire et s'attacher à Vaiana et devenir son allié, malgré Maui lui-même. Nous adorions l'idée de fusionner ces deux techniques d'animation et cela a été un plaisir à faire.

[Presse] Vaiana semble être née de la fusion du meilleur des héroïnes Disney précédentes. Est-ce le début d'une nouvelle ère ?

[Ron Clements] Nous avons eu à faire avec des héroïnes Disney auparavant telles que Ariel, Jasmine et Tiana : Vaiana est une femme unique en son genre. Elle se lance dans une aventure héroïque différente et se lance dans une quête non pas pour trouver l'amour mais pour sauver son monde. Il n'y a pas de romance dans l'histoire, elle est une héroïne d'action, ses limites sont repoussées, son courage, son endurance, sa compassion sont mis à l'épreuve, elle doit véritablement faire ses preuves pour devenir la personne qu'elle est destinée à être. C'est ce qui la rend différente.

[Chronique Disney] Vous avez réalisé La Planète au Trésor - Un Nouvel Univers qui est aussi un film d'aventure dans lequel le héros voyage d'un point à l'autre avec un mentor qui ne coopère pas toujours. Par ailleurs, la séquence L'Oiseau de Feu de Fantasia 2000 semble vous avoir également inspiré pour ce nouveau film. Pouvez-vous nous parler de l'héritage de ces deux films ?

[John Musker] L'Oiseau de Feu de Fantasia 2000 nous a indubitablement inspirés : s'y trouve un être volcanique magnifiquement animé par les frères Brizzi, réalisateurs français de cette séquence. Nous étions familiers avec celle-ci et nous en sommes inspirés à notre manière. Il y a une réelle analogie entre Vaiana, la Légende du Bout du Monde et La Planète au Trésor - Un Nouvel Univers, c'est un film d'aventure avec deux personnages sur un bateau et une relation de mentorat. La différence entre Jim Hawkins et Vaiana est que Jim a une famille dysfonctionelle : il a perdu son père et cherche à se trouver une raison de vivre. Vaiana a de bonnes relations avec ses parents.

[Ron Clements] Et à l'inverse des autres héroïnes, elle a ses deux parents !

[John Musker] C'est un choc dans l'histoire de Disney ! Ces deux films sont certes similaires de par le thème du voyage entrepris par un adolescent qui s'accomplit mais différents de par l'univers développé et le fait que le second soit une comédie musicale.

[Presse] Le réalisme des graphismes est particulièrement impressionnant (les cheveux, l'eau, etc.). Jusqu'à quel point peut être poussé le réalisme d'un film d'animation pour qu'il se différencie suffisamment d'un film à prises de vues réelles ? Vous imposez-vous une limite ?

[John Musker] Je sais que c'est un sujet de plus en plus abordé à une époque où l'animation assistée par ordinateur ressemble de plus en plus à la réalité. Nous, nous ne voulions pas nous diriger sur ce terrain-là. Il y a de magnifiques détails très crédibles dans l'animation des comportements des personnages mais, même si cela peut paraître subtil, cela reste toujours suffisamment proche de la caricature pour que l'on reconnaisse qu'il s'agit toujours de personnages animés. Par nature, l'animation est une représentation fantasmée et augmentée de la réalité. Nous aimons par exemple l'Océan du film qui a la crédibilité du véritable océan, avec ses mouvements et ses reflets tout en étant aussi un personnage imaginaire, c'est un hybride très intéressant. Aussi beaux qu'ils puissent l'être, nous avons magnifié les paysages des îles du Pacifique. Nous avons pris de nombreuses photos et, au moment de les regarder pour les dupliquer en animation, elles ne correspondaient pas à notre souvenir ; nous les avons donc caricaturées en terme de couleurs, de formes, de mouvements et, en cela, avons été plus fidèles au souvenir émotionnel que ces îles nous ont laissé.

[Presse] Est-il envisageable d'imaginer un univers partagé entre les films d'animation des Walt Disney Animation Studios ?

[Ron Clements] Non c'est impossible.

[John Musker] Mais il y a ce que nous appelons des "Easter Eggs" (littéralement, Œufs de Pâques).

[Osnat Shurer] Ce sont des clins d'œils fait à d'autres films que vous pouvez trouver si vous regardez très attentivement. Mais un univers partagé est impossible car nos histoires se passent dans des univers et des époques incompatibles, sans compter les styles visuels qui sont différents. Créer un crossover est donc plutôt improbable, à moins de le faire séparément pour le fun, comme avec la série Once Upon a Time - Il Était une Fois. C'est très important pour nous de développer des mondes et des personnages uniques et se suffisant à eux-mêmes.

[Ron Clements] Cependant, restez à l'affût du prochain film, Les Mondes de Ralph 2, dans lequel Ralph se rend dans le monde d'Internet. Je n'en dirai pas plus !