Man and the Moon
L'écran titre
Titre original :
Man and the Moon
Production :
Walt Disney Television
Date de sortie USA :
Le 28 décembre 1955
Genre :
Documentaire
Date de sortie cinéma :
1958
Réalisation :
Durée :
54 minutes

Le synopsis

Après une présentation documentée de la fascination qu'exerce depuis toujours la Lune sur les hommes, puis de son rôle dans l'équilibre terrestre, le film, servi par le scientifique Dr Wernher Von Braun, décortique, avec moult détails, les enjeux technologiques d'un séjour sur le satellite de la Terre. Un petit film de science-fiction vient terminer l'opus, dans une vision imaginaire du premier vol humain lunaire.

La critique

rédigée par
★★★

Man and the Moon est un épisode diffusé dans le cadre de l'émission de la chaîne américaine ABC, Disneyland.

C'est la deuxième incursion de Walt Disney dans le monde de l'espace après À la Conquête de l'Espace dont il reprend exactement la même construction. Le Maître introduit ainsi le thème de l’épisode en s’appuyant sur des images tournées dans son parc Disneyland, ouvert il y a quelques mois seulement, avec notamment des photos et concept-arts de Tomorrowland. Il passe ensuite la parole à Ward Kimball qui aborde précisément le sujet de la Lune. Dans une première grosse partie, le fameux animateur revient sur les mythes et légendes de l’astre lunaire depuis les hommes préhistoriques, la construction du télescope de Galilée jusqu'aux comptines contemporaines, non sans oublier son utilisation dans les pièces de Shakespeare ou la mythologie. Les Français s'amuseront d’ailleurs à noter au passage une gentille parodie de Cyrano de Bergerac. Pour illustrer le propos, son équipe et lui utilisent une animation stylisée, en vogue à l’époque, d'une beauté incroyable. Pour la petite histoire, un de ses collaborateurs n’est autre que John Donne qui travaillera plus tard sur les gags de La Panthère Rose. A remarquer également dans cette partie de l’épisode une parodie savoureuse d'une chanson de Tim Pan Alley, Ah, See the Moon où les auteurs s’amusent à prouver à quel point il est facile de trouver des rimes avec le mot anglais "moon". Ils partent vite dans le grand n'importe quoi quand ils en arrivent à faire rimer "moon" avec à peu près tout comme "June" (juin), "macaroon" (macaron), "honeymoon" (lune de miel), "spoon" (cuillère) ou Daniel Boone !

Dans une deuxième partie, plus courte, Ward Kimball explique le principe des éclipses solaires et lunaires. A l’aide de schémas animés, il montre en effet qu'une éclipse de Soleil se produit lorsque la Lune se trouve entre le Soleil et la Terre (une partie de la Terre étant alors dans l'ombre ou la pénombre de la Lune) alors qu'une éclipse de Lune se produit, elle, lorsque la Terre se trouve entre le Soleil et la Lune (cette dernière étant alors dans l'ombre de la Terre). L'artiste passe ensuite vite la parole à Wernher von Braun, l'astrophysicien connu des téléspectateurs disneyens depuis À la Conquête de l'Espace. Ici, il révèle les différentes étapes à suivre selon lui pour aller sur la lune. La première phase est, d’abord, de construire une base orbitale habitée autour de la Terre. Composée d’un équipage de 50 personnes, elle servirait de poste avancé pour un futur voyage sur le satellite naturel. Ainsi, grâce à des séquences animées, il présente le montage de cette fameuse station. Dans un style typique des années 50, replacée dans le contexte de la Guerre Froide qui plus est, la séquence a de quoi impressionner.

Le clou du spectacle est assurément la dernière séquence où est imaginé le premier voyage de l'homme autour de la Lune. A la différence d'À la Conquête de l'Espace, ces évènements relevant (à l'époque) de la science-fiction sont proposés via des acteurs et non des illustrations animés. Quatre astronautes dans un cockpit sont ainsi montrés en train de faire le tour de la Lune dans un climat tendu où une petite astéroïde endommage un réacteur obligeant l’un des pilotes à utiliser un module spatial (désigné spécialement par Wernher von Braun) pour effectuer les réparations d’urgence ; le tout étant entrecoupé de photographies de la Lune obtenues via les télescopes terrestres. Si soixante ans plus tard, cette séquence fait bien sûr très kitch tant elle a excessivement vieilli, elle donne à elle-seule à l’ensemble un charme indéniable, typique des années 50.

Enfin, le téléspectateur attentif soulignera une scène assez étonnante. Alors que l'équipage est en train de photographier la face cachée de la Lune, l’un des clichés révèle via le flash un cratère un peu bizarre presque rectiligne, comme s’il ressemblait à une base spatiale... Mise à part une musique dramatique, ni l'équipage, ni le narrateur ne donne alors d'explications à sa présence ; le vaisseau faisant immédiatement après son chemin de retour triomphal vers la Terre. Restent donc de simples suppositions et interrogations fugaces ! Pourquoi cette scène ? Walt Disney veut-il laisser supposer l’existence d’une vie extraterrestre ? Est-ce une simple volonté d’amener un peu de fiction dans un exposé de science proche d'une réalité plausible ? A moins que cela soit tout simplement, un teaser pour le troisième opus de la série sur Tomorrowland ? Difficile en l’état de répondre à ces questionnements...

L'émission est diffusée pour la première fois le 28 décembre 1955, puis rediffusée le 13 juin 1956. Elle obtient une troisième rediffusion le 25 septembre 1959 sous le titre, Tomorrow the Moon tandis que l'épisode a droit à une sortie au cinéma à l'international en 1958.

Même s'il est toujours aussi passionnant, Man and the Moon est le moins palpitant des trois épisodes spatiaux de l'émission d'anthologie, Disneyland. Ceci à cause d'une animation un peu moins palpitante et débridée même si elle reste toujours aussi imaginative. En revanche, fait notable, autant le premier épisode s’est révélé incroyablement précurseur du futur, autant le second est resté ancré dans le domaine de la science fiction...

L'équipe du film

1914 • 1983
Compositeur
1901 • 1966
Producteur
1914 • 2002
Réalisateur

L'édition vidéo

L'épisode est sorti, en DVD Zone 1, dans le titre de la collection Walt Disney Treasures : Tomorrowland.