Numéro Quatre
L'affiche du film
Titre original :
I Am Number Four
Production :
DreamWorks Pictures
Date de sortie USA :
Le 18 février 2011
Distribution :
Touchstone Pictures
Genre :
Science-fiction
IMAX
Réalisation :
D.J. Caruso
Musique :
Trevor Rabin
Durée :
112 minutes

Le synopsis

John Smith est un adolescent pas tout à fait comme les autres. Menacé de mort, il n’a pas le droit au répit et fuit sans cesse, épaulé dans sa course par Henri qui veille sur lui depuis toujours. Dénué de passé, il est ainsi le « nouveau venu » dans tous les endroits où il pose ses valises, sans jamais pouvoir espérer y rester très longtemps.

Pourtant, quand il débarque dans une petite ville de l’Ohio, son destin s’accélère subitement. De son premier amour à la découverte de ses incroyables aptitudes, il tisse, en effet, peu à peu des liens avec des gens qu’il n’imaginait pas pouvoir s’autoriser à devenir leur ami…

La critique

rédigée par
★★★

Numéro Quatre est la première collaboration de la Walt Disney Company avec Dreamworks : il est, en effet, le tout premier film de la société de production au petit pêcheur lunaire à se voir distribué par un des labels de Mickey (l’ennemi de toujours !) Touchtsone Pictures. Dreamworks propose ainsi un long-métrage de science-fiction pour adolescents qui sait se montrer efficace, prenant et haletant même s'il n'arrive pas tout à fait à s'affranchir de certains clichés du genre.

Dreamworks a été créée en octobre 1994 par Steven Spielberg, Jeffrey Katzenberg (l'ancien et rancunier responsable de Walt Disney Feature Animation) et David Geffen (le fondateur de Geffen Records). Leurs premiers films "Live" débarquent ainsi sur les écrans en 1997 tandis que l’animation est, elle, investie l’année suivante. Les trois créateurs ont très vite, pour leur nouvelle structure, de grandes ambitions. Ils visent, en effet, à monter de toutes pièces un nouveau grand studio multimédia (à côté des Disney, Warner et autre Universal) apte à déferler dans les domaines du cinéma, de la télévision ou encore de la musique. Dreamworks va d’ailleurs jusqu’à s’installer à Glendale juste à proximité immédiate d’ABC et du campus de Walt Disney Imagineering. Mais le succès hors des salles obscures tarde à venir. Seule la branche cinéma du studio est, il est vrai, particulièrement active avec des films d’animation et des « live », notamment ceux de Steven Spielberg (dès Amistad).
Rapidement en proie à des soucis de rentabilité, le rêve d’un Dreamworks hégémonique s’envole. Ses structures Animation et "Live" se séparent donc en 2004 avec, pour fait marquant, la concrétisation de l'indépendance de Dreamworks Animation (la seule branche, en réalité, à faire du profit !). Il est d’ailleurs curieux de voir les deux entités nées de la scission conserver le même nom ; la section Animation, propriétaire du tradermark de Dreamworks, autorisant sa consœur «Live » à continuer de l’utiliser...
Il n’empêche ! La structure "Live", Dreamworks SKG, ne peut vivre de ses propres ailes. Le 11 décembre 2005, Viacom via Paramount Pictures la croque pour 1,6 milliard de dollars ; Dreamworks Animation demeure, elle, indépendante même si ses œuvres se voient désormais distribuées par Paramount Pictures.
Nouveau rebondissement en 2008, Dreamworks SKG souhaitant redevenir une société de production indépendante (à défaut d'être un vrai studio tournant à plein régime) se met en recherche de financements pour y parvenir. Elle les trouve auprès de la compagnie indienne Reliance ADA Group qui accepte de mettre sur la table une partie des 1.5 milliard de dollars nécessaires à l'indépendance. Paramount est, à l’occasion, « gentiment remercié » tandis qu’un nouveau partenaire de distribution est souhaité. Tout le landernau hollywoodien mise alors sur Universal quand, à la surprise générale, le 8 février 2009, Steven Spielberg annonce achever la signature d'un contrat de cinq ans pour accorder à Walt Disney Studios Motion Pictures via son label Touchstone Pictures la distribution de trente films de Dreamworks SKG, désormais indépendante. Dreamworks Animation reste, elle, en revanche chez Paramount Pictures, et ce jusqu'à la fin de leur premier deal, soit décembre 2012. Numéro Quatre est donc le premier des trente films Dreamworks SKG distribués par Touchstone Pictures !

Le long-métrage est adapté du livre éponyme écrit par Pittacus Lore, un pseudonyme sous lequel se cachent en réalité deux écrivains, James Frey et Jobie Hughes. Sorti en août 2010, il est resté six semaines parmi les best-seller de la littérature pour enfants et adolescents. Dreamworks en achète d’ailleurs les droits d'adaptation avant parution dès 2009, sans doute dans l’idée de se construire sa saga « Twilight » bien à lui ; l'histoire étant construite sur six tomes, le deuxième étant prévu à l'été 2011...

Genèse oblige, Numéro Quatre est loin de faire dans l'originalité. Il flirte clairement avec des séries comme Roswell ou Smallville le tout saupoudré d'un zeste de Twilight. Le scénario est ainsi solidement bâti comme une franchise avec neuf rescapés d'une planète lointaine, tous réfugiés sur Terre et dont les trois premiers sont déjà morts assassinés. Le thème du seul survivant final n’est donc pas bien loin même si, chose curieuse, les méchants (les Mogadoriens) ont dans l’idée de se débarrasser des neufs spécimens dans l'ordre, du numéro 4 au 9, avant de passer à l'extermination des Terriens proprement dit...

Le film s’adresse pour cela et sans détour au public adolescent. Sur le registre des clichés habituels du genre, rien n’est donc laissé sur le bas côté. L'action se déroulant principalement au lycée, le héros est ainsi un jeune paumé esseulé qui se lit d'amitié avec un gamin rejeté et qui tombe amoureux d'une photographe, ancienne pom-pom girl... Et tant pis si certaines scènes sont risibles de platitude comme celle où , au plus fort de l’action, les deux tourtereaux choisissent de développer des photos plutôt que de battre en retraite devant un danger imminent... Du romantisme adolescent en version Chabada-bada, featuring Biactol !

Pourtant, Numéro Quatre ne saurait être réduit à quelques fautes de goût : le film sait, en effet, être parfaitement efficace, prenant et sans temps morts. Le spectateur suit donc avec plaisir les pérégrinations du héros aussi bien dans ses scènes d'action que celles plus calmes ; la découverte de l’étendue de ses pouvoirs étant même une vraie réussite tant elle est de nature à renverser le cours des choses : de traqué, Numéro 4 devient le traqueur !

Les acteurs se révèlent alors plutôt crédibles dans leur rôle respectifs et devraient sans trop de mal emporter le cœur des adolescent(e)s...
John Smith (Numéro Quatre) est ainsi interprété par Alex Pettyfer. Le jeune premier endosse à merveille la posture de l'ado malmené, tour à tour, téméraire et sûr de lui ou apeuré et maladroit. Il restitue, d’ailleurs, avec une belle aisance, la frustration de son personnage qui recherche un peu de normalité chez les Terriens, lui un « Lorien », au destin hors du commun. Il est à ce titre encore plus bluffant quand il utilise ses pouvoirs développant à l’occasion une aura insoupçonnable de prime abord.
Sarah, la petite amie de John, est jouée par Dianna Agron (Glee). C'est un personnage mature qui a su s'éloigner des contraintes imposées par ses camarades de classes afin de sortir de la « dictature de la popularité » pour s'adonner à sa passion personnelle, la photographie. Un peu hors norme, elle n’a dès lors pas trop de mal à s’attacher à ce garçon surnaturel.
Le jeune acteur australien, Callan McAuliffe, tient, pour sa part, le rôle de Sam, le meilleur ami de John. Rejeté de tous, tête de turc du lycée, il paye au prix fort la foi qu’il porte en son père, disparu alors qu’il était, selon lui, à la recherche d’une preuve de la présence de vie extraterrestre sur Terre. John, appréciant peu les brimades que ce jeune garçon subi à longueur de journée, se prend logiquement d’amitié pour lui.
Numéro Six est, quant à elle, jouée par Teresa Palmer (L'Apprenti Sorcier, Histoires Enchantées...). Rebelle assumé, son personnage, dénué d’une réelle originalité que l’actrice ne parvient pas à compenser, décide ainsi de ne plus se cacher et entreprend de retrouver ses autres congénères pour venir à bout des Mogadoriens.
Malgré la part belle laissée aux rôles adolescents, genre oblige, quelques adultes parviennent toutefois à tirer leurs épingles du jeu. Timothy Olyphant interprète ainsi Henri, l’ange-gardien de John, avec une conviction belle à voir, tandis que les Mogadoriens (de grandes brutes effrayantes !) ont un chef remarquablement joué par Kevin Durand, méchant à souhait.

Ce casting de qualité se trouve proprement dirigé par D.J. Caruso qui assure la réalisation de l’opus. Remarqué pour son travail sur des thrillers d'action (L'Œil du Mal, Paranoïak...), il parvient, en effet, pour ce qui se révèle être son tout premier film à effets-spéciaux, à un résultat plus que convenable. Il bénéficie pour cela de l’aide de Michael Bay, un producteur passé, depuis Armageddon, Pearl Harbor, The Island, Transformers, etc., ès-Maître du genre ! Les scènes d'actions de Numéro Quatre sont ainsi impressionnantes tout en restant crédibles, même si l'apparence des monstres (autant mal conçus que mal intégrés) y pêchent par moments. La photographie constitue également l’autre bel atout du film. Superbe, le jeu des ombres et des lumières qu’elle sert avec une précision remarquable fonctionne, notamment, à merveille, contribuant  à développer minutieusement une tension palpable dans toutes les scènes clés. Au final, D.J. Caruso s’avère seulement mal à l’aise dans les passages typiquement "adolescents" dont la platitude est somme toute effrayante de bêtises...

Mal reçu par les critiques américaines qui ont pour habitude de descendre tous les opus du genre, Numéro Quatre a été malheureusement aussi boudé par le public lors de sa sortie en salle, arrivant ainsi troisième lors de son premier week-end d'exploitation. Subissant le même sort que Percy Jackson, la franchise est donc en grand danger... Une situation manifestement dommageable tant le film a clairement été créé pour disposer d’une suite...

Numéro Quatre est un thriller de science-fiction pour adolescents rempli des clichés du genre. Pour autant, le spectateur s'étonne à le suivre avec plaisir, ne serait-ce que pour ses scènes d’actions qui en font un film plus en phase avec le public garçon ; là où, par exemple, Twilight « œillade » plutôt les filles..

L'édition vidéo

Jaquette Numéro Quatre
Jaquette Numéro Quatre
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