Titre original :
Need for Speed
Production :
DreamWorks Pictures
Date de sortie USA :
Le 14 mars 2014
Distribution :
Touchstone Pictures
Genre :
Action
IMAX
Réalisation :
Scott Waugh
Musique :
Nathan Furst
Durée :
125 minutes

Le synopsis

Si Tobey Marshall et Dino Brewster partagent tous deux la passion des bolides et des courses, l’un est plus roublard que l’autre au point que le premier se retrouve derrière les barreaux par la faute du second. Dès qu’il est libéré, Tobey ne rêve alors que de vengeance. La course des courses, la De Leon, légendaire épreuve automobile clandestine, est l’occasion idéale...

La critique

rédigée par
★★★
Publiée le 29 avril 2014

Need For Speed, production de DreamWorks Pictures, distribué via le label Touchstone Pictures aux Etats-Unis, est un plaisir coupable. Film de voitures, où le spectateur est censé poser son cerveau à l'entrée de la salle, dans un genre qui a été vu et archi revu, Need For Speed arrive en effet à retenir l'attention grâce à des personnages qui savent créer l'empathie et des scènes d'actions plutôt bien faites. Ce constat favorable n'enlève toutefois pas le gros problème de rythme du film avec son gros quart d'heure en trop...

Need For Speed, surnommé NFS, est à la base une série de jeux vidéo de courses de voitures, proposant une expérience de conduite extrême. Édité par Electronic Arts, le premier épisode sort le 31 août 1994 sur 3DO puis en 1995 sur PC, et enfin, en 1996 sur Sega Saturn et PlayStation. Pour assurer un rythme de sortie annuelle à la licence tout en laissant un temps suffisant pour son développement et sa réalisation, Electronic Arts décide vite de confier à plusieurs studios le soin de programmer les jeux et notamment à certaines de leurs filiales comme EA Black Box, EA Canada ou Criterion Games. Le nombre d'opus s’élève alors à plus d'une vingtaine, disponibles sur de nombreuses plateformes que ce soit des consoles de salon, des consoles portables, des ordinateurs, des téléphones mobiles, des smartphones ou des tablettes. Et la tactique fonctionne : malgré son rythme de sortie élevé, les ventes du jeu sont tout bonnement excellentes. Jusqu'à 2003, la licence tournait, en effet autour du million d'exemplaires ; mais la sortie de Need For Speed : Underground permet de la relancer de plus belle puisqu'à partir de cet opus, les ventes de chaque épisode atteignent, quasiment tous, les 10 millions d'exemplaires vendus à travers le monde, tous supports cumulés. La série atteint de la sorte plus de 135 millions de jeux vendus depuis 1994.

Rien d'étonnant, dès lors, à ce qu'une adaptation cinématographique soit enfin proposée ; Electronic Arts s’alliant pour la circonstance à un partenaire historique, DreamWorks Pictures. En 2000, DreamWorks SKG a, en effet, revendu sa filiale DreamWorks Interactive à l'éditeur, devenue depuis Danger Close Games, et plus connue sous le nom d'EA Los Angeles.

Pour réaliser Need For Speed - le film, DreamWorks Pictures fait appel à Scott Waugh, un candidat idéal. Issu d’une famille évoluant dans le monde des cascades, il entame, il est vrai, sa propre carrière de cascadeur sur de nombreux films et notamment de la sphère de The Walt Disney Company comme Randonnée Pour un Tueur ou Coyote Girls (Touchstone Pictures), Agent Zéro Zéro (Hollywood Pictures), Princesse Malgré Elle (Disney), Spider-Man (Marvel Studios), Bruce Tout-Puissant (Touchstone Home Entertainment). Il se reconvertit ensuite et passe derrière la caméra en réalisant des clips publicitaires pour Electronic Arts sur des jeux comme Battlefield 3 ou Medal of Honor. Il collabore également à la réalisation de spots pour la Navy, l’Air Force ou les Marines. Sa première réalisation d'un long-métrage se produit en 2012 avec Act of Valor. Doté d’un budget de plus 12 millions de dollars, il en rapporte quelques 80 millions au box-office. Deux ans plus tard, Scott Waugh revient donc au cinéma pour le compte d’une société qu’il connaît bien, Electronic Arts.

Need For Speed a certes l'inconvénient de venir après un longue liste de films du même type, aux premiers rangs desquels se retrouvent bien évidemment les opus de la fameuse saga d'Universal, Fast and Furious. Si le film de DreamWorks Pictures n’entend pas réinventer le genre, il se laisse néanmoins suivre avec plaisir et même une pointe de culpabilité tant il n’est pas, à la base, censé convaincre les cinéphiles. Dans ce constat, sa construction scénaristique apparait d’ailleurs tout à fait lambda avec sa course de voitures interdite, sa rivalité entre le bon et le mauvais bad boy, et la volonté constante d’échapper aux forces de police... Sans oublier le nerf de la guerre : les courses poursuites que cela soit en milieu urbain ou naturel ! Mais voilà : malgré ses poncifs et ses recettes faciles, Need For Speed fonctionne bien sauf à devoir mettre un peu trop de temps à démarrer (un film de voiture qui cale dans les 15 premières minutes est un comble en soi !). De même, de temps à autres, des scènes inutiles fleurissent à l'exemple de celle de la station-service au milieu du récit dont il est possible de se demander à quoi elle sert si ce n’est à plomber de longues minutes. Clairement, le long-métrage a, au final, un gros quart d'heure de trop ! Cette erreur lui sera toutefois aisément pardonnée tant les scènes d'actions fonctionnent bien, dont certaines sont véritablement impressionnantes donnant une furieuse impression d'être au volant des bolides filmés. Il faut dire que les voitures présentées sont tout simplement superbes et les voir avaler de précieux kilomètres à des vitesses improbables, en toute légalité, sur son siège de cinéma, est assurément jubilatoire. L'adrénaline est au rendez-vous et le spectateur passe ainsi un bon moment.

Là où Need For Speed s'en sort plutôt bien et sans doute mieux que pas mal des films dans le genre, c'est dans la définition de ses personnages. Tous savent, en effet, être attachants ou détestables et ne tombent jamais dans la caricature même s’ils ne sont pas forcément super originaux.
Le héros, Tobey Marshall, est ainsi un pilote de course et garagiste dans sa vraie vie (il ne pouvait décidément en être autrement !) qui connait sa valeur en tant que coureur mais n'essaye jamais de se mettre en avant. Quand il est envoyé en prison par erreur, il ne rêve alors que d'une chose : se venger et faire payer le responsable de son incarcération. C'est Aaron Paul connu pour la série Breaking Bad qui campe à merveille ce pilote avec une gravité bienvenue.
Le méchant de service, Dino Brewster, est vraiment détestable à souhait. Riche, sûr de lui, mais incroyablement jaloux et dépourvu de toute morale, le personnage à tout pour se faire haïr du public. Dominic Cooper (Captain America - First Avenger) l'incarne avec réussite et livre un sale type qui n'hésite à aucune bassesse pour parvenir à ses fins.
A côté de ces deux-là, se retrouvent les amis de Tobey qui, bien que convenus dans leurs caractéristiques, sont tous sympathiques dans leur genre : Benny le pilote d'avion (Scott Mescudi), Joe le dépaneur (Ramon Rodriguez) ou Finn l'as de la mécanique (Rami Malek). Et bien-sûr, comme il est de coutume dans chacune des productions du genre, il y a la jeune fille qui va tomber amoureux du héros : jouée par Imogen Poots, elle arrive - c’est ici, en soi, un tour de force ! - à ne pas passer pour la bimbo de service. Enfin, pour l’anecdote, il est amusant de noter la participation de Michael Keaton dans le rôle de l'organisateur de courses interdites...

Need For Speed s'est fait descendre par la critique américaine tandis que la critique française l'a purement et simplement snobé. Il faut dire que Metropolitan Filmexport, le nouveau distributeur des productions DreamWorks Pictures en France, a fait le minimum syndical avec la presse et les blogs cinéma ; Chronique Disney n’étant d’ailleurs par parvenu à le voir avant sortie et proposant donc sa critique après une semaine à l’affiche… Côté box-office, le film n'a rapporté que 42 millions de dollars aux Etats-Unis, ne remboursant pas son budget de 66 millions. Heureusement, il se rattrape à l'étranger puisqu'il amasse un total  de 200 millions de dollars, faisant plus que tripler sa mise de départ. Il est ainsi rentable et peut d’ailleurs remercier la Chine qui, avec 66 millions de dollars de recette, dépasse non seulement les Etats-Unis, mais ramène à elle-seule un tiers du résultat mondial. En France, le film a fait un démarrage correct avec 255 000 entrées en première semaine.

Film de course-poursuite typique, un peu longuet et sans grand originalité, Need For Speed se laisse néanmoins suivre avec un vrai plaisir et se révèle tout à fait divertissant, sans autres prétentions.

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