Frappés de ringardise dans le début des "eighties", les
œuvres du studio au château enchanté ont alors du mal à convaincre de leurs atouts des
spectateurs lassés par des années de productions faites
de sempiternels films comiques usant et abusant d'humour
basé sur le jeu d'animaux. Le studio de Mickey est ainsi
dans une spirale infernale. Tentant de suivre la mode,
il a, il est vrai, toujours un coup de retard ! Mis à
mal par des succès de films exceptionnels tels La
Guerre des Étoiles ou Les Dents de la Mer,
Disney se lance donc - sans jamais réussir - dans une
série de films expérimentaux avec pour objectif avoué de
retrouver le cœur des adolescents ou des adultes.
Tous les genres passent à la moulinette disneyenne, avec
plus ou moins de bonheur : la science-fiction a son
(Le) Trou Noir
(1979), le fantastique, sa
(La) Foire des Ténèbres
(1983), l'heroic-fantasy, son
(Le) Dragon du Lac de Feu
(1981), le drame, son
Tex (1982), la
comédie sa
(Une) Nuit Folle, Folle
(1980) ou son
Max et le Diable
(1981), l'Histoire, sa
(La) Nuit de l'Évasion
(1982), la parodie, son
Condorman
(1981), la technologie, son
Tron (1982), le
docu-fiction son
(Un) Homme Parmi les Loups
(1983) ; même le film d'horreur dispose d'un horrifique
Les Yeux de la Forêt
(1981). Toutes ces tentatives se ramassent
lamentablement au box-office ! Il faut dire que le cycle
de l'échec est exemplaire : une partie du public boude
les films proposés, persuadée que Disney est embourbé
dans son standard habituel jugé désormais has-been,
tandis que l'autre partie reproche au studio de ne pas
être là où elle l'attend. Au final, tous les
spectateurs, favorables ou non au label de Mickey, ont
une bonne raison pour ne pas se déplacer en salles.
Recul aidant, les productions Disney de cette période
ont laissé aux quelques personnes qui les ont vues à
leurs sorties un souvenir bienveillant au point pour
certaines d'être devenues cultes, moins d'ailleurs pour
leurs qualités intrinsèques (à l'exception notable du
remarquable
Tron) que pour tout
ce qu'elles représentent à l'époque.
Le comble survient avec le polar
Meurtres à Malte
(1983). Non seulement le film est justement lapidé par
la critique pour le nanar qu’il est mais en plus des
voix s’élèvent contre le fait de voir le nom Disney
associé à des thèmes clairement adultes (même si,
techniquement, le nom "Disney" n’apparait pas à son
générique !).
Tirant les conclusions
des nombreux échecs successifs, le staff de Disney se
rend enfin à l'évidence : le label historique est trop
segmentant. Il convient, pour satisfaire aux autres pans de
l'industrie cinématographique, de disposer au sein de la
compagnie de signatures différentes. Touchstone
Pictures
est né de cette idée et propose dès 1984 d'occuper le
terrain des films "adultes" par opposition aux films
"familiaux" désormais réservés au seul label Walt
Disney. C’est Ron Miller, gendre de Walt Disney, et
alors PDG des studios Disney, qui imagine et créé ce
label : une de ses rares bonnes idées mais qui ne lui
permettra pas, pour autant, de sauver sa tête lors de la fronde des
actionnaires orchestrée quelques mois plus tard, par
Roy E.Disney, et
aboutissant à la prise de pouvoir de Michael Eisner.
Splash, le
premier film labélisé Touchstone Pictures, dont les
attaches avec les marques de fabrique purement
disneyennes sont encore très fortes, est immédiatement
un joli succès commercial ! A la faveur du changement de
Direction des Studios, le côté adulte des films
Touchstone Pictures va aller en s'accentuant avec une série
de comédies s'éloignant clairement de l'ambiance Disney,
à l'exemple du
(Le) Clochard de Beverly Hills
ou du
Y'a-t-il Quelqu'un Pour Tuer ma Femme ?
La fin des années 80 et le début des années 90 amènent
un lot de films non seulement salués par les critiques
mais également plébiscités par le public comme les
magnifiques
Good Morning Vietnam,
Le Cercle des Poètes Disparus
ou
Pretty Woman.
Pour autant, il faut attendre la seconde moitié des
années 90 et la première moitié des années 2000 pour
voir Touchstone Pictures s'aventurer, avec plus ou moins
de bonheur, sur le terrain des blockbusters (Armageddon,
Pearl Harbor).
En 2003, le succès de Pirates des Caraïbes : La Malédiction du Black Pearl
démontre que le label Walt Disney Pictures est
capable dorénavant de porter des films plus adultes.
L’arrivée de Bob Iger à la tête de la Walt Disney
Company entérine cet état de fait. Les studios se
focalisent sur le label historique et sur le nom de Disney.
Touchstone Pictures voit ainsi son champ d'activités se
réduire comme peau de chagrin, n’empêchant pas, ici ou
là, quelque beaux succès comme Bande Sauvages ou
La Proposition.
Avec l’annonce en 2009 du rachat de Marvel et
de l’accord de distribution de Dreamworks « Live »,
le label Touchstone Pictures se repositionne naturellement
sur une simple fonction de distribution plutôt que de
production. A partir de 2011, les films "live"
Dreamworks ou Marvel sortent, en effet, sous
son label.
Voici la liste exhaustive de tous les films du label
Touchstone Pictures, étant précisé qu’elle ne
comporte que les longs-métrages produits par ce label ou
distribués par lui sur le sol américain.