Elektra
L'affiche du film
Titre original :
Elektra
Production :
Marvel
Date de sortie USA :
Le 14 janvier 2005
Distribution :
20th Century Fox
Genre :
Fantastique
Réalisation :
Rob Bowman
Musique :
Christophe Beck
Durée :
93 minutes

Le synopsis

Tueuse à gage redoutée, Elektra Natchios vit des différents contrats qu'elle accepte. Engagée pour assassiner un homme et sa fille, elle se ravise quand elle découvre qu'un combat décisif entre le bien et le mal est en jeu...

La critique

rédigée par
Publiée le 31 mars 2016

Après avoir adapté sur grand écran "l'Homme sans Peur" dans Daredevil, 20th Century Fox produit un film spin-off consacré au personnage d'Elektra en 2005. Malheureusement, le résultat est plus que décevant et Elektra demeure l'un des pires navets du catalogue Marvel au cinéma. Pourtant, offrir un film à un personnage aussi peu manichéen avait de quoi séduire de prime abord. 

Elektra Natchios est donc un personnage créé par Frank Miller dans Daredevil #168 en 1981. Fille d'un diplomate grec assassiné, elle rejoint une organisation d'assassins appelée La Main, afin de se venger. C'est aussi le premier amour de jeunesse de Matt Murdock qu'elle rencontre à l'université de New York. A la fois amants, alliés et ennemis, selon les périodes, Elektra et Daredevil ont manifestement une relation complexe, venue de leur conception radicalement différente de la justice. Elektra est ainsi une anti-héros qui n'hésite pas à assassiner ses cibles, contrairement à Daredevil qui refuse de franchir cette ligne jaune.
Le personnage apparait donc pour la première fois au cinéma dans le film Daredevil en 2003, avant d’avoir droit à son propre opus Elektra en 2005. La jeune super héroïne est également présente par ailleurs dans plusieurs jeux vidéo : Marvel Nemesis : Rise of the Imperfects, Marvel : Ultimate Alliance, Marvel Super Hero Squad Online et Marvel Heroes. En 2013, après les avoir bien mal gérés, 20th Century Fox perd  - enfin ! -  les droits d'exploitations des personnages liés à Daredevil, dont Elektra, qui retourne de la sorte dans le giron de Marvel à proprement parler. Le studio lance alors la production d'une série diffusée sur Netflix à partir de 2015. Elektra apparait ainsi en 2016 dans la deuxième saison de Daredevil, sous les traits de l'actrice française Élodie Yung.
Dix ans auparavant, pourtant, Rob Bowman lui consacre un film au cinéma, sobrement intitulé Elektra

Né en 1960, Rob Bowman est un réalisateur, spécialiste d'épisodes de séries. Il en affiche ainsi à son actif plus d'une vingtaine, dont principalement Star Trek : La Nouvelle Génération, X-Files : Aux frontières du réel et Castle. S’il ne fait pas de mal au média télévision, son parcours au cinéma est en revanche bien loin d'être prestigieux. Il débute par un premier film en 1993, Airbone, puis un second The X-Files - Le Film en 1998, qui divise les fans de la série. Il décroche ensuite un contrat pour Disney, en 2002, et réalise Le Règne du feu, un échec critique et commercial cuisant, mais aussi, en 2005, pour 20th Century Fox, visiblement peu regardante, Elektra... Qui marquera là et heureusement pour le 7ème art sa toute dernière réalisation !
Elektra n’a décidément pas de chance puisqu’en plus de se payer Rob Bowman en réalisateur au cinéma, son producteur n’est autre que Mark Steven Johnson,  le « fameux » réalisateur de Daredevil, dont la carrière contient les pires films Marvel des années 2000 avec la réalisation de Ghost Rider et la production de sa suite, Ghost Rider : L'Esprit de Vengeance

Après son rôle en demi-teinte dans Daredevil, Elektra revient ainsi sur grand écran pour vivre une aventure en solitaire. Et si elle n'était déjà pas bien convaincante dans le film du justicier aveugle, tout est pire ici. Le postulat de départ est grotesque, les personnages tous ridicules et le déroulement de l'intrigue, simplement stupide.
À aucun moment l’opus ne suscite de l'intérêt pour son histoire ou de l'empathie envers ses intervenants. Pire, il accumule les situations complètement téléphonées, sans aucun sens, ni cohérence. C'est simple, rien, absolument rien ne tient debout ici. Même les premiers longs-métrages Marvel du siècle précédent sont plus regardables (de par leur aspect historique) que ce « sous-téléfilm bas de gamme » qui ne tente absolument rien pour sortir des carcans habituels. Avec Elektra, l'ambition est en effet proche du zéro et l’opus semble exister seulement pour permettre à la Fox de conserver les droits sur les personnages Marvel qu'elle n’entend pas lâcher, quitte à les gâcher. Car en plus de son histoire, vue et revue, Elektra affiche une mosaïque de personnages insipides, portés par un casting qui semble prendre conscience dans le film de son caractère de navet insondable. 

Jennifer Garner (Alias, Pearl Harbor, La Drôle de Vie de Timothy Green, Washington Square, Mr. Magoo, Alexander et sa Journée Épouvantablement Terrible et Affreuse) rempile donc dans le rôle de la dangereuse tueuse à gages. Toujours aussi peu crédible, il est permis d’affirmer que les seules personnes qu'elle tue réellement sont les spectateurs… d'ennui. Elle n'est toutefois pas la seule à blâmer dans le résultat obtenu. Impossible en effet pour elle d'exister réellement avec une histoire aussi inintéressante et des dialogues aussi creux. Déjà, dans Daredevil, son rôle consistait à agiter ses saïs (ces armes asiatiques ayant la forme d'un trident court) avec en musique de fond du Evanescence. Dans Elektra, elle est complètement aseptisée, bien loin de la dangereuse et charismatique assassine grecque des comics...
Le reste des intervenants n’est, pour sa part, qu'une compilation des pires clichés possibles. Du voisin un peu benêt mais attachant, à la fille rebelle mais touchante, en passant par le méchant dont les motivations sont alambiquées à souhait… La galerie toute entière est ratée si bien que le spectateur ne cherche même plus à comprendre qui est qui, savoir qui fait quoi ou même simplement ce que chacun fait là...
Le seul à se démarquer un tantinet reste Terence Stamp. Il faut dire que ce légendaire acteur n'en est pas à son coup d'essai dans le monde des comics, puisqu'il incarne chez la Distinguée Concurrence, le Général Zod dans Superman. Chez The Walt Disney Company, il est vu dans Le Manoir hanté et les 999 Fantômes et Star Wars : La Menace Fantôme. Dans Elektra, il incarne ainsi Stick, un expert d'arts martiaux, aveugle de son état. Dans les comics, c’est en effet le même qui entraine Matt Murdock lorsque ce dernier perd la vue et Elektra avant qu'elle ne rejoigne La Main. Etrangement absent de Daredevil, il ne fait ici pas plus que de la figuration même si le comédien a suffisamment de prestance pour convaincre. Il est évidemment regrettable que son rôle ne soit pas plus développé mais ce constat n’est pas forcément étonnant tant Elektra semble avoir pour objectif clair d’écarter toutes les bonnes idées narratives...

Alors que sauver dans Elektra ?
Rien ou presque rien. Un simple costume, tout juste sympathique...
La musique, quant à elle, pourtant composée par le génial Christophe Beck (Paperman, La Reine des Neiges) est anecdotique. Les effets spéciaux, même pour l'époque, ridicules. Et la chorégraphie des combats, illisible et mal maitrisée.
Même Ben Affleck, qui devait faire un caméo en tant que Daredevil, est finalement coupé au montage. Décidemment, rien ne va dans Elektra qui n'est qu'un navet qui ne dit pas son nom.
Le film se fait pourtant allègrement descendre par la critique et signe un échec cuisant au box-office. Même Jennifer Garner regrettera par la suite sa participation dans Elektra qu'elle confesse avoir dû tourner par obligation contractuelle…
Pourtant, à toute chose, malheur est bon ! Suite à cet épisode décidément peu glorieux, 20th Century Fox ne parvient plus à relancer la franchise. De 2005 à 2012, la major tente plusieurs fois de réaliser un reboot, sans succès. La bonne approche ne se présente pas ou alors c’est le bon réalisateur qui n’est pas disponible.
Le 10 octobre 2012, Daredevil et consœur rentrent ainsi définitivement au bercail chez Marvel Studios ! Les fans peuvent alors commencer le travail de deuil des deux navets de la Fox, en savourant notamment l'excellente série diffusée sur Netflix.

Mal écrit, mal joué, mal réalisé, kitsch à souhait et sans saveur ni propos, Elektra est un calvaire.
Le film réussit l'exploit de faire pire que Daredevil, pire que Ghost Rider, pire que tous les plus mauvais films Marvel. Comme si la médiocrité était un puits sans fond…

L'édition vidéo

Jaquette Elektra
Jaquette Elektra
Editions DVD Video
Zone 1 Simple 2012
Zone 2 Simple 2005
Editions Blu-ray Disc
Zone A Simple 2012
Zone B Simple 2010