Produit par
Marvel Studios, une filiale appartenant à 100% à la Walt Disney Company,
Avengers est le premier film totalement distribué par la maison de Mickey
depuis le rachat de la Maison des Idées en août 2009. Et ce n'est pas une mince
affaire ! Les fans des comics attendaient, en effet, depuis de nombreuses années
un long-métrage qui réunirait les plus grands héros de l'écurie Marvel.
L'attente prend donc fin avec la sortie tant fantasmée d'Avengers... Fort
heureusement, les espérances portées dans le projet sont toutes comblées.
Avengers est assurément le plus grisant, le plus drôle, le plus épique et le
plus incroyable des films Marvel. Une œuvre somme capable d'en mettre plein la vue
sans oublier de respecter l'équilibre des personnages tout en
livrant de savoureux dialogues. Une expérience jouissive !

Les Vengeurs (The
Avengers en VO) apparaissent le 1er septembre 1963 dans le comics éponyme
créé par Stan Lee (scénario) et Jack Kirby (dessin). Cette équipe de super-héros
naît ainsi de l'association du dieu Thor ; de l'inventeur Tony Stark (cachant
son identité sous le masque d'Iron Man) ; d'Henry Pym, l'Homme-Fourmi (Ant-Man) ;
de Janet Van Dyne, la Guêpe (the Wasp) ; et du titan vert Hulk. Ils choisissent
de se réunir quand Loki, le Dieu asgardien du mal, manipule Hulk dans le but de
le faire accuser du déraillement d'un train. Le super-héros devient alors l'ennemi
public numéro un et doit se battre pour sa réhabilitation. Ce n'est toutefois
qu'au quatrième épisode que les Vengeurs découvrent et raniment l'ancien
super-soldat de la Seconde Guerre Mondiale, Captain America (Steve Rogers), qui
les rejoint ensuite logiquement dans leur combat contre le Mal. Mieux encore, il
devient vite la pierre angulaire et l'inspiration de toute l'équipe, prenant
naturellement sa tête. L'importance de Captain America lui vaut d'ailleurs
d'être reconnu comme l'un des fondateurs de l'équipe, bien qu'il en soit, en
réalité, sa toute première recrue ! Les Vengeurs sont, en outre, l'une des rares
équipes de super-héros reconnues par les Nations Unies et le S.H.I.E.L.D. (une
agence d'espionnage dirigée par Nick Fury)...

Dans un premier temps, Les Vengeurs
est une réponse de Marvel à son concurrent principal, DC Comics, qui a signé le
premier une bande dessinée mettant en scène les héros majeurs de son label
formant pour l'occasion La Ligue de
Justice d'Amérique (Justice
League of America). Avec son style bien personnel, Marvel va toutefois
plus loin et insuffle à sa machine de guerre ce qui fait les caractéristiques de
toutes ses productions : à savoir, les problèmes personnels des héros. Succès
aidant, un souci éditorial se pose pourtant bien vite. Comment les personnages
constituant les Vengeurs peuvent-ils exister au sein de la collection tout en
vivant parallèlement leurs autres aventures dans leurs propres séries ? Stan Lee
tranche le débat et opte, à partir du numéro 16, pour la mise en place de «
seconds couteaux », c'est-à-dire de héros un peu moins importants, n'ayant pas
de collection à leur nom et pouvant, dès lors, évoluer à plus grande allure dans
l'histoire des Vengeurs. Ce tour de passe-passe ingénieux ouvre ainsi de
nombreuses pistes et entraîne même l'arrivée d'anciens méchants reconvertis en
gentils à l'image d'Œil-de-Faucon (Hawkeye). Au fil des histoires, plusieurs de
ces seconds couteaux (et quelques grands héros) se greffent donc aux Vengeurs ;
leur univers étant en perpétuelle évolution...

Si Avengers constitue la toute première incartade au grand écran de la
mythique équipe de super-héros de comics marvelien, elle a déjà eu droit à des
apparitions sur le petit écran. D'abord, de façon anecdotique, dans des séries
animées comme The Marvel Super Heroes (1966), Spider-Man (1981),
X-Men (1992) et Fantastic Four (1994) ; et ensuite, de manière
franche, dans la série animée The Avengers : United They Stand en 1999
puis, dans une nouvelle, en 2010 dénomée The Avengers : Earth's Mightiest Heroes.
Dans l'intervalle, les Vengeurs sont également à l'honneur de trois films
d'animation sortis directement en vidéo, Les Vengeurs Ultimate (2006), Les Vengeurs Ultimate 2 (2006) et Next
Avengers : Heroes of Tomorrow (2008).

La venue des Vengeurs dans les salles obscures obéit, quant à elle, à un long
processus juridico-artistico-commercial. Au début des années 2000, le succès de
X-Men au cinéma convainc, en effet, Marvel du potentiel de son catalogue.
Frileux tout de même, il se contente de céder les droits de ses personnages à de
différents studios en vue de produire des longs-métrages. Au milieu de la
décennie, il prend plus d'assurance et décide de ne plus rester seulement
coproducteur, ambitionnant de produire et financer par lui-même ses films.
Commencent alors de longues manœuvres pour récupérer les droits cédés quelques
années plus tôt. Il reprend ceux de nombreux personnages (dont Hulk auprès d'Universal
qui a raté son adaptation) ; les plus emblématiques restant, eux, jalousement
aux mains d'autres studios comme la Fox (X-Men, Les Quatre Fantastiques,
Daredevil...) ou Sony (Spider-Man...). Le petit monde d'Hollywood est alors plus
que sceptique, voire moqueur, face aux ambitions affichées de Marvel. Il reste
non seulement persuadé que la mode des super-héros au cinéma va s'éteindre mais
également que Marvel ne parviendra jamais à trouver le chemin du succès avec des
personnages « seconds couteaux ». Le méga carton d'Iron Man suivi du
succès modeste de L'Incroyable Hulk en 2008 vient pourtant ébranler les
certitudes des analystes. Les dirigeants de Disney, Bob Iger en tête, n'ont,
eux, aucun doute sur le potentiel de Marvel. Ils organisent, en secret et à la
surprise générale, en août 2009, le rachat du studio. Coup de maître ! La firme
de Mickey conforte ainsi son -déjà fort- positionnement dans le divertissement
familial à forte valeur ajoutée, permettant une déclinaison au cinéma, en
télévision, marchandisage et parcs à thèmes du riche catalogue marvelien. Elle
marque, en outre, à la culotte Warner qui détient DC Comics, grand concurrent de
Marvel devant l'Éternel... Le méga succès d'Iron Man 2 en 2010 mais aussi
les belles réussites commerciales de
Thor et de Captain
America - First Avenger en 2011 confirment, s'il en était encore besoin,
tout autant la vision de Marvel que le nez de Disney.

Car Marvel a une vision artistique solidement ancrée qui lui vient, entre
autres, du producteur Kevin Feige. Le label veut, en effet, créer un univers
cohérent au travers de toutes ses franchises dont les contours s'entremêlent,
se croisent et partagent leurs personnages d'une œuvre à l'autre. En fait, il
est question de reconstruire sur grand écran un univers cinématographique proche
de celui développé, sur papier, dans les comics. Ainsi, pleins de détails
viennent truffer les films Marvel : des personnages secondaires, des éléments
clés, des clins d'œil, des liens logiques, des rapports de parentés... Pour
pouvoir profiter pleinement d'Avengers, il faut donc avoir vu les cinq
films précédents, Iron Man, L'Incroyable Hulk, Iron Man 2,
Thor et Captain America -
First Avenger ainsi que les deux courts-métrages, Le Consultant et
Une Drôle d'Histoire en Allant Voir le Marteau de Thor. Marvel a, il est
vrai, pris l'habitude de proposer de courtes séquences en fin de générique pour
introduire le film suivant. Il crée de la sorte un tout cohérent,
foisonnant et riche. Le spectateur dispose donc de divers films avec des univers
assez éloignés mais qui s'imbriquent parfaitement les uns dans les autres. C'est
sans précédent au cinéma ! Jusqu'alors, les super-héros restaient, en effet,
cloisonnés dans leur monde et ne se croisaient pas. Même des sagas à multiples
volets comme Star Wars ou Harry Potter se construisent, il est
vrai, sur des univers majoritairement étanches ; des cross-overs à une telle
échelle étant véritablement inédits sur grand écran !

Côté finance et commercialisation, Avengers marque un tournant. Avec et après
lui, Disney récupère, en effet, les droits de distribution et s'occupe désormais seul du marketing des films Marvel. Un petit retour en arrière s'impose pourtant !
Paramount, à la suite du succès d'Iron Man, signe, à l'origine, un contrat pour une
distribution de cinq films Marvel (Iron Man 2, Thor,
Captain America - First Avenger, Avengers
et Iron Man 3) sur lesquels il prévoit de recevoir environ 8% des
bénéfices. Mais en octobre 2010, Disney annonce avoir racheté pour 115 millions
de dollars les droits de distribution des deux derniers films. Or, au fur et à
mesure de la sortie des matériels promotionnels, nombreux sont à s'étonner de
voir toujours le logo de Paramount sur les affiches ou les bandes annonces.
Plusieurs raisons à cela. C'est d'abord le résultat d'une clause négociée par
Paramount qui estime avoir suffisamment travaillé sur ces films pour y voir
apparaître son nom. Ensuite, la question du pourcentage sur les recettes est
fixée techniquement. Que les films échouent ou non, 115 millions de dollars
seront versés à Paramount. Si le succès est au rendez-vous, le studio s'octroie
8% des recettes d'Avengers et 9% d'Iron Man 3. Tout ceci est donc
plutôt un bon deal pour Paramount...
Alors pourquoi Disney l'a-t-il accepté ?
C'est simple : « Qui va piano, va sano » ! Mickey veut aller doucement avec son
"nouvel" achat. Son studio sait très bien que les fans de comics ne voient pas
d'un très bon œil son incursion chez Marvel. Pour ne pas les froisser et montrer
sa bonne volonté, il jalonne sa montée en puissance. Car, Disney veut réellement
qu'Avengers soit la première pierre d'une nouvelle et juteuse franchise.
Autant ne pas gêner les susceptibilités des fans qui sont habitués à voir le
logo Paramount devant les films Marvel, processus devenu gage de qualité !
Alors
comment voir qu'Avengers appartient bien à Disney ?
D'une, par le nouveau
label créé : le label Marvel qui passe ainsi AVANT le logo de Paramount
arrivant, lui, en seconde position ! De deux, à la toute fin du générique, par
la mention "distribué par Walt Disney Motion Studios Pictures". Disney
reprend donc le contrôle total de la distribution des films Marvel à partir de
Thor 2 en novembre 2013. Il sera, de la sorte, temps de vérifier si ce
passage de relais a une conséquence visible sur la qualité du film ou si cela se
résume juste à la disparition du logo Paramount.

S'il va de soi qu'Avengers peut être vu indépendamment des
autres, l'expérience est à l'évidence plus grisante pour le public qui a pris le
soin de repérer les éléments dispersés dans les cinq premiers films censés
préparer et amener le rassemblement de ces super-héros hors du commun ! Les
fans, eux, ont évidemment trépigné à l'idée de les voir enfin réunis. L'attente
valait-elle le coup ? Assurément oui !

Dès les premiers instants, l'univers familier venant des précédents
longs-métrages est en place. La réunion dans un même film de tous ces super-héros
est alors tout simplement jouissive. Avengers arrive ainsi parfaitement à
remplir toutes les espérances que les fans plaçaient dans un tel évènement.
D'abord, l'interaction de personnages aussi charismatiques est explosive à
souhait. Parfaitement administrée, elle permet à chacun d'eux de disposer du
temps nécessaire pour briller sans parasiter son voisin. Ce constat est
d'ailleurs vrai pour les personnages principaux des autres films mais tout
autant pour les petits nouveaux (ou du moins ceux qui étaient dans des rôles
secondaires au cours des cinq premiers opus tels Hawkeye, Black Widow, L'Agent
Coulson ou Nick Fury). Ensuite, les dialogues sont savoureux, renforçant la
cohérence de l'ensemble. Le film est drôle et de nombreuses scènes prêtent à
sourire via des répliques savamment envoyées par les différents protagonistes.
Il y a même fort à parier que la salle soit en transe et applaudisse spontanément
lors d'une scène particulièrement truculente.... Enfin, que serait un Marvel
sans scènes d'actions ? Ici, tout est formidablement dantesque. Si le premier
acte sert à introduire les personnages, le deuxième apporte, lui, son lot de
séquences impressionnantes. Mais ce n'est pas tout, le dernier acte justifie à
lui seul le visionnage d'Avengers. ! Il constitue le meilleur final,
avant lui, d'un film de super-héros ! Que dire sans révéler quoi que ce soit de
dommageable pour le spectateur vierge ? Une parabole peut-être : qu'il imagine
une fin à la Transformers 3 : La Face Cachée de la Lune mais avec des
dialogues bien écrits, des personnages charismatiques et une histoire ficelée !
Sans oublier, l'obligation de rester jusqu'à la toute fin du générique...

La grande force d'Avengers réside naturellement dans ses personnages,
tous plus charismatiques les uns que les autres, surtout que le film reprend la
quasi totalité du casting des autres opus. Difficile en revanche de déterminer
qui est le meilleur !
A l'applaudimètre, Tony Stark, alias Iron Man, interprété de main de maitre par
Robert Downey Jr. semble faire l'unanimité. Vu avec bonheur dans Sherlock
Holmes ou Ally McBeal et avec beaucoup moins d'enthousiasme dans le
rôle d'un méchant chez Disney en 2006 pour le navet, Raymond,
l'acteur sait avec talent apporter à son personnage, une nonchalance, une
curiosité et un cynisme aussi incroyables que crédibles. Il est l'incarnation
vivante de
Tony Stark, devenue une idole auprès des fans de Marvel.
Chris Evans reprend, lui, son rôle de Steve Rogers, alias Captain America. Déjà
vu en personnage Marvel (la Torche Humaine), dans Les Quatre Fantastiques
(2005) et Les Quatre Fantastiques et le Surfer d'Argent (2007), le
comédien confirme ici sa belle capacité à endosser un super-héros. Le plus sage
de l'équipe, il dispose d'une aura suffisamment forte pour lui permettre
d'afficher l'autorité naturelle cimentant la nouvelle formation.
Chris Hemsworth revient, pour sa part, en Thor, le dieu géant. Beaucoup moins
tête brulée que dans le premier film, il a gagné en stature, maturité et
noblesse. Plus impliqué que les autres super-héros, il a la particularité
d'avoir aussi une histoire personnelle à régler avec son frère Loki.
Ce dernier est toujours assumé par Tom Hiddleston. Vrai méchant du film, voulant
à tout prix, récupérer un semblant de pouvoir, il ne recule devant aucune
compromission et bassesse pour mettre sous sa coupe la Terre et ses habitants.
Bruce Banner, le scientifique qui se transforme en Hulk, est le seul à changer
de visage. En 2003, dans le film Hulk, c'est, en effet, Eric Bana qui lui
prête ses traits. Depuis 2008, au bénéficie de la reprise par Marvel des droits
sur le personnage et de la sortie de L'Incroyable Hulk, le colosse vert était
joué par Edward Norton. Il aurait dû logiquement être de la partie dans la
mesure où Avengers, et avant lui L'Incroyable Hulk, sont des films
Marvel Studios. Mais voilà... Suite à une collaboration houleuse avec la
firme, l'acteur a été manu militari remercié et remplacé par Mark Ruffalo.
Reprenant le rôle au pied levé, ce dernier s'en sort plutôt bien, même si sa
prestation est la plus modeste des quatre "super-héros" puisque ce n'est pas son
apparence humaine qui compte mais bien sa version bestiale. Et là, la réussite
est totale. Avengers offre la plus belle représentation du personnage de
Hulk. Encore plus réussie que dans L'Incroyable Hulk, déjà fort sympathique, elle est convaincante dans tous
ses aspects. D'une part, car Bruce Banner et Hulk ont des traits communs et
d'autre part, car le monstre n'est pas fait en images de synthèses pures et
dures mais en motion capture à partir des mouvements de Mark Ruffalo. Excellent
choix de processus créatif !
Clint Barton, alias Hawkeye, est, lui, joué à merveille par Jeremy Renner. Déjà
apprécié furtivement dans Thor, il prend ici toute
l'ampleur nécessaire au rayonnement de son personnage. Il se dégage, en effet,
de l'acteur un charisme impressionnant. Seule ombre au tableau, le comics
d'origine n'est pas totalement respecté avec lui : Hawkeye ne portant pas de
masque violet dans le film ! Le réalisateur et le producteur ont, il est vrai, délibérément
opté pour une tenue plus réaliste en muant le natif Œil-De-Faucon, de
super-héros en tueur d'élite.
Il en est d'ailleurs de même pour Natasha Romanoff, alias Black Widow ou la
Veuve Noire. Scarlett Johansson reprend, en effet, le rôle qu'elle avait tenu
dans Iron Man 2 tout en l'épaississant, offrant au spectateur le plaisir
d'en apprendre beaucoup plus sur cette espionne au passé troublé. L'actrice
livre alors une prestation toute en beauté et efficacité et tient sans mal la
dragée haute à ses alter égo masculins !
Nick Fury, le directeur du S.H.I.E.L.D., a enfin l'opportunité de passer de
l'ombre à la lumière. Vu dans plusieurs films Marvel, il est le personnage qui
réunit les Avengers ; Samuel L. Jackson s'amusant visiblement beaucoup à
l'incarner avec une classe enthousiasmante !
Un autre personnage, juste entraperçu dans les précédents Marvel, revient
lui-aussi, dans un rôle plus étoffé cette fois-ci : il s'agit de Phil Coulson,
le fameux agent du S.H.E.L.D., joué par un Clark Gregg, attachant comme il le
faut.
Fort de ce casting déjà incroyable, Avengers bénéficie, en outre, de
l'ajout du nouveau personnage de Maria Hill (jouée par Cobie Smulders, connue
pour son rôle de Robin Scherbatsky dans How I Met Your Mother) ainsi que
des retours de Pepper Potts (Gwyneth Paltrow) et du Dr. Erik Selvig (Stellan
Skarsgård). Impeccables tous trois !

Le producteur Kevin Feige a choisi de confier la réalisation de l'aventure à Joss Whedon. Né le 23 juin 1964 à New-York, il se fait d'abord connaître en tant
que scénariste. Après l'écriture de quelques épisodes de séries à la fin des
années 80 (Roseanne, Parenthood), c'est, en effet, au milieu de la
décennie suivante, qu'il commence véritablement à se faire un nom. Il reçoit ainsi une
nomination aux Oscars pour Toy Story
(1995), le premier long métrage des studios Pixar. Il poursuit ensuite sur sa
lancée avec d'autres projets animés comme
Atlantide, L'Empire Perdu. Mais c'est à partir de 1992 que Joss Whedon se
consacre au projet de sa vie : il crée le personnage de Buffy Summers, une
lycéenne qui lutte contre des vampires. En mars 1997, le premier épisode de
Buffy Contre les Vampires est ainsi diffusé sur la chaîne américaine The WB. La série
et son créateur, Joss Whedon, sont alors salués par la Critique et par des fans,
toujours plus nombreux et actifs. Après le fantastique, le
scénariste-réalisateur s'intéresse à la science-fiction. Sa nouvelle série,
Firefly (2002), basée sur l'équipage d'un vaisseau spatial en cavale, ne
rencontre pourtant pas son public et s'arrête aussitôt. Malgré cela et grâce à
la mobilisation de son public, elle connait une suite au cinéma avec Serenity :
L'Ultime Rébellion (2005). Il s'agit ainsi du premier long-métrage de Joss
Whedon. Réalisateur d'un seul film (!), Joss Whedon est donc choisi pour mettre
en scène la super-production Avengers. Un choix à première vue étonnant,
mais qui s'explique, en réalité, par son parcours. Grand connaisseur de
l'univers des comics (il a été scénariste de plusieurs séries pour Marvel), il
est aussi réputé pour savoir faire exister des personnages au sein d'une équipe
(Buffy contre les Vampires).

Et le pari est réussi ! Le réalisateur fait, en effet, des prouesses et livre
un film rondement mené, bâti sur des plans impressionnants. C'est d'autant plus
remarquable que les effets spéciaux y sont légions et parfaitement maîtrisés !
Les images sont d'ailleurs parfaitement soulignées par une bande-son efficace,
signée d'Alan Silvestri qui revient donc ici sur un film Marvel après sa très
belle partition pour Captain America - First Avenger...
Alors Avengers est-il exempt de défauts ?
Non... Bien sûr ! Son rythme
est, notamment, par trop instable dans le premier et second acte même si l'humour
et les personnages compensent cette errance... Pardonnable donc contrairement à la seule véritable
ombre au tableau : la 3D, faite en post-conversion, qui ne sert absolument à
rien !

Avengers, film que tous les fans de comics attendaient, est une
réussite au-delà des espérances ! Fort d'actions rondement menées, de
personnages charismatiques et de dialogues savoureux, il est assurément le
meilleur film Marvel, et peut-être au-delà, de films de super-héros. Dans
l'univers Marvel précisément, il ouvre, en plus, la voie à un univers aussi
riche que foisonnant, promettant encore de nombreuses aventures passionnantes !