Iron Man 3

Titre original :
Iron Man 3
Production :
Marvel Studios
Date de sortie USA :
Le 03 mai 2013
Genre :
Fantastique
IMAX
Disney Digital 3-D
Réalisation :
Shane Black
Musique :
Brian Tyler
Durée :
130 minutes

Le synopsis

Le Mandarin fait son affaire personnelle de détruire tout ce que représente Tony Stark, à commencer par son empire industriel et son statut d’Iron Man. Dos au mur, ce dernier ne pourra plus compter que sur ses inventions, son ingéniosité et son instinct pour répondre aux attaques et protéger ses proches...

La critique

rédigée par
★★★

Iron Man 3 est assurément le plus gros blockbuster de l’année 2013 pour The Walt Disney Company, sorti via sa filiale Marvel. A la suite des deux premiers volets, il fait le choix de montrer un côté un peu plus sombre des intervenants tout en s’autorisant des séquences très drôles et des scènes spectaculaires. Certains partis pris pour l'évolution des personnages risquent ainsi de déplaire fortement aux fans puristes. Les autres trouveront, eux, des rebondissements inattendus proposant un spectacle de qualité, même s’il n’atteint pas celui du sublime Marvel's Avengers.

Il n’empêche : Iron Man 3 s’inscrit bien dans un plan cinématographique pluriannuel formant le Marvel Cinematic Universe dans sa phase 2.
Au début des années 2000, le succès de X-Men au cinéma convainc, en effet, Marvel du potentiel de son catalogue. Frileux tout de même, il se contente de céder les droits de ses personnages à différents studios en vue de produire des longs-métrages. Au milieu de la décennie, le studio prend plus d'assurance et décide de ne plus rester seulement coproducteur, ambitionnant de produire et financer par lui-même ses films. Commencent alors de longues manœuvres pour récupérer les droits cédés quelques années plus tôt. Il reprend ceux de nombreux personnages (dont Hulk auprès d'Universal qui a raté son adaptation) ; les plus emblématiques restant, eux, jalousement aux mains d'autres studios comme la Fox (X-Men, Les Quatre Fantastiques, Daredevil...) ou Columbia (Spider-Man...). Le petit monde d'Hollywood est alors plus que sceptique, voire moqueur, face aux ambitions affichées de Marvel. Il reste non seulement persuadé que la mode des super-héros au cinéma va s'éteindre mais également que Marvel ne parviendra jamais à trouver le chemin du succès avec des personnages « seconds couteaux ». Le méga carton d'Iron Man suivi du succès modeste de L'Incroyable Hulk en 2008 vient pourtant ébranler les certitudes des analystes. Les dirigeants de Disney, Bob Iger en tête, n'ont, eux, aucun doute sur le potentiel de Marvel. Ils organisent, en secret et à la surprise générale, en août 2009, le rachat du studio. Coup de maître ! La firme de Mickey conforte ainsi son -déjà solide- positionnement dans le divertissement familial à forte valeur ajoutée, permettant une déclinaison au cinéma, en télévision, marchandisage et parcs à thèmes du riche catalogue marvelien. Elle marque, en outre, à la culotte Warner qui détient DC Comics, grand concurrent de Marvel devant l'Éternel... Le méga succès d'Iron Man 2 en 2010 mais aussi les belles réussites commerciales de Thor et de Captain America - First Avenger en 2011 confirment, s'il en était encore besoin, tout autant la vision de Marvel que le nez de Disney.

Car Marvel a une vision artistique solidement ancrée qui lui vient, entre autres, du producteur Kevin Feige. Le label veut, en effet, créer un univers cohérent au travers de toutes ses franchises dont les contours s'entremêlent, se croisent et partagent leurs personnages d'une œuvre à l'autre. En fait, il est question de reconstruire sur grand écran un univers cinématographique proche de celui développé, sur papier, dans les comics. Ainsi, pleins de détails viennent truffer les films Marvel : des personnages secondaires, des éléments clés, des clins-d'œil, des liens logiques, des rapports de parentés... Pour pouvoir profiter pleinement de l’aboutissement que constitue Marvel's Avengers, il faut donc avoir vu les cinq films précédents, Iron Man, L'Incroyable Hulk, Iron Man 2, Thor et Captain America - First Avenger ainsi que les deux courts-métrages, Le Consultant et Une Drôle d'Histoire en Allant Voir le Marteau de Thor. Marvel a, il est vrai, pris l'habitude de proposer de courtes séquences en fin de générique pour introduire le film suivant. Il crée de la sorte un tout cohérent, foisonnant et riche. Le spectateur dispose donc de divers films avec des univers assez éloignés mais qui s'imbriquent parfaitement les uns dans les autres. C'est sans précédent au cinéma ! Jusqu'alors, les super-héros restaient, en effet, cloisonnés dans leur monde et ne se croisaient pas. Même des sagas à multiples volets comme Star Wars ou Harry Potter se construisent, il est vrai, sur des univers majoritairement étanches ; des cross-overs à une telle échelle étant véritablement inédits sur grand écran !

Et le résultat va au delà des espérances ! Encensés par la critique, plébiscité par le public, Marvel's Avengers explose les résultats au box-office mondial. Avec 1.5 milliards de dollars de recette, le film devient le troisième film le plus rentable de tous les temps au niveau mondial derrière Titanic et Avatar, tous les deux réalisés par James Cameron. Accessoirement, c'est aussi le plus gros succès sur le territoire américain et à l'international de The Walt Disney Company (qui a eu le nez creux de reprendre la distribution à Paramount pour ce film et pour Iron Man 3). Rien qu'avec Marvel's Avengers, Disney a remboursé près du tiers de ce qu'il a payé pour racheter Marvel tout entier...

Pas étonnant dans ces conditions que la firme de Mickey donne carte blanche à Kevin Feige pour lancer la phase 2 du Marvel Cinematic Universe qui doit conduire le public tout doucement à la sortie de Marvel’s Avengers 2 en 2015. Si la première mise en bouche commence avec le court-métrage Article 47, en bonus de l'édition vidéo de Marvel's Avengers, le véritable lancement de la deuxième phase de ce nouveau projet cinématographique d’envergure initié par Kevin Feige est bien Iron Man 3. Suivront alors Thor : Le Monde des Ténèbres, Captain America : Le Soldat de l'Hiver et Guardians Of The Galaxy.

Bizarrement, cette première pierre de cette seconde phase apparait frileuse quand elle est envisagée dans le grand canevas Avengers. Difficile, en effet, de voir en quoi le film peut se connecter à la suite, mis à part le fait - certes notable - de faire évoluer les personnages. Il n'y a, il est vrai, aucun clin-d'œil au futur, ni par des objets, ni par des personnages. Frustration ! Par contre, les évènements du passé, en particulier de Marvel's Avengers, sont bien présents dans Iron Man 3 et souvent mentionnés. Iron Man 3 est ainsi clairement la suite de deux longs-métrages : Iron Man 2 et Marvel's Avengers. Même si le film peut se voir indépendamment, il est donc tout de même préférable d'avoir vu Iron Man et Iron Man 2 ainsi que Marvel's Avengers pour bien comprendre toutes les allusions présentes dans certains dialogues. Si Iron Man 3 est un tantinet décevant sur son parti pris de zapper quelque peu le grand canevas Marvel, il a tellement d'autres atouts qu'il serait dommage de le bouder sur ce seul constat.

Aux commandes des deux premiers films, Iron Man et Iron Man 2, Jon Favreau laisse pour le troisième volet sa place de réalisateur à Shane Black, un presque débutant dans la fonction puisqu’il s'agit là de seulement son deuxième film !
Shane Black est un scénariste et réalisateur américain né le 16 décembre 1961 à Pittsburgh, en Pennsylvanie. Il obtient un diplôme en cinéma de l'Université de Californie en 1983. À l'âge de 23 ans, il vend le juteux scénario de L'Arme Fatale à la Warner qui, en 1987, devient un véritable succès mondial et fait de Mel Gibson une star. La même année, il tient le rôle d'Hawkins dans Predator de John McTiernan. Au top de sa carrière, il est le scénariste le mieux payé d'Hollywood. Il reçoit ainsi 1,75 millions de dollars pour le scénario du (Le) Dernier Samaritain et 4 millions de dollars pour avoir écrit et produit Au Revoir à Jamais. Il se fait rare pendant une bonne dizaine d’années avant de revenir en 2005 pour réaliser son premier film, dont il s'est aussi chargé de l'écriture, Kiss Kiss Bang Bang. Plutôt bien accueilli par la presse, le film remet en scène un acteur alors en rédemption (il vient de sortir de prison pour drogue) : Robert Downey Junior.

Si cette remarque a un sens compte tenu du genre étudié, Iron Man 3 offre un film bien plus intimiste que Marvel's Avengers. Quelque part même, peut-être, il est l’opus le plus sombre des sept films produits directement par Marvel depuis Iron Man. Son héros, torturé, se recroqueville sur lui-même et perd tout. Il va ainsi devoir puiser au delà de lui-même pour dépasser l'adversité. Mais au delà de cette remise en cause personnelle, le spectateur sent bien que le héros se bat pour quelqu'un d'autre que lui. Son amour pour Pepper est encore plus fort que jamais et l’alchimie entre les deux amoureux est parfaite. Iron Man 3 a également un petit côté "buddy movie" avec la relation entre Tony et son meilleur ami, Rhodey, ou encore un pan "complot politico-industriel" à la Tom Clancy. Le tout est agrémenté, encore une fois, de beaucoup d'humour, essentiellement dû aux réparties de Tony Stark mais aussi à certaines situations improbables vraiment drôles ; le réalisateur d’Iron Man 3 n’est pas l’ancien scénariste de L'Arme Fatale pour rien...

Le scénario d'Iron Man 3 utilise un premier arc narratif emprunté à des comics, finalement assez récents puisque quasi-contemporains à la sortie du premier film. Il se base ainsi sur l'Iron Man vol.4 #1-6 paru en janvier 2005 (disponible au sein d’Iron Man : Extremis chez Marvel France en novembre 2006). Il y est question de l'amélioration biologique des humains tandis que Tony y affronte des personnages aux capacités surhumaines.
Le second arc narratif de l’opus s’appuie lui sur le patrimoine historique de Marvel en introduisant le personnage du Mandarin, apparu dans les années 60. Le Mandarin est, en effet, un super-vilain créé par le scénariste Stan Lee et le dessinateur Don Heck. Il intervient pour la première fois dans le comic book Tales of Suspense #50, en 1964, seulement 11 numéros après la naissance du super-héros, Iron Man. Son histoire personnelle démontre l’ampleur du danger qu’il représente. Le Mandarin découvre un beau jour une épave de vaisseau extraterrestre, dont les occupants avaient l'apparence de dragons chinois. Il en étudie la technologie et s’empare au passage de 10 bagues, qui servaient apparemment à alimenter le navire en énergie. Equipé de ces anneaux et de sa nouvelle connaissance, il devient alors un conquérant, rapidement si puissant que même l'Armée Chinoise n'est pas une menace pour lui. Ses ambitions s’étendent alors à la conquête mondiale.
Construit sur deux arcs narratifs imaginés à des années rédactionnelles l’un de l’autre, Iron Man 3 reste logiquement assez fidèle à l'arc moderne utilisé (les supers-humains) mais rajeunit beaucoup l'arc plus ancien (le Mandarin) afin de le rendre contemporain et ce, en vue de réussir la jonction des deux.

Les nouveaux personnages d'Iron Man 3 proviennent bien évidemment de ces inspirations narratives.
Le nouveau méchant est naturellement le Mandarin. C'est Sir Ben Kingsley qui interprète à merveille cette incarnation magistrale du Mal, sinistre chef de l’organisation secrète, qui semble à l’origine de tous les actes de terrorisme extrême commis partout dans le monde. Bien que vivant reclus, il exerce en effet une terreur absolue sur la population jusqu’à menacer la sécurité politique des Etats-Unis.
Maya Hansen est, quant à elle, une brillante scientifique dont la découverte est une formidable avancée pour la recherche en biotechnologie. Jouée par Rebecca Hall, ce personnage, complexe à souhait, est un rôle-clé de l’intrigue tout entière.
Enfin, Aldrich Killian est, lui, un industriel aussi ambitieux que véreux. Grâce à A.I.M., l’organisation privée qu’il a spécialement créée, il réunit une équipe de chercheurs pour développer le virus Extremis, capable de décupler la force et la résistance de sujets humains. Guy Pearce offre toute sa prestance et sa force de caractère à un personnage définitivement charismatique.

L’opus rappelle également les personnages habituels de la saga Iron Man.
En tête, avec visiblement une grande jouissance, Robert Downey Jr. reprend son rôle de Tony Stark. En qualité de super héros ou d’industriel de génie, l'acteur a décidément une stature incroyable. Plus encore en ces temps troublés où son personnage perd de sa superbe, mis à nu qu’il est au cours du récit. L’acteur sort alors tout son panel de postures pour restituer un Iron Man / Tony Stark tourmenté, bricoleur mais toujours prêt à un bon mot.
La ravissante Gwyneth Paltrow est à l’évidence très à l’aise dans son rôle de l’assistante personnelle Pepper Potts dont elle restitue à merveille toute la classe. Iron Man 3 est assurément l’opus de la saga qui la met la plus en vedette et lui offre de vraies scènes emblématiques, en particulier celle où elle va revêtir l'armure de celui qu'elle aime...
Le meilleur ami de Tony Stark répond aussi présent pour l’aventure. Le colonel Jim Rhodes, joué par Don Cheadle, s’avère ainsi toujours un allié de poids, plus encore quand il revêt l'armure d'Iron Patriot. Sa complicité avec Tony apporte au film tout entier un côté buddy movie très sympathique.
L'ancien garde du corps de Tony, Happy Hogan, est également de la partie. C'est Jon Favreau, l'ancien réalisateur des deux premiers opus, mais aussi le producteur exécutif du troisième, qui reprend d’ailleurs son rôle. Le spectateur le plus attentif s'amusera ainsi à noter les dialogues à double sens sur le passage de témoin.

Comme dans tout film Marvel qui se respecte, les effets spéciaux sont vraiment spectaculaires. Même si l'ampleur ou l'ambition de Marvel's Avengers n’est pas là, trois scènes retiennent particulièrement l'attention : la destruction de la maison en ouverture, le sauvetage des passagers de l'avion et, bien sûr, la bataille finale. D'ailleurs, par rapport aux deux autres, Iron Man 3 est assurément l'opus de la saga à aligner le plus de séquences spectaculaires. Il ne faut  néanmoins pas voir dans ce constat une volonté de résonner avec le premier film des Vengeurs mais plutôt le désir d’offrir un final magistral de l’un deux, bouclant une boucle, pour l’amener doucement à sa nouvelle mission unitaire. Iron Man 3 marque clairement la fin d'un cycle.

Parmi les quelques regrets à exprimer sur le film, en plus du manque de clins d'œil "nouveaux" et "évidents" à un univers étendu Marvel, la musique de Brian Tyler pèche véritablement tant elle est passe-partout et sans ambition. Décidément, la faiblesse des bandes-originales est LE reproche à faire à toute la saga ! La conversion 3-D sans attraits particuliers a de quoi également décevoir les adeptes de la technologie tandis que les purs fans reprocheront, quant à eux, des libertés prises avec le comics, qui peuvent passer pour des crimes de lèse-majesté. Enfin, les cinéphiles pourront regretter, même si ce n'était clairement pas une promesse de Marvel, le manque d'ampleur d'Iron Man 3 envisagé par rapport à Marvel's Avengers ou dans une moindre mesure, Captain America - First Avenger voire Thor. Car, Iron Man est à la base une histoire terrestre : son troisième opus oblige donc logiquement à « redescendre sur terre » après le formidablement cosmique de Marvel's Avengers.

Iron Man 3 est un film complet : à la fois sombre et drôle, réunion des potes mais aussi comédie romantique, empli d'effets spéciaux tout en étant intimiste quand il le faut. Alors, certes, le tout semble quelque peu à l’étroit après la formidable réunion des Avengers... Ainsi, le plaisir est là - clairement ! - mais pas tout à fait complet. Que cela n'empêche toutefois pas de rester jusqu'à la fin du générique : une sympathique surprise y attend le spectateur, comme la tradition l’exige chez Marvel...

L'équipe du film

1964 • ....
Consultant
1966 • ....
Producteur

L'édition vidéo

Jaquette Iron Man 3
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