Dead of Summer
Saison 1

Dead of Summer - Saison 1
La jaquette
Titre original :
Dead of Summer
Production :
ABC Signature
Date de sortie USA :
28 juin 2016 - 30 août 2016
Genre :
Horreur
Création :
Adam Horowitz
Edward Kitsis
Ian Goldberg
Musique :
Joseph Trapanese
Durée :
420 minutes

Liste et résumés des épisodes

1. Patience
Genre : Episode télé
Série : Dead of Summer
Saison 1 Épisode 1
Date de Sortie USA : Le 28 juin 2016
Réalisé par : Adam Horowitz
Durée : 42 minutes
L'été débute au camp Stillwater…
2. Barney Rubble Eyes
Genre : Episode télé
Série : Dead of Summer
Saison 1 Épisode 2
Date de Sortie USA : Le 5 juillet 2016
Réalisé par : Ron Underwood
Durée : 42 minutes
Les enfants arrivent au camp…
3. Mix Tape
Genre : Episode télé
Série : Dead of Summer
Saison 1 Épisode 3
Date de Sortie USA : Le 12 juillet 2016
Réalisé par : Mick Garris
Durée : 42 minutes
Une soirée film est organisée…
4. Modern Love
Genre : Episode télé
Série : Dead of Summer
Saison 1 Épisode 4
Date de Sortie USA : Le 19 juillet 2016
Réalisé par : Tara Nicole Weyr
Durée : 42 minutes
Le bal de l'été ne se passe pas comme prévu…
5. How To Stay Alive In The Woods
Genre : Episode télé
Série : Dead of Summer
Saison 1 Épisode 5
Date de Sortie USA : Le 26 juillet 2016
Réalisé par : Norman Buckley
Durée : 42 minutes
D'étranges événements se déroulent lors d'un camping dans les bois…
6. The Dharma Burns
Genre : Episode télé
Série : Dead of Summer
Saison 1 Épisode 6
Date de Sortie USA : Le 2 août 2016
Réalisé par : Michael Schultz
Durée : 42 minutes
Un événement morbide secoue la vie au camp…
7. Townie
Genre : Episode télé
Série : Dead of Summer
Saison 1 Épisode 7
Date de Sortie USA : Le 9 août 2016
Réalisé par : Mairzee Almas
Durée : 42 minutes
L'adjoint du sheriff décide de mener l'enquête…
8. The Devil Inside
Genre : Episode télé
Série : Dead of Summer
Saison 1 Épisode 8
Date de Sortie USA : Le 16 août 2016
Réalisé par : Mick Garris
Durée : 42 minutes
Jessie est victime d'étranges visions…
9. Home Sweet Home
Genre : Episode télé
Série : Dead of Summer
Saison 1 Épisode 9
Date de Sortie USA : Le 23 août 2016
Réalisé par : Alrick Riley
Durée : 42 minutes
Un exorcisme est pratiqué afin de chasser un démon…
10. She Talks To Angels
Genre : Episode télé
Série : Dead of Summer
Saison 1 Épisode 10
Date de Sortie USA : Le 30 août 2016
Réalisé par : Steve Miner
Durée : 42 minutes
Les animateurs tentent le tout pour le tout pour sauver le camp…

La critique

rédigée par
Publiée le 17 octobre 2016

Dead of Summer est une série horrifique américaine créée par Adam Horowitz, Edward Kitsis et Ian Goldberg, produite par ABC Signature et dont la première saison a été diffusée entre le 28 juin 2016 et le 30 août 2016 sur la chaîne américaine Freeform. La série reste inédite dans les pays francophones.

Adam Horowitz et Edward Kitsis se rencontrent en 1994 à l’université de Wisconsin-Madison. Après l’obtention de leurs diplômes respectifs, les deux amis partent pour Los Angeles et commencent à travailler en qualité de scénaristes sur des séries comme Felicity ou encore Les Frères Scott. Ils finissent par rejoindre l’équipe de scénaristes de Lost - Les Disparus pour laquelle ils œuvreront pendant six années jusqu’à la fin de la série en 2010, allant même jusqu’à gagner le prix de la Meilleure Série Dramatique lors de la cérémonie des Writers Guild of America Awards récompensant les scénaristes du cinéma et de la télévision. En 2010, le duo signe le scénario du film Tron L’Héritage, suite du film culte des années 80 ; un travail qui lui ouvre la voie vers l'écriture des scénarios de certains épisodes de la série Tron La Révolte. Mais c’est véritablement en 2011 que les deux hommes rencontrent un énorme succès en créant la série Once Upon A Time - Il Était Une Fois, rapidement plébiscitée par le public. Il en imagine ensuite un spin-off intitulé Once Upon A Time In Wonderland, centré sur Alice et les habitants du Pays des Merveilles qui aura lui toutefois du mal à convaincre de sa qualité...

Ian Goldberg, quant à lui, débute sa carrière à la télévision en 2005 en officiant en tant que scénariste sur un épisode de la série Related. Il travaillera ensuite comme scénariste sur des séries telles que Terminator : Les Chroniques de Sarah Connor, FlashForward ou encore Criminal Minds : Suspect Behaviour, spin-off de la série Esprits Criminels. En 2011, il rejoint l’équipe de Once Upon A Time - Il Était Une Fois pour laquelle il officie en tant que scénariste et co-producteur aux côtés d’Adam Horowitz et Edward Kitsis.

Dead of Summer représente donc la première incursion du trio dans le genre horrifique. 

Dead of Summer se revendique ainsi comme un hommage au genre du «slasher ». Ce sous-genre bien connu des amateurs de films d’horreur trouve ses origines dans les spectacles de grand guignol populaires au XIXème siècle. Il se retrouve ensuite légitimé dans le 7ème art grâce au film Psychose sorti en 1960 et réalisé par Alfred Hitchcock, qui pose les premières bases du genre au cinéma. Il faut toutefois attendre les années 70-80 pour que le slasher devienne de plus en plus populaire avec la sortie de films tels que Massacre à la Tronçonneuse, Halloween, Vendredi 13 ou encore Les Griffes de la Nuit. Ils deviendront rapidement des classiques du cinéma d’horreur et instaureront définitivement les codes propres au genre ; leurs tueurs devenant de véritables icônes de la culture populaire. Le slasher se caractérise ainsi par la présence d’un tueur en série, voire d’une entité maléfique, et d’un groupe d’adolescents pourchassés par ce dernier et qui tentent de sauver leur peau quoi qu’il arrive. Si le slasher est très populaire dans les années 80, il finit par lasser les spectateurs notamment à cause des nombreuses suites des films cultes développées trop rapidement, sans aucune volonté qualitative. 

Il faut ainsi attendre les années 90 pour assister à un renouveau du slasher au cinéma grâce au film Scream, produit par Dimension Films, qui dynamite les clichés du genre tout en s'en moquant ouvertement. L'opus de Wes Craven ouvre ainsi la porte à de nombreux films d’horreur plus ou moins originaux avant que ce regain d’intérêt ne retombe, les mêmes causes produisant les mêmes effets. Le genre connaît, en effet, de nouveau une période de désamour de la part du public à cause d'un nombre impressionnant de suites réalisées à la va-vite et du manque d’originalité de certains nouvelles franchises qui conservent toujours la même structure sans jamais chercher à proposer une quelconque nouveauté.

L'histoire étant un éternel renouvellement, le slasher s'offre une nouvelle vie en s’exportant à la télévision. Que cela soit une anthologie mettant en scène les différentes légendes urbaines américaines (American Horror Story), un hommage aux icônes du cinéma d’horreur et au slasher (Scream Queens) ou l’adaptation télévisuelle de classiques du cinéma d’horreur (Bates Motel, Scream, L’Exorciste,…), le genre horrifique envahit la petite lucarne dans le courant des années 2000.

Il n’est donc pas étonnant de voir arriver une série telle que Dead of Summer sur Freeform (anciennement ABC Family). La chaîne désireuse de toucher un plus large public suite à son changement de nom, cherche ici à renforcer son catalogue de séries avec des titres plus matures bien que ne délaissant pas le public adolescent. Et c’est là que le bât blesse concernant Dead of Summer ! Si les showrunners avaient promis une série hommage aux slashers avec une bonne dose d’horreur, autant dire tout de suite qu'il est difficile de trouver une vraie teneur horrifique lors de cette première saison.

Dead of Summer contient pourtant dans son pitch d'excellentes bases. Elle situe, en effet, son intrigue dans un camp de vacances, appelé Stillwater, dans les années 80, où d’étranges évènements vont se produire tout au long de l’été. Le postulat de départ de la série est donc clairement un clin d’œil à la série de films Vendredi 13, dans laquelle le célèbre Jason Voorhees s’amuse à assassiner les différents groupes de jeunes s’approchant un peu trop du camp Crystal Lake. Et ce ne sera que le début d’une longue série de clins d’œil ou d'hommages plus ou moins bien orchestrés, que cela soit au détour de quelques notes musicales rendant hommage à L’Exorciste ou des séquences de rêve que ne renierait pas un certain Freddy Krueger…

Mais voilà, si la série emprunte beaucoup aux films d’horreur, force est de constater qu’elle a bien du mal à susciter l’effroi ou l’épouvante. Il faut ainsi attendre le milieu de la saison afin que son vrai potentiel horrifique explose enfin à grands coups de jumpscares et autres ficelles propres au genre. Avant cela, l’horreur n’apparaît que par petites touches et toujours de manière maladroite. Pour une série qui se revendique dans le genre, il est dommage de ne pas la voir embrasser pleinement les codes du slasher et préférer se concentrer sur les tourments adolescents de ses personnages, de façon poussive voire poussiéreuse qui plus est.

La série tente, il est vrai, de développer un tant soit peu sa galerie d'intervenants grâces aux flashbacks et en se focalisant, à chaque épisode, sur un personnage en particulier. Ce système narratif, qui n'est pas nouveau et a d'ailleurs été déjà utilisé par Adam Horowitz et Edward Kitsis sur d'autres shows, montre clairement les limites de Dead of Summer. Ses personnages ne sont, en effet, jamais réellement intéressants tandis que le principal, censé en être la clé de voûte, est trop souvent en retrait. Pire encore, la manœuvre empiète sur l’intrigue principale qui est le parent pauvre du récit !

Les personnages ne représentent ainsi pas la plus grande force de la série et cela principalement à cause de ses acteurs qui ne font rien de plus qu’interpréter une vulgaire représentation des clichés propres aux slashers.
Amy est la petite nouvelle qui débarque au Camp Stillwater afin d’oublier certains traumatismes de son passé. Timide et discrète, elle est interprétée par l’actrice Elizabeth Lail (déjà aperçue dans le rôle de la Princesse Anna dans la quatrième saison de Once Upon A Time - Il Était Une Fois), qui n’arrive malheureusement pas à rendre le personnage intéressant tant celui-ci est souvent mis de coté et ne se retrouve au centre de l’intrigue uniquement lors des derniers épisodes de la saison… Un vrai potentiel gâché !
Du côté des autres animateurs adolescents, il n’y en a pas un pour rattraper l’autre et tous sont dans la plupart des cas totalement inutiles à l'exemple de Carolina «Cricket» Diaz, interprétée par Amber Coney qui passe le plus clair de son temps à l’écran à tenter de séduire le beau gosse du camp. Toujours à coté de la plaque, son personnage ne marquera absolument pas les esprits tant il ne présente aucun intérêt.
Alex Powell, quant à lui, est le joli cœur du camp Stillwater, sûr de lui voire parfois manipulateur : cet expatrié russe apporte une légère touche de mystère malgré un manque flagrant de consistance dans le jeu de l’acteur Ronen Rubinstein.

Enfin, lorsqu’ils ne sont pas inutiles, les animateurs du camp tombent rapidement dans les clichés faciles. C’est notamment le cas de Jessie, incarnée par Paulina Singer. Véritable petite peste qui passe son temps à rendre la vie impossible à ses collègues, il est ainsi impossible de s’attacher à elle. Et que dire du personnage de Blair Ramos, qui cumule tous les clichés propres aux personnages gays ? Maniéré au possible et tentant par tous les moyens de séduire le garçon qui lui plaît, il en devient vite agaçant et ne fait rien pour améliorer la représentation de l’homosexualité à la télévision. Une belle occasion manquée.
Enfin, le personnage de Joel, incarné par Eli Goree, est tellement transparent tout au long de la série qu’il est impossible de s’y intéresser et même de l’apprécier tout court.
Au final, un seul de ses adolescents tire véritablement son épingle du jeu, en la personne de Drew Reeves. Véritable pépite, cet ado pose ainsi la question du genre à travers une storyline touchante soulevant beaucoup de raisonnements intelligents sur le sujet traité ici avec beaucoup d’intelligence sans jamais tomber dans le cliché facile. Le personnage est ainsi interprété par Zelda Williams, la fille du célèbre acteur hollywoodien, Robin Williams, avec toute la pudeur nécessaire. Une jolie découverte pour un rôle taillé sur mesure pour la comédienne.

Du coté des adultes, le constat est un peu plus réjouissant sans être totalement convaincant. Elizabeth Mitchell (connue pour ses rôles dans Lost - Les Disparus et Once Upon A Time - Il Était Une Fois), incarne ici le rôle de la directrice du camp, Deb Carpenter, cachant tout un tas de cadavres dans son placard. Elle apporte une touche de mystère à la série qui en manque parfois cruellement.
De même, l’adjoint au shérif Tony Sykes constitue l’un des rôles les plus sympathiques de cette saison. Incarné par l’acteur Alberto Frezza, il tente le tout pour le tout afin de percer les mystères qui entourent le camp Stillwater.
Il peut également être mentionné l’apparition régulière de l’acteur Tony Todd dans le rôle du Tall Man. Figure fantomatique hantant les alentours du lac, il vient régulièrement avertir les habitants du lac. Véritable icône du cinéma d’horreur, l’acteur connu pour ses personnages dans la saga Destination Finale et Candyman retrouve ici un rôle digne de ceux qui l’ont révélé au grand public.

Dès le début de la diffusion de Dead of Summer, la sauce ne prend pas. Seulement 63 000 téléspectateurs se réunissent ainsi pour découvrir les aventures horrifiques concoctées par les créateurs de Once Upon A Time - Il Était Une Fois, signant là un score relativement faible pour une série diffusée sur Freeform dont les meilleures telles que Pretty Little Liars ou The Fosters cumulent un peu plus d’un million de téléspectateurs par épisode. Et les semaines suivantes ne relèveront pas le niveau, la série tombant même à environ 35 000 téléspectateurs pour deux de ses épisodes…
Les critiques ne s’y trompent pas non plus, beaucoup s’accordant ainsi à dire que la structure de la série est confuse et très peu horrifique alors qu’elle cherche absolument à se revendiquer comme telle.

La première saison de Dead of Summer est une véritable occasion manquée pour ABC Signature de proposer une vraie série horrifique. Elle n’est, en effet, jamais effrayante et finit par ennuyer les téléspectateurs tant ses personnages sont plats et que l’horreur qu’elle promet peine à s’installer. Trop grand public pour convaincre et jamais réellement intéressante, Dead of Summer ne peut pas vraiment s’apprécier tant les quelques qualités qu’elle possède ne suffisent pas à relever son niveau général. Un ratage coupable.