Si l’on devait faire un sondage de notoriété, gageons que
Disney ressortirait, avant toutes autres considérations, comme une signature
connue et reconnue de films d’animation. La compagnie de Mickey reste, en effet,
aux yeux de chacun, essentiellement, « Le » studio des grands dessins animés de
qualité. Et peu importe si la firme aux grandes oreilles produit, depuis 1950,
des films d’acteurs, séries et autres téléfilms, gère des chaînes de télévision
diffusées sur tous les continents ou démultiplie le concept même de ses parcs
d’attractions dans le monde entier.
C’est dans ce dernier cadre que la Walt Disney Company s’est
créée une catégorie toute particulière de productions : les films
d’autopromotion ou infomercials !
La société de Mickey, passée Maître "es qualité" en
marketing, propose, en effet, sans complexe, à la vente des publi-reportages
dont la seule ambition est de vanter ses parcs à thèmes à des fins commerciales.
A mi-chemin entre le documentaire et la publicité, ce genre, pour le moins
bâtard, a pris de l’ampleur avec l’avènement de la VHS et plus encore du DVD.
Les parcs d’attractions sont, il est vrai sans aucun doute,
la catégorie des « produits » Disney la plus adaptée à ces productions d’un type
nouveau. Pas tout à fait publicitaires (elles contiennent en effet de vrais
documentaires, le plus souvent mis en bonus), elles permettent aux « guests » du
monde entier de repartir des parcs visités avec un reportage vidéo « clé en main
» qu’ils ne tarderont pas (et c’est là, tout le pari de Disney !) à montrer à
leurs proches. Le DVD bénéficie alors d’un potentiel publicitaire incroyable
puisqu’il pénètre dans l’intimité même des foyers, toute auréolé de l’étiquette
de « film de vacances ». C’est l’effet « carte postale » ou « caméscope »
puissance mille ! Au-delà de ce rouleau compresseur publicitaire, ces
productions constituent également du « pain béni » pour les fans, en recherche
perpétuelle de collectors potentiels.
De Disneyland
Resort Paris, à
Disney-MGM Studios,
en passant par E.P.C.O.T.,
Magic Kingdom
et Animal Kingdom,
sans oublier
Disneyland Resort,
tous les resorts Disney ont droit à « leur » DVD. Attention, une fois visionnés,
vous serez pris d’une envie incontrôlable d’organiser au plus vite un séjour
dans l’un des royaumes magiques présentés.
L'année 1992 voit l'ouverture, dans la grande banlieue de
Paris, du premier et seul parc à thème Disney en Europe. Après des mois de
négociations entre l'Etat français et la Walt Disney Company, puis des années de
construction, le quatrième resort de Mickey ouvre en effet ses portes en France
et prend le nom d'Euro Disney Resort.
Ce nouveau royaume magique a, en fait, failli être construit à Barcelone en
Espagne. Les dirigeants de Disney envisageaient, en effet, sérieusement de
préférer le soleil hispanique à la grisaille parisienne. Si les fans
inconditionnels de la compagnie de Mickey aiment à penser que le choix final de
la capitale française est un hommage direct aux origines gauloises du grand Walt
(son nom, Disney, n'étant que la contraction anglaise de l'expression "d'Isigny",
une ville normande) la réalité est toute autre. L'état français a, il est
vrai, fait un véritable pont d'or à la firme américaine, lui offrant un prix du
m2 incroyablement bas, un nombre d'infrastructures impressionnant (bretelles
d'autoroute, gare TGV, prolongement de RER...) et des conditions financières
exceptionnelles (la T.V.A. applicable au Resort est ainsi par exemple
dérogatoire au régime général). Ajoutez à cela un positionnement géographique
situé au carrefour de l'Europe et de ses plus grandes capitales et le soleil
espagnol ne pèse, dès lors, plus lourd.
Le complexe d'Euro Disney Resort, flambant neuf,
comprenant un parc à thème, un quartier commercial, des hôtels et un golf,
est donc inauguré à Paris en grandes pompes le 12 avril 1992 par un show
télévisé retransmis, en prime time, sur la première chaîne française et repris
dans de nombreux autres pays européens. Si l'idylle "frenchie" de la Walt Disney
Company semble commencer sous les meilleurs auspices, très vite la firme de
Mickey déchante.
Les comptes du resort restent en effet désespérément dans le
rouge. Dès la deuxième année, un plan de relance, est mis en place. La
presse s'en fait l'écho et moque, avec férocité, l'échec du concept américain de
loisirs. Dans le même temps, il est vrai, le parc Asterix, petit gaulois ouvert
depuis trois ans déjà, au nord de Paris sans aide particulière de l'état, affiche lui
des résultats tout à fait encourageants et colle ainsi parfaitement à sa
réputation de résistant à l'envahisseur. De nouvelles attractions sont donc
ouvertes chez Mickey : "Indiana Jones et le Temple du péril" en 1993, "Casey Jr" et
"le Pays des contes de fées" en 1994, sans oublier le révolutionnaire "Space
Mountain" en 1995. Si elles contribuent évidemment à développer la fréquentation
du site, elles présentent néanmoins le gros inconvénient d'alourdir un peu plus
le poids de la dette. D'autres adaptations sont également menées afin de mieux
coller aux aspirations de la clientèle européenne, et surtout française, qui
semble désespérément bouder le parc. Un effort est ainsi entrepris sur la
restauration accusée depuis l'ouverture d'être beaucoup trop américanisée : le
vin fait notamment son entrée aux menus d'établissement avec service à table.
Même le nom du resort est changé : "Euro Disney" subit la double
accusation de ne pas faire rêver les français et d'empêcher les européens de
correctement situer le parc. "Disneyland Paris" lui est ainsi préféré. Enfin,
une restructuration financière est amorcée et la Walt Disney Company accepte,
dans un premier temps, de renoncer au versement par sa filiale française des
royalties attachées à l'exploitation de sa marque.
Les comptes se redressent mais plongent à nouveau à
l'occasion de l'ouverture, le 16 mars 2002, du deuxième parc. Les Walt Disney
Studios, prévus au business plan originel déjà fort entamé, sont ainsi
construits au rabais et ne proposent que neuf attractions dans le cadre d'une thématisation plus que légère. Le site est, en réalité, le contraire parfait de
son grand frère. Roy Disney, neveu de Walt lui-même et fidèle à sa volonté
d'exigence, a d'ailleurs, à son égard, une phrase cinglante : " Ce parc n'est
pas assez grand pour y mettre un pied de souris !" Au passage, le complexe
parisien de Disney change, une fois de plus de nom, et prend l'appellation de
"Disneyland Resort Paris", le premier parc se nommant lui désormais "Disneyland
Park". Les Walt Disney Studios sont un échec cinglant. Ils ne parviennent pas à
augmenter la fréquentation du resort qui plafonnent à 13 millions de visiteurs
annuels, là où il lui en faudrait 17 pour être rentable. Pire, le deuxième parc,
mécontentant la clientèle, la détourne du complexe tout entier : le nombre de "guests"
est ainsi inférieur à celui constaté avant l'ouverture du nouveau site.
Acculée, en proie à de graves difficultés financières, la
holding gérant le complexe parisien de Disney est au bord de la faillite. Le
titre continue sa descente aux enfers à la bourse de Paris : EuroDisney rappelle
alors, bien malgré lui, le fiasco d'Eurotunnel. Pourtant, pas question pour
l'état français comme pour la Walt Disney Company de laisser mourir le site. Un
plan d'économies drastiques, sans précédent, est lancé en 2004. Toute la structure
financière de la société est modifiée. La dette est renégociée dans sa
globalité. Un vaste plan d'ouvertures d'attractions à forts potentiels est mis en
place. Chaque exercice, jusqu'en 2009, prévoit ainsi un nouveau manège destiné à
attirer les visiteurs, aussi bien les anciens que ceux n'ayant jamais fait de
séjours à Disney. Le site des Walt Disney Studios est particulièrement choyé
avec pas moins de 3 nouvelles attractions dont la célèbre E-Ticket, "la Tour de
la Terreur", dont l'ouverture en 2008 devrait à elle seule relancer tout le
parc. Pour son quinzième anniversaire, Disneyland Resort Paris est assurément à un tournant de son histoire.
Disneyland Resort Paris - Entrez dans la magie ! est à réserver aux seuls fans inconditionnels de Disney, tant
ils présentent une évolution potentielle de Collector. Ils restent néanmoins
plus des outils de promotion et de présentation que de réels films
documentaires.
A noter :
Disneyland Resort Paris - Entrez dans la magie ! sorti en juillet 2004
accuse déjà le poids des années. Un nouveau film, Disneyland Resort Paris
- Une aventure magique,
destiné à le remplacer est fort habilement proposé depuis juin 2006 à la vente,
exclusivement à Disneyland Resort Paris.