Star Wars : Droïdes
Heep Le Destructeur

Star Wars : Droïdes - Heep Le Destructeur
L'écran titre
Titre original :
The Great Heep
Production :
Lucasfilm Ltd.
Date de sortie USA :
Le 7 juin 1986
Distribution :
20th Century Fox
Genre :
Animation 2D
Réalisation :
Clive A. Smith
Musique :
Patricia Cullen
Patrick Gleeson
Durée :
45 minutes

Le synopsis

R2-D2 et C-3PO sont en partance pour Biitu pour y rencontrer leur nouveau maître, Mungo Baobab. Ils découvrent alors que la planète a été conquise par le droïde malfaisant, Heep Le Destructeur, à la solde de l’Empire. Leur maitre est fait prisonnier tandis que les ressources de la planète sont pillées…

La critique

rédigée par
Publiée le 14 juillet 2016

Star Wars : Droïdes - Heep Le Destructeur est un téléfilm dérivé de la série éponyme Star Wars : Droïdes. Cette dernière n’étant déjà pas de qualité, il semblait difficile de faire pire. Et pourtant… Ce téléfilm bricolé réussit, en effet, avec son méchant de pacotille, le tour de force de servir l’histoire la moins intéressante par rapport aux treize épisodes précédents.

George Lucas a toujours été passionné par l’animation. Sa toute première incursion dans le genre se fera ainsi en 1978 dans Au Temps de la Guerre des Étoiles, un téléfilm d’une qualité malheureusement affligeante. Il ne contient en réalité qu’un seule scène acceptable : un petit court-métrage animé d’une durée de dix minutes, intitulé The Faithful Wookiee. C’est le réalisateur David Acomba qui en propose en fait l'idée à George Lucas en souhaitant faire appel à la société de production Nelvana, dont le réalisateur de Star Wars est un grand fan. Si l'animation est catastrophique et l'apparence de certains personnages discutables, en particulier Han Solo, il se dégage au final du passage une ambiance fort sympathique. Il contient d’ailleurs l’unique séquence qui aura des répercussions sur le reste de la franchise Star Wars. Tout d'abord, elle marque la première apparition du personnage de Boba Fett, deux ans avant son arrivée officielle dans L'Empire Contre Attaque. Il deviendra ensuite culte auprès des fans de Star Wars qui vénèrent Au Temps de la Guerre des Étoiles uniquement pour cela. L'autre conséquence est à rechercher du côté de la satisfaction de George Lucas qui confiera à Nelvana, deux séries animées dans les années 80 : Star Wars : Ewoks et Star Wars : Droïdes ainsi que le téléfilm dérivé de cette dernière, Star Wars : Droïdes - Heep Le Destructeur.

Après la conclusion de la trilogie avec Star Wars : Le Retour du Jedi, George Lucas entend faire vivre sa franchise à la télévision. Il propose tout d’abord en 1984, le téléfilm en prises de vues réelles, Star Wars : Les Aventures des Ewoks - La Caravane du Courage. La même année, il lance des séries animées autour des Ewoks et des Droides, personnages qu’il pense le plus aptes à intéresser les enfants mais qui présentent aussi l’avantage certain de pouvoir vivre des aventures autonomes qui ne viendraient pas bousculer la trame des futurs films, très incertains à l’époque. George Lucas entend également se démarquer techniquement : il souhaite, en effet, que la qualité d’animation de ses deux séries se situe clairement un cran au-dessus de ce qui se faisait alors à la télévision. Pour Star Wars : Droïdes, il soigne jusqu’au doublage en redemandant par exemple à Anthony Daniels de prêter sa voix, une nouvelle fois, à C-3PO. La production de Star Wars : Droïdes démarre ainsi en mai 1984 tandis que la série s’inspire du ton et des histoires du (Le) Garage Hermétique du français Mœbius alias Jean Giraud. Il sera également noté la chanson du générique Trouble Again interprétée et composée par Stewart Copeland du groupe Police et co-écrite avec Derek Holt ; la musique de la série étant, quant à elle, confiée à Patricia Cullen et David Shaw. La qualité attendue fait littéralement exploser le budget et chaque épisode coûte entre 500 000 et 600 000 dollars, un record à l’époque. Mais voilà, l’Enfer est souvent pavé de bonnes intentions : le résultat obtenu n’est pas très probant. Disney Television Animation, avec Les Wuzzles, sortie la même année, explose, et de loin, la qualité d’une série de télévision pour enfant…

Star Wars : Droïdes est diffusée à partir du 7 septembre 1985 et s’étale sur treize épisodes jusqu’au 30 novembre 1985. Elle est proposée sur ABC dans le programme Ewoks and Droids Adventure Hour. Construite sur trois cycles narratifs distincts, la série ne convainc finalement pas grand monde et ne dure qu’une saison. Elle a droit tout de même à un téléfilm spécial, Star Wars : Droïdes - Heep Le Destructeur, de 45 minutes, diffusé le 7 juin 1986. Star Wars : Droïdes n’est achetée par aucune chaine en France et se sera jamais diffusée dans l’Hexagone, seuls certains de ses épisodes étant édités en VHS dans les années 80 (C-3PO y est alors doublé par Philippe Dumat).

Plus de dix ans après, le 3 février 1997, Lucasfilms, Ltd. propose donc directement en vidéo le long-métrage, Star Wars : Droïdes - Les Pirates et le Prince : c’est en réalité une compilation des quatre premiers épisodes du deuxième cycle. Star Wars : Droïdes - Le Trésor de la Planète Cachée, un deuxième film, lui-aussi simple compilation des quatre épisodes du dernier cycle est, pour sa part, mis sur le marché le 23 novembre 2004. Enfin, l’édition DVD de ces deux films en 2004 marque le retour de Roger Carel dans la voix de C-3PO.

Star Wars : Droïdes - Heep Le Destructeur, quant à lui, est prévu à l’origine pour être diffusé le 13 décembre 1985, soit quelques jours après la série. Finalement, il est décalé de plusieurs mois pour être finalement proposé le 7 juin 1986 sur ABC. Il obtient une audience catastrophique en devenant le special le moins regardé de la saison.

Côté histoire, Star Wars : Droïdes - Heep Le Destructeur se situe entre l’épisode 9 et l’épisode 10 de la série, c’est-à-dire entre deux cycles narratifs. Il sert en réalité d’introduction au dernier arc, puisque celui-ci n’explique pas comment R2-D2 et C-3PO rencontrent Mungo Baobab. Star Wars : Droïdes - Heep Le Destructeur comble donc ce manque. Mais voilà, le scénario est véritablement catastrophique. Déjà, l’apparence de Heep, un robot géant qui asservit les êtres-vivants est totalement pathétique. Sorte de grand sphinx mécanique, sa façon de se mouvoir le rend risible alors que le téléfilm s’efforce de faire croire qu’il est impressionnant. Et que dire également de la séquence où R2-D2 est retenu prisonnier dans un campus de villégiature avec piscine (le robot se baignant !!) et où il tombe amoureux d’une autre droïde, KT-10, toute ronde aux couleurs roses ? Comble de ridicule, ces "vacances" sont censées détourner l'attention des robots sur les intentions de Heep les concernant : à savoir, lui servir de repas ! Narrativement, les personnages humains ne sont pas mieux traités. Mungo Baobab passe ainsi tout le téléfilm emprisonné par le droïde géant. L’officier impérial Terrinald Screed, venu de la série et toujours aussi inquiétant, fait, quant à lui, une apparition dans un rôle qui est ici clairement secondaire. En fait, les seuls personnages qui ressortent un peu du lot sont le jeune autochtone Fidge et son animal de compagnie Chubb.

Star Wars : Droïdes - Heep Le Destructeur est un téléfilm sans intérêt qui dessert une série qui n’avait pas besoin de lui pour convaincre de sa médiocrité.

L'édition vidéo

Le téléfilm n'est édité, à l'heure actuelle, sur aucun support.