Les
secrets de la vie, quatrième long-métrage de la série des True
Life Adventures, est un nouveau témoin de la grande qualité de la série
de documentaire chère à Walt Disney. S'inscrivant dans la lignée de
La Terre, cette inconnue, il
reprend des thèmes identiques en les approfondissant. Film plus généraliste,
il a, en effet, pour ambition de révéler aux spectateurs les innombrables
facettes de la vie sur l'ensemble de la planète. Abordant les problématiques
par essence radicalement différentes, aux espèces, minéraux et végétaux, sur
terre, dans les airs ou sous l'eau, il témoigne de l'incroyable biodiversité de
la Terre.
Si le sujet est ardu au premier abord, la technique pour le traiter sait le
rendre accessible à tous. A grand renfort d'images somptueuses, le film
utilise, en effet, des procédés innovants pour capter toujours mieux
l'attention du spectateur. L'accélération du temps pour la pousse des
végétaux ou les gros plans destinés à révéler le monde des insectes sont, il
est vrai, autant de trouvailles qui rendent le propos époustouflant. Pas
moins de dix-huit photographes ont d'ailleurs été engagés pour constituer
toutes les séquences du long-métrage, chacun dans une spécialité bien
définie. Parmi eux, Robert H.Crandall signe ainsi un remarquable travail sur
le monde des fourmis tandis que Stuart V. Jewell s'intéresse, lui, aux
plantes et aux abeilles. Des procédés de pure réalisation sont, en outre,
également utilisés pour magnifier le récit, tel le passage du format de
l'écran du 4/3 au cinémascope.

Mais la beauté des images ne suffit pas à
elle seule à faire d'un documentaire, une œuvre d'exception.
La nécessité d'un script solide est, en effet, essentielle pour ne pas
perdre le spectateur dans un dédale d'images sans lien et bien vite le
lasser. James Algar, le réalisateur attitré des True Life Adventures,
accomplit, une fois de plus, une prouesse, en retenant une approche forte,
toute entière tournée vers le miracle de la nature. Il utilise ainsi, en les
densifiant, des techniques qui ont déjà fait leurs preuves dans la
collection. Les transitions faites en animation au pinceau sont ainsi
légions. Au contraire, il réduit à la portion congrue le commentaire, narré
par le talentueux Winston Hibler, considérant à juste titre que les images
parlent d'elles-mêmes. Logiquement, il attribue, alors, à la musique de Paul J.Smith une place plus importante. Le magnifique boléro écrit pour la
séquence de la croissance des fleurs est, à ce titre, une petite merveille.
Salué par la critique qui en souligne le sérieux, Les secrets de la
vie ne connait en salles qu'un succès d'estime. Moins abordable que Lions
d'Afrique ou
La grande prairie, il n'en reste
pas moins un film divertissant.