Le grand désert
blanc, cinquième des long-métrages de la série des True Life
Adventures, reste à la hauteur de la grande qualité de la série.
Il est d'ailleurs construit comme ses prédécesseurs en
suivant le fil des saisons. Il offre ainsi un florilège d'images plus
incroyables les unes que les autres. Les paysages sont notamment à couper le
souffle, à l'exemple de la fonte des glaces, le printemps venu. La faune
n'est pas en reste au registre de l'étonnement. Les nombreuses séquences qui
lui sont consacrées sont, à l'évidence, bluffantes. L'oursonne blanche et
ses petits émeuvent, le suicide collectif des lemmings intrigue, la férocité du
gloutons impressionne, la chasse des loups terrifie, la migration des
caribous interpelle... Sans oublier, la vie des morses, phoques et autres
bœufs musqués qui comportent aussi son lot d'émotions en tous genres.

Pour parvenir à ce résultat, Disney fait appel à de nombreux spécialistes
émérites : neuf photographes passent ainsi presque trois ans pour ramener le
contenu nécessaire au film. Hugh Wilmar filme, en effet, au péril de sa vie,
les passages avec les ours. Herb et Lois Crisler s'installent, quant à eux,
au point de convergence des loups et caribous. James Simon se charge, lui,
de l'étonnante séquence des lemmings. Llyod Beebe suit enfin la migration
des caribous et la vie des bœufs musqués.
La patience et le professionnalisme des photographes sont
dignement récompensés. Le grand désert blanc emporte en effet
l'Oscar du Meilleur Documentaire et fait taire ainsi les quelques critiques
lui reprochant ses narration et musique. Le public au contraire, ne boude pas
son plaisir et lui réserve un accueil triomphal. Le film ressort d'ailleurs
prés de quinze ans plus tard, en 1972, et rencontre le même succès.
Documentaire fascinant et divertissant à souhait, Le grand désert
blanc est à découvrir absolument, plus encore en ces temps de menace
sur le climat des pôles.