Walt
Disney a toujours été un grand passionné de la faune et la flore. Ses tout
premiers films "live" sont d'ailleurs des courts métrages animaliers. Dès
1948,
L'île aux phoques inaugure en effet
la fabuleuse collection des True Life Adventures qui s'étend, à
partir de 1953, avec
Le désert vivant,
au format du long-métrage. 1957 marque l'avènement d'un nouveau type de
production : le docu-fiction animalier, dont Les
aventures de Perri trace le contour du standard.
Nomades du Nord s'inscrit ainsi dans ce nouveau genre mais en fait
évoluer le cadre en y ajoutant des acteurs humains. Cette pratique deviendra
fréquente chez Disney dans les années 60, à l'image de La légende de
Lobo et autre
Charlie, le couguar.

Nomades du Nord est un film réussi à bien des égards. Son
casting, tout d'abord, ne souffre d'aucune critique. Jean Coutu, qui joue
André Dupas, campe un trappeur attachant tandis qu'Emile Genest, en
braconnier brutal et sanguinaire, sait se rendre haïssable à souhait. Les
animaux, ensuite, jouissent d'un capital sympathie immense dont ils usent et
abusent. La scène de la première nuit où le chien et l'ourson attachés
partagent leur premier repos est, il est vrai, de nature à faire fondre le
cœur du spectateur le plus insensible. Enfin, les décors naturels sont tout
simplement somptueux et invitent aux voyages et grand air.
Nomades du Nord est une vrai bouffée d'oxygène qui conserve
encore aujourd'hui toute sa force.