Condorman a acquis, au même titre (et sans
aucun doute pour les mêmes raisons) que
Le Trou noir, Le dragon du lac de
feu, Les yeux de la forêt,
Tron,
La foire des ténèbres et
Oz, un monde
extraordinaire, l'envieux statut d'œuvre culte adorée des
fans de Disney du monde entier.
Cette joyeuse parodie des films de James Bond regorge, il est
vrai, de scènes mémorables. Son budget, conséquent pour l'époque, a permis en
effet des tournages, dans des sites remarquables de toute l'Europe. La France,
la Principauté de Monaco, l'Italie, la Suisse et l'ex-Yougoslavie sont ainsi le
théâtre de cascades aussi nombreuses que savamment orchestrées. Deux équipes
techniques ont d'ailleurs été mises à contribution. L'une s'occupait, en fait,
uniquement des scènes spectaculaires et disposait du savoir-faire du talentueux
et déjà oscarisé, Colin Chilvers, créateur pour Condorman des
gadgets et effets spéciaux. Le spectateur assiste donc, entres autres
péripéties, à une poursuite en bolide dans l'arrière-pays niçois, une course
explosive de hors-bords en méditerranée et (excusez du peu !) à un saut dans le
vide du haut de la Tour Eiffel. Les amateurs des films d'actions apprécieront
assurément la belle galerie d'engins à moteur, au premier rangs desquels
d'impressionnantes Porches 939 Turbo Carreras (les méchants) et une Sterling de
course (la Condor-car).

Les dialogues sont quant à eux savoureux de drôlerie et les
personnages particulièrement attachants. Le héros lui-même, sorte d'inspecteur
Clouzot jouant avec les gadgets de Batman, émeut par sa naïveté et déclenche le
rire par ses maladresses. Le scénario, pour sa part, est un exemple du "déjà
écrit" et réunit tous les poncifs du genre, sans exception.
Condorman connaît à sa sortie un flop commercial. Il passe
aussitôt dans l'oubli. Pourtant se développe alors, dans l'esprit des rares
spectateurs qui l'on vu, le souvenir d'avoir passé un excellent moment. Son
culte se construit peu à peu, à la faveur des on-dit et du développement
d'internet. Le film étonne encore, 25 ans après, par sa capacité à ne pas
apparaître, à son revisionnage, kitch ou dépassé.
Parodie réussie des films d'agents secrets, Condorman est à voir
d'urgence pour l'apprécier enfin à sa juste valeur.